Les dits de la Huppe

echos des sept vallées

Le livre, cet ennemi des intégrismes de tout poil

 

Le livre imprimé, apparu en Europe au milieu du XVe siècle, a d’emblée été un moyen unique de transmission des idées qui a profondément bouleversé l’évolution de l’humanité

La longue maturation d’un livre

Présent dès le plan primitif de la collection, ce livre y revêtait une importance capitale. En effet, dans l’évolution de l’humanité, l’apparition et le développement rapide du livre imprimé ont indéniablement constitué un tournant majeur dans la transmission de la pensée dans de nombreux domaines. Cela dit, le titre choisi a pu être jugé abusif: le livre existait bien avant l’invention, en Europe, de l’imprimerie à caractères mobiles, au milieu du XVe siècle [1], attribuée généralement à Gutenberg. Dès le début du siècle, on s’efforçait de produire «en série», mais avec des copistes, donc un par un, un certain nombre de livres. L’apparition du livre imprimé tombait à pic pour répondre à ce besoin croissant de livres produits en quantité, notamment depuis la création des premières universités en Europe dès le XIe siècle (Bologne), mais surtout durant les XIIIe et XIVe siècles, durant lesquels elles bourgeonnèrent littéralement (celle de Paris fut créée en 1200, puis Cambridge en 1209, Rome en 1245, Vienne en 1365, Heidelberg en 1385, etc.).

C’est au coanimateur de la collection, Lucien Febvre, que son fondateur Henri Berr confie dans les années 1930 le soin de rédiger l’ouvrage. Confronté à de trop nombreuses tâches, Febvre se limitera finalement à en écrire le synopsis et la table des matières, et à en superviser la première rédaction dont il a confié à Henri-Jean Martin, à l’époque tout jeune historien [2], le soin de rédiger l’ouvrage, accompagné de plusieurs collaborateurs spécialisés. Le livre paraîtra finalement en 1958, deux ans après la mort de Lucien Febvre. Ce n’était certes pas le premier livre consacré à ce sujet, mais il est original à plus d’un titre, en particulier dans la mesure où il ne se limite pas à relater la naissance de la technique, l’évolution et la diffusion géographique et économique du livre imprimé jusqu’au XVIIe siècle, mais mesure, dans la dernière partie («Le livre, un ferment») l’impact phénoménal du livre imprimé dans la diffusion des idées.

Au début était la technique… mais manquait le papier!
Quelques précisions sur les débuts de l’imprimerie sont toutefois intéressantes à relater: si, dans ses premières décennies d’existence, le livre imprimé peine à se développer, c’est notamment en raison de la pénurie du support de base nécessaire à sa fabrication en série: le papier. Avant le livre imprimé, le support était le parchemin, c’est-à-dire de la peau d’animal (généralement de mouton, mais aussi de chèvre ou de veau – d’où le nom de «vélin», en fait de la peau de veau mort-né). Difficile à produire de façon industrielle à l’époque, et peu adapté à l’imprimerie. Il faut donc fabriquer du papier à base de chiffons, et le métier de chiffonnier devient très lucratif! Autre problème: fabriquer des caractères mobiles résistants et bien calibrés: ce sont les orfèvres qui vont en devenir les premiers fournisseurs pour les presses, très majoritairement de taille modeste (un atelier ne dispose souvent que d’une ou deux presses), qui vont éclore un peu partout, principalement en Italie dans un premier temps, et à proximité des universités et des grands centres, les endroits les plus «assoiffés» de livres. Si les premiers livres sont tous imprimés en caractères gothiques et en latin, très rapidement des caractères romains et des livres en langue «vulgaire» vont faire leur apparition: ce sera la première «démocratisation» du livre. Et des règles orthographiques plus standardisées vont ainsi se mettre en place dans les différentes langues utilisées. Outre les livres religieux et les ouvrages de droit ou d’autres matières destinés aux étudiants, ce sont les penseurs et historiens de l’Antiquité gréco-romaine qui vont rapidement être l’objet de l’intérêt des lecteurs: ce sont ces intellectuels renouant avec cette tradition de la pensée qui forment ce que l’on appelait originellement les «humanistes». Rien à voir, donc, avec ce que le terme d’«humanisme» recouvre de nos jours… Ainsi, si à Paris, en 1501, sur 88 livres publiés, 53 sont religieux (soit 60 % du total) et seulement 25 des livres d’auteurs latins, grecs ou des œuvres d’humanistes, en 1549 le rapport s’est plus qu’inversé: sur 332 livres publiés, les livres religieux ne sont plus que 56 et pèsent donc moins de 20 % du total.

«Le livre, ce ferment»

djihad contre savoirSi dans les premières décennies le clergé et les prélats catholiques se réjouissent de ce que le livre imprimé pourra permettre une plus large diffusion des missels et autres bréviaires, ils vont vite se rendre compte des dangers que comporte cette invention diabolique! Et c’est là qu’on mesure à quel point le livre imprimé a joué dès sa création un rôle unique dans l’histoire de l’humanité: si la Réforme, initiée par Luther au début du XVIe siècle, était née quelque cent cinquante ans plus tôt, il y a fort à parier que sa diffusion en eût été beaucoup freinée, et peut-être même le protestantisme serait-il resté anecdotique: le livre a joué en tout cas un rôle décisif dans sa propagation. À cela s’ajoute l’apparition d’une littérature licencieuse, s’en prenant aux rois ou prônant des mœurs légères… Dès 1546, Charles Quint fait dresser par l’université de Louvain une liste de livres interdits. Et le concile de Trente (dont les vingt-cinq sessions s’étaleront de décembre 1545 à décembre 1563 et couvriront cinq pontificats) accouchera de l’*index librorum prohibitorum, qui perdurera jusqu’au concile de Vatican II, dans les années 1960. Au XIXe siècle encore, tout ou partie des œuvres romanesques de Balzac, George Sand, Victor Hugo, Eugène Sue, Dumas père et fils, Flaubert, Stendhal et Zola subirent cette «mise à l’Index» [3]: Notre-Dame de Paris et Le Rouge et le noir, par exemple, figurèrent à leur parution dans la liste des livres prohibés par l’Église catholique…

Certes, la technique s’est perfectionnée depuis Gutenberg. Mais finalement, le livre imprimé d’aujourd’hui n’est pas si éloigné de ce qu’il était à l’origine. Et il a en tout cas conservé son rôle de «ferment», de propagateur d’idées, et continue à faire trembler les intégristes, qu’ils soient religieux, politiques ou que sais-je encore, et les empêcheurs de penser librement de tout poil! Et c’est bien pour cela qu’il est et restera unique, et que son degré de liberté est le symptôme d’une société et d’une époque.

NOTES
Dès le IXe siècle, les Chinois inventèrent un système d’impression à caractères mobiles, alors qu’ils fabriquaient du papier déjà depuis le Ier siècle…
Né en 1924 et mort en 2007, Henri-Jean Martin devint le fondateur de ce que l’on appelle communément l’école française d’histoire du livre et codirigea avec Roger Chartier la monumentale Histoire de l’édition française en quatre volumes, publiée dans les années 1980 par les Éditions du Cercle de la Librairie.
Sur ce sujet : La littérature française du XIXe siècle mise à l’Index, de Jean-Baptiste Amadieu, Cerf/Patrimoines, 2017. Et un ouvrage passionnant sur une période encore plus récente : La mise au pas des écrivains. L’impossible mission de l’abbé Bethléem au XXe siècle, de Jean-Yves Mollier (Fayard, 2014).


extrait de Pascal Vandenberghe

Publicités

10 octobre 2017 Posted by | Anthropologie | , | Laisser un commentaire

Manipulation et « turnspeech »

Le linguiste d’extrême gauche, antisioniste, antiaméricain nord-américain et activiste politique Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média.

Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité.
Particulièrement intéressant pour décrypter notre actualité française, et l’on retrouvera aussi les techniques de « turnspeech » utilisées pour invertir/inverser le discours de l’adversaire

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

influence-manipulation

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.


remerciements duranddurand et @dreuz

29 décembre 2015 Posted by | Référence, Valeurs | , , | Laisser un commentaire

Vos mots pensent à votre place

Se laisser imprégner des expressions toutes faites

Vous n’êtes pas obligé de vous donner toute cette peine. Vous pouvez vous l’épargner en ouvrant grand votre esprit et en le laissant envahir par les expressions toutes faites. Elles construiront des phrases pour vous — elles penseront même à votre place, dans une certaine mesure — et au besoin elles vous rendront un grand service en dissimulant partiellement, y compris à vous-même, ce que vous voulez dire. C’est ici qu’apparaît clairement le lien qui existe entre la politique et l’avilissement de la langue.
De nos jours, les textes politiques sont le plus souvent mal écrits. Quand ce n’est pas le cas, c’est en général que l’écrivain est une sorte de rebelle, qui exprime ses opinions propres et non une « ligne de parti ». Il semble que l’orthodoxie, de quelque couleur qu’elle soit, exige un style sans vie et imitatif

automatic-picture-control

the new automatic picture control TV

Bien entendu, les jargons politiques utilisés dans les brochures, les éditoriaux, les manifestes, les rapports et les discours des sous-
secrétaires diffèrent d’un parti à l’autre, mais ils sont tous semblables en ceci qu’on n’y relève presque jamais une tournure originale, vivante et personnelle. Lorsqu’on observe quelque tâcheron harassé répétant mécaniquement sur son estrade les formules habituelles — atrocités bestiales, talon de fer, tyrannie sanglante, peuples libres du monde, être au coude à coude —, on éprouve souvent le sentiment curieux de ne pas être en face d’un être humain vivant, mais d’une sorte de marionnette : sentiment encore plus fort quand, par instants, la lumière se reflète dans les lunettes de l’orateur et les transforme en disques opaques derrière lesquels il semble qu’il n’y ait plus d’yeux.

Et ce n’est pas là un simple effet de l’imagination. L’orateur qui utilise ce type de phraséologie a commencé à se transformer en machine. Son larynx émet les bruits appropriés, mais son cerveau ne travaille pas comme il le ferait s’il choisissait ses mots lui-même. Si le discours qu’il profère est de ceux qu’il a l’habitude de répéter encore et toujours, il peut être à peu près inconscient de ce qu’il dit, comme on l’est quand on
prononce les répons à l’église. Et cet état de semi-conscience, sans être indispensable au conformisme politique, lui est du moins favorable.

L’ennemi du langage clair, c’est l’hypocrisie

Quand il y a un fossé entre les objectifs réels et les objectifs déclarés, on a presque instinctivement recours aux mots interminables et aux locutions rabâchées, à la manière d’une seiche qui projette son encre. A notre époque, il n’est plus concevable de « ne pas s’occuper de politique ». Tous les problèmes sont des problèmes politiques, et la politique elle-même n’est qu’un amas de mensonges, de faux-fuyants, de sottise, de haine et de schizophrénie. Quand l’atmosphère générale est mauvaise, le langage ne saurait rester indemne.
Mais si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la
pensée. Un mauvais usage peut se répandre par tradition et par mimétisme, même parmi des gens qui devraient
être plus avisés — et qui le sont effectivement. A certains égards, le langage dégradé dont j’ai parlé est fort
commode. Des expressions telles que : une hypothèse qui n’est pas sans fondement, laisse beaucoup à désirer, ne servirait à aucune fin utile, une considération que nous ferions bien de garder présente à l’esprit, sont une
tentation permanente, un tube d’aspirine que l’on a toujours sous la main.

Lutter contre cette invasion de l’esprit par des expressions stéréotypées

(poser les bases, réaliser une
transformation radicale) impose d’être constamment sur ses gardes, et chaque expression de ce type anesthésie
une partie du cerveau. (…)
Et quelques recommandations… (…)

1. N’utilisez jamais une métaphore, une comparaison ou toute autre figure de rhétorique que vous avez déjà lue à maintes reprises.
2. N’utilisez jamais un mot long si un autre, plus court, peut faire l’affaire.
3. S’il est possible de supprimer un mot, n’hésitez jamais à le faire.
4. N’utilisez jamais le mode passif si vous pouvez utiliser le mode actif.
5. N’utilisez jamais une expression étrangère, un terme scientifique ou spécialisé si vous pouvez leur trouver un équivalent dans la langue de tous les jours.
6. Enfreignez les règles ci-dessus plutôt que de commettre d’évidents barbarismes.

Ces règles peuvent sembler élémentaires, et elles le sont, mais elles exigent un profond changement d’attitude chez tous ceux qui ont pris l’habitude d’écrire dans le style aujourd’hui en vigueur. (…)

George Orwell
Extraits de La Politique et la langue anglaise – 1946

8 décembre 2015 Posted by | Non classé | , | Laisser un commentaire

Techniques de contrôle de l’esprit utilisées par les médias

« Si une nation espère être ignorante et libre, elle espère ce qui n’a jamais été et ce qui ne sera jamais. »  – Thomas Jefferson


 

Le « code plus simple » partitionné pour les masses avait pour habitude d’être les religions organisées. Maintenant, c’est devenu le Temple des Médias de Masse et il prêche quotidiennement le matérialisme extrême, la vacuité spirituelle et une existence individualiste, tournée vers soi. C’est exactement le contraire des attributs requis pour devenir un homme réellement libre, comme c’est enseigné par les grandes écoles de pensée. Est-ce qu’une population abêtie est plus facile à tromper et à manipuler ?

Lippmann, Bernays et Lasswell ont tous déclaré que le public n’était pas à même de décider de son propre destin, qui est le but inhérent à la démocratie. A la place, ils en ont appelé à une « cryptocratie », un gouvernement caché, une classe dirigeante en charge du « troupeau perplexe ». Au fur et à mesure que leurs idées continuent d’être appliquées à la société, il est de plus en plus visible qu’une population ignorante n’est pas un obstacle dont les dirigeants doivent s’occuper : c’est quelque chose de DESIRABLE, et, en effet, nécessaire pour assurer un leadership total. Une population ignorante ne cherche pas ses droits, ne cherche pas une plus grande compréhension des problèmes, ne questionne pas l’autorité. Elle suit simplement la tendance. La culture populaire pourvoit aux besoins de l’ignorance et la nourrit en servant continuellement du divertissement asphyxiant le cerveau et en mettant en lumière des célébrités dégénérées pour qu’elles soient idolatrées. Beaucoup de gens me demandent : « est-ce qu’il y a un moyen d’arrêter ça ? ». Oui, il y en a un. ARRETEZ D’ACHETER LEURS SALOPERIES et LISEZ UN LIVRE.

(les cultures d’un seul livre sont pires car elles masquent leur asservissement totalitaire sous une apparence d’incitation au développement intellectuel)

automatic-picture-control

via Théories de contrôle de l’esprit et techniques utilisées par les médias de masse

16 octobre 2015 Posted by | Gaia | , , | Laisser un commentaire

la liberté, c’est apprendre à se servir du langage

Dans leur propagande anti-rationnelle, les ennemis de la liberté pervertissent systématiquement les ressources du langage pour amener, par la persuasion insidieuse ou l’abrutissement, leurs victimes à penser, à sentir et à agir comme ils le veulent eux, les manipulateurs.
Apprendre la liberté (et l’amour et l’intelligence qui en sont à la fois les conditions et les résultats) c’est, entre autres choses, apprendre à se servir du langage. Au cours des deux ou trois dernières générations, les philosophes ont consacré beaucoup de temps et de réflexion à l’étude des symboles et au sens du sens. Comment les mots et les phrases que nous prononçons se rattachent-ils aux choses, aux personnes et aux événements avec lesquels nous sommes en contact dans notre existence journalière? Examiner ce problème nous prendrait trop longtemps et nous entraînerait trop loin. Qu’il suffise de dire que tous les matériaux intellectuels nécessaires pour s’instruire à fond dans le maniement du langage – à tous les niveaux depuis le jardin d’enfants jusqu’aux cours post-scolaires – sont actuellement à notre disposition. On pourrait commencer sans délai à inculquer l’art de distinguer entre les usages correct et abusif des symboles. Bien plus, on aurait pu le faire depuis trente ou quarante ans. Et pourtant, nulle part on n’enseigne aux enfants une méthode systématique pour faire le départ entre le vrai et le faux, une affirmation sensée et une autre qui ne l’est pas.

la mort de Staline, deuil pour tous les peuples

la mort de Staline, deuil pour tous les peuples

Pourquoi? Parce que leurs aînés, même dans les pays démocratiques, ne veulent pas qu’ils reçoivent ce genre d’instruction. Dans ce contexte, la brève et triste histoire de l’Institute for Propaganda Analysis est terriblement révélatrice. Il avait été fondé en 1937, alors que la propagande nazie faisait le plus de bruit et de ravages, par Mr. Filene, philanthrope de la Nouvelle-Angleterre. Sous ses auspices, on pratiqua la dissection des méthodes de propagande non rationnelle et l’on prépara plusieurs textes pour l’instruction des lycéens et des étudiants. Puis vint la guerre, une guerre totale, sur tous les fronts, celui des idées au moins autant que celui des corps. Alors que tous les gouvernements alliés se lançaient dans « la guerre psychologique », cette insistance sur la nécessité de disséquer la propagande sembla quelque peu dépourvue de tact. L’Institut fut fermé en 1941.
Mais même avant l’ouverture des hostilités, nombreux étaient ceux à qui ce genre d’activité paraissait extrêmement critiquable. Certains éducateurs, par exemple, n’admettaient pas que l’on enseignât à démonter les rouages de la propagande, sous prétexte que cela rendrait les adolescents exagérément cyniques. Les autorités militaires ne voyaient pas non plus l’entreprise d’un bon œil, car elles craignaient que les recrues se missent à éplucher les propos des sergents-instructeurs. Et puis il y avait les ecclésiastiques et les spécialistes de la publicité. Les premiers étaient hostiles par crainte de voir saper la foi et diminuer l’assistance aux offices, les seconds par crainte de voir saper la fidélité à la marque et diminuer les ventes.
Ces craintes et ces répugnances n’étaient pas sans fondement. L’examen trop critique par trop de citoyens moyens de ce que disent leurs pasteurs et maîtres pourrait s’avérer profondément subversif. Dans sa forme actuelle, l’ordre social dépend, pour continuer d’exister, de l’acceptation, sans trop de questions embarrassantes, de la propagande mise en circulation par les autorités et de celle qui est consacrée par les traditions locales. La difficulté, une fois de plus, est de trouver le juste milieu.
Il faut que les individus soient suffisamment ouverts à la suggestion pour vouloir et pouvoir assurer le fonctionnement de leur société, mais pas trop, pour éviter de tomber sans défense sous l’emprise de manipulateurs professionnels. De même, il conviendrait de les mettre au courant des méthodes de la propagande, assez pour qu’ils ne croient pas sans examen des sornettes pures et simples, mais pas trop, pour qu’ils ne rejettent pas en bloc les effusions pas toujours très rationnelles des gardiens bien intentionnée de la tradition. Sans doute le juste milieu entre la jobardise et le scepticisme intégral ne sera-t-il jamais trouvé et gardé par la seule analyse. Cette méthode assez négative pour aborder le problème devra être complétée par quelque chose de plus positif – l’énoncé d’un ensemble de valeurs généralement acceptables, fondé sur une solide base de faits contrôlés.

La première de toutes sera la liberté individuelle, reposant sur le fait reconnu de la diversité humaine et de l’unicité génétique; puis la charité et la compassion reposant sur l’antique réalité de la famille redécouverte récemment par la psychiatrie moderne : le fait que l’amour est aussi nécessaire aux humains que la nourriture et l’abri, quelle que soit leur diversité mentale et physique; enfin, l’intelligence, sans laquelle l’amour est impuissant et la liberté inaccessible.
Cet ensemble de valeurs nous fournira un critère pour juger la propagande. Celle qui sera reconnue à la fois absurde et immorale pourra être rejetée aussitôt. Celle qui sera simplement irrationnelle, mais compatible avec l’amour et la liberté, sans s’opposer par principe à l’exercice de l’intelligence, pourra être acceptée, à titre provisoire, pour ce qu’elle vaut.

extrait de retour au Meilleur des mondes – Aldous HUXLEY

15 août 2014 Posted by | Pépiements, Valeurs | , , | Laisser un commentaire

Communiquer : la guerre de tous contre tous

Il semble qu’il y ait deux fondements bien distincts à toute intention de communiquer.
L’un croit qu’une vérité existe. L’autre croit qu’il n’existe pas une seule vérité.
Dans le premier cas, celle ou celui qui discute va souhaiter soit recevoir, soit transmettre la vérité, soit discuter pour l’établir ensemble. S’il n’y a pas accord, alors il y a création d’une guerre pour avoir raison : déterminer qui détient la fameuse vérité.
Cette guerre est la guerre de tous contre tous…

Dans le deuxième cas, il n’y a aucune vérité à recevoir ou transmettre ou établir, seul ou ensemble, par définition. Soit la communication n’a alors aucun intérêt, soit l’intérêt de la communication n’est que de, alternativement, exprimer son point de vue et puis écouter celui de l’autre. Personne n’a tort, personne n’a raison. C’est un échange sans dualité, avec respect des différences de chacun à percevoir et à émettre. De nombreuses approches de conscience ont validé que ces différences sont très nombreuses et créent quasiment un point de vue unique à chaque humain et une sémantique unique à chaque humain.

bug

  • Celle ou celui qui veut avoir raison évite ou contourne les questions lorsqu’elle/il n’a pas d’argument pour défendre sa vérité.
  • Celle ou celui qui veut avoir raison change fréquemment de sujet, surtout après une réponse à une de ses questions, s’il/elle n’a rien à répondre en retour pour défendre sa vérité. Il est difficile ou impossible de suivre un fil de conversation avec lui/elle. Son but est de dévaloriser, d’attaquer et dès qu’un axe ne permet pas de détruire, il/elle change d’axe.
  • Celle ou celui qui veut avoir raison utilise souvent une rhétorique « ad hominem ». Ceci permet de continuer à défendre sa vérité, sans argumentaire, mais en attaquant directement son interlocuteur, souvent sur un autre sujet, parfois même, dans une autre discussion où l’interlocuteur est poursuivi (la guerre doit être gagnée pour soulager l’égo).
  • Celle ou celui qui veut avoir raison évoque directement ou indirectement UNE seule voie absolue, UNE seule vérité absolue. Il utilise souvent des concepts duels (bien/mal, bon/mauvais, positif/négatif, vrai/faux, juste/injuste, correct/incorrect, …)
  • Celle ou celui qui veut avoir raison utilise à grande fréquence une modalité d’expression impérative (« il faut que », « on doit », « tu dois », temps impératif), avec des formes passives, des généralités et des nominalisations (fait de prêter des intentions humaines à des concepts. Ex: La France impose tel devoir !). Globalement, il s’agit de ne pas prendre la responsabilité d’une demande ou d’une affirmation, mais faire comme si c’était LA seule façon de faire. Ca n’est pas lui/elle qui a l’opinion, juste il/elle exprime la vérité, l’évidence indéniable.
  • Celle ou celui qui veut avoir raison fait fréquemment usage d’amalgames, ce qui lui permet de passer d’un sujet à l’autre.
  • Celle ou celui qui veut avoir raison interprète systématiquement que l’autre veut avoir raison puisque c’est son propre fonctionnement et le seul qu’il/elle connait. Egalement, sa propension aux amalgames lui fait louper toutes les éventuelles nuances exprimées par son interlocuteur. Et bien, entendu, il/elle est persuadé/e d’avoir raison sur le fait que l’autre veut avoir raison, et qu’il a tort.

4 novembre 2013 Posted by | Politis | , , | Un commentaire

Manipulation sémantique équivaut à totalitarisme

« L’oppression mentale totalitaire est faite de piqûres de moustiques et non de grands coups sur la tête. (…) Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l’hitlérisme? Étaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l’ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.[…] Non, l’effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. »
Victor Klemperer (LTI, la langue du IIIe Reich)

bien nommer les choses, avec nuance et précision, permet de limiter les dérives irréalistes de l’esprit non entrainé, en enfance….et par conséquence les actes « in-éthiques » que cela entraine.

cerveau-tele

16 avril 2013 Posted by | Non classé | , , | Laisser un commentaire

le « mariage » de ces quelques-uns est un danger pour tous

« Le mariage pour tous » : Une supercherie linguistique doublée d’un mensonge
Daniel Godard, Professeur de Lettres Classiques
Dans le concert des arguments développés par les « pour » et les « anti » mariage gay, il est une voix qu’on n’a jamais entendue : celle de la langue française.
Au cours de mes 40 années d’enseignement (collège et lycée) en qualité de professeur de Lettres Classiques, j’ai toujours attaché une grande importance à la valeur des mots. Choisir le mot exact, le « polir sans cesse » comme disait Boileau, c’est à la fois s’assurer qu’il exprime parfaitement ce que l’on veut dire mais c’est aussi s’assurer que l’on sera bien compris de son auditoire.
La polémique que suscite le projet de loi sur le mariage gay offre un bel exemple de cette dilution de la pensée dans le brouillard d’une terminologie approximative. A force de triturer les mots dans tous les sens, les mots n’ont plus de sens et l’opinion déboussolée y perd son latin. Les slogans réducteurs répercutés par les médias ne font qu’entretenir la confusion au point qu’on a parfois l’impression d’avoir perdu le sens commun.
Prenons quelques exemples :
Premier exemple : La notion de « couple » homosexuel est-elle adaptée ? La réponse est non.
Si l’on se réfère à la terminologie du « Bon Usage », l’assemblage de deux éléments de même nature ne constitue pas un « couple » mais une « paire ». Ainsi, on dira une paire de ciseaux, une paire de lunettes et non un couple de ciseaux ou un couple de lunettes. Il en est de même pour les êtres vivants. Deux bœufs assemblés sous le même joug forment une paire de bœufs et non un couple de bœufs. Deux jumeaux de même sexe constituent une paire de jumeaux et non un couple de jumeaux. On pourrait multiplier les exemples.
La langue française nous indique clairement que la notion de « couple » repose sur un principe de différenciation et d’altérité. Le couple, c’est « un homme et une femme unis par des relations affectives, physiques » (Robert 2012). La prise en compte de la fin de la définition ne doit pas faire oublier le début. La distorsion sémantique à laquelle on s’adonne chaque fois qu’on évoque un « couple » homosexuel crée une confusion dommageable que rien ne peut justifier, pas même une évolution des mœurs. Il s’agit bien ici d’appeler un chat « un chat »

2ème exemple : qu’est-ce qu’un parent ?
La reconnaissance officielle du « couple » homosexuel entraîne nécessairement – tout le monde le sait – une modification du Code Civil. La disparition des mots « père » et « mère » au profit de la notion de « parent 1 » et « parent 2 » n’est en fait qu’une supercherie linguistique doublée d’un mensonge puisque le mot désigne étymologiquement les deux personnes (père et mère) qui conjointement sont à l’origine de toute naissance. En latin, le verbe parere veut dire « engendrer » pour le père, et « enfanter » pour la mère. Comment peut-on expliquer à un enfant que ce mot de « parent » (quel que soit son numéro) s’applique à une personne qui est totalement étrangère à sa naissance, un clandestin en quelque sorte ? La loi peut-elle cautionner ce mensonge ?
Ces deux exemples suffisent à démontrer que la terminologie avancée par les partisans de la loi n’est qu’un écran de fumée destiné à masquer une stratégie plus sournoise que les récentes manifestations viennent d’ailleurs de confirmer. Il semble en effet que les partisans du « mariage pour tous » se soient déjà engouffrés dans une brèche : l’incohérence du projet de loi :
Une incohérence interne à la loi : un « couple » homosexuel est par définition stérile. Il est donc logique que les homosexuels aient recours à des artifices s’ils veulent avoir des enfants. C’est le sens de leur revendication première : le droit à l’adoption, baptisé outrageusement « droit à l’enfant ». Le projet de loi prévoit cette disposition mais interdit la PMA (procréation médicalement assistée pour les femmes) et la GPA (gestation pour autrui pour les hommes c’est-à-dire le recours possible à une mère porteuse). Comment justifier cette contradiction alors que la loi du « mariage pour tous » est présentée comme une extension des droits ? Les récentes manifestations des partisans du mariage ont clairement démontré que les homosexuels entendaient s’appuyer sur cette contradiction pour pousser plus loin leurs exigences. Sur cette question, on note les premiers signes d’un fléchissement de la part des promoteurs de la loi. Le recours à la PMA, exclue dans un premier temps, pourrait faire
l’objet d’un amendement présenté par les députés de la majorité. Cette concession, logique en elle même,
met à nu la vraie nature du débat. Le « mariage pour tous », présenté au départ comme l’objectif essentiel, apparaît de plus en plus clairement comme un simple point de passage, une étape transitoire pour obtenir « in fine » une égalité de droit pleine et entière avec les couples hétérosexuels stériles.
Comme le droit à l’adoption ne changera pas grand-chose à la situation des homosexuels, vu les réticences de la plupart des états à confier des enfants à des homosexuels, c’est bien sur la PMA et la GPA que se concentre toute la pression. Une fois acquis le droit à la PMA pour les femmes homosexuelles, comment interdire aux hommes, au nom de ce même principe d’égalité, d’avoir
recours à la GPA ? Si c’était le cas, il y aurait là une discrimination incompréhensible, voire une
injustice, tout à fait contraire à l’esprit même du projet de loi.

Le piège des slogans
Il est une autre supercherie linguistique qu’il convient de dénoncer et qui tient au discours même des homosexuels. Pendant longtemps, leur combat a été placé sous le signe du « droit à la différence », droit qui leur a été reconnu par l’ensemble de la communauté nationale avec la création du PACS. Aujourd’hui, le thème du « droit à la différence » a totalement disparu du glossaire homosexuel. Bizarre ! Ce virage à 180 degrés a quelque chose de surprenant et pourtant personne ne s’en étonne. Il est vrai que le slogan « le mariage pour tous » est plus rassurant et plus rassembleur que « le droit à la différence » jugé sans doute trop « clivant » pour employer un terme à la mode, un concept dépassé en tout cas que l’on range sans complexe au rayon des accessoires. Au contraire, « le mariage pour tous » sonne comme un appel à la fête, à la fusion universelle de toute l’humanité, un remake d’ « Embrassons-nous, Folleville », en somme une préfiguration du « paradis pour tous ». Qui peut résister à un tel programme ?
Malheureusement, cette vision édénique du mariage est en décalage complet avec la réalité des faits. Il est d’abord étrange que le PACS ait eu si peu de succès auprès de la communauté homosexuelle alors que cet aménagement de la législation était notamment prévu pour elle. Et si le mariage présente tant d’attraits, comment expliquer que tant d’hommes et de femmes, de la base jusqu’au sommet de l’Etat, choisissent l’union libre c’est-à-dire le non-mariage ?
Il est notable également que nombre d’homosexuels vivent leur vie le plus naturellement du monde sans réclamer nécessairement le passage devant Monsieur le Maire. Certains même s’étonnent de ce déchaînement médiatique sur une question qui leur est totalement étrangère.
Alors, au bout du compte, que penser de tout ce tapage, de tout ce galimatias ?
Pas grand chose, sinon que derrière ces acrobaties sémantiques ou stylistiques, il y a la volonté de nier une évidence.
La négation d’une évidence :
Quel que soit le mode de procréation choisi, la naissance d’un enfant est nécessairement le résultat de la rencontre de deux cellules, masculine et féminine. La différenciation sexuelle est constitutive de l’être humain, même si les choix de vie peuvent ensuite amener certains individus à la vivre différemment. De ce fait, on ne peut admettre qu’une simple évolution des moeurs soit un argument suffisant pour modifier le statut du couple et celui de la famille, tels qu’ils nous ont été transmis depuis les origines de notre civilisation. Les Romains eux-mêmes, qui pratiquaient librement et indifféremment les deux formes de sexualité, n’ont jamais songé à remettre en question ce mode d’organisation de la famille pour une raison très simple mais essentielle : cette structure de la cellule familiale est la seule à garantir la filiation. Grands législateurs (ne pas oublier au passage que notre Code Civil découle directement du Droit Romain), ils ont toujours tenu à préserver ce socle de l’organisation sociale. Quant à l’adoption, très courante à Rome, elle a toujours été soigneusement encadrée par tout un arsenal juridique de manière à préserver l’intégrité des liens du sang. De ce fait, l’adoption n’était juridiquement admise que dans le cadre d’une famille déjà constituée et sur le modèle du couple hétérosexuel.
Jamais deux sans trois :
Mais il y a plus grave : la stérilité naturelle du « couple homosexuel » induit nécessairement l’intervention d’un tiers de l’autre sexe pour le rendre fécond. Dès lors, l’accès à la PMA ou à la GPA (quelle que soit la procédure adoptée, c’est-à-dire avec ou sans rapport sexuel) conduit à s’interroger sur la nature de ce prétendu « couple » qui ne peut assurer à lui seul son désir d’enfant. Ce qui revient à dire que le contrat de mariage que signeraient deux personnes de même sexe inclut nécessairement l’intervention prévisible d’une troisième personne. Il ne s’agit donc plus d’un « couple » mais d’une « triade », une forme d’adultère biologique accepté et reconnu par la loi. Sans parler des inévitables dérives financières qu’entraînera nécessairement la recherche effrénée de donneurs et de mères porteuses. Dans certains pays, on assiste déjà à des combinaisons multiples où les homosexuels s’adjoignent – pour un temps ou pour longtemps et moyennant finances –
le concours d’une ou plusieurs personnes pour mener à bien leur projet. Nous sommes là devant le risque majeur d’une marchandisation de l’enfant et par extension de la vie humaine. L’embryon devient un objet de convoitise assimilable à n’importe quel produit de consommation. Dans un proche avenir, on peut même imaginer l’achat en pharmacie de paillettes de sperme ou d’ovules congelées qu’on pourrait se procurer aussi facilement que la pilule contraceptive ou le Viagra, le tout remboursé par la Sécurité Sociale, au nom de ce « droit à l’enfant » brandi comme un dogme par les partisans de la loi.
Au terme de cet argumentaire, une conclusion s’impose :
Le « mariage » pour quelques-uns est en fait une menace « pour tous » :
A l’évidence, l’adoption de ce projet de loi fait courir à notre société un danger d’autant plus grand qu’il est paré de toutes les vertus aux yeux du plus grand nombre. Pour employer le langage des internautes, c’est un dangereux « cheval de Troie » qu’on introduit dans la législation française. « Malheureux citoyens, quelle folie est la vôtre ! » s’écriait Laocon en voyant les Troyens disposés à introduire ce cheval maudit dans les murs de leur ville (Enéide, II, 42).
Abandonné sur la plage, ce cheval imaginé par Homère avait tous les attraits d’un cadeau des dieux. Les Troyens sont restés sourds à l’avertissement de Laocoon. Ils ont fait mieux. Pour faciliter l’entrée du cheval dans la ville, ils n’ont pas hésité à abattre une partie de leurs murailles.
On connaît la suite ! …
Il est vain d’imaginer qu’on puisse contenir toutes les dérives inhérentes au projet de loi tel qu’il est présenté aujourd’hui. C’est bien sur la notion même de « mariage pour tous » qu’il faut se battre et résister. Si cette digue saute, le risque de submersion est hors de tout contrôle.
Daniel Godard
Professeur de Lettres Classiques

Dans le cortège des partisans de la loi « le mariage pour tous », il y avait un slogan intéressant : « UNE PAIRE DE MERES VAUT MIEUX QU’UN PERE DE MERDE » Si l’on accepte de faire l’impasse sur le caractère outrancier et injurieux du propos, ce slogan est une aubaine ! Pour la première fois, l’union de deux femmes est reconnue comme une « paire » et non comme « un couple » J’y vois la confirmation (involontaire) de mon analyse du mot « couple » Les arguments en faveur du mariage homo s’effondrent d’un coup devant cette évidence. Merci à celui ou à celle qui est à l’origine de ce slogan lumineux et providentiel !

1 février 2013 Posted by | Valeurs | , , , | Un commentaire

Un couple n’est pas une paire

Reprise d’un commentaire d’origine inconnue
____________________________________________________________________

Non au mariage gay et à la reconnaissance juridique de l’ homoparentalité.

I. Le langage

La normalophobie.

L’habitude a été prise, depuis une douzaine d’années, d’utiliser systématiquement les termes d’homosexualité ou d’hétérosexualité, au point que personne ne parle plus d’orientation sexuelle normale ou d’orientation sexuelle déviante. Certains sympathisants de la cause homosexuelle refusent même l’emploi du terme « normal » quand il s’applique à la sexualité. Ils ne tolèrent pas que l’on puisse ainsi porter un jugement sur les orientations sexuelles ni, par conséquent, réfléchir sur le mariage gay et l’homoparentalité.

Des mots précis.

L’emploi d’un même terme pour désigner deux réalités différentes conduit à des confusions.
On ne peut donner un même nom, en l’occurrence « couple » à l’union homosexuelle et à l’union hétérosexuelle. En effet l’union d’un homme et d’une femme est différente de l’union entre deux hommes ou entre deux femmes, à moins de considérer que l’homme est identique à la femme.
L’homosexualité est une forme d’ intolérance à l’altérité sexuelle alors que l’hétérosexualité fait vivre la complémentarité sexuelle.
L’utilisation d’un même terme, « couple » pour désigner deux réalités différentes, et même antagonistes, est anormale.
A deux types d’unions différentes il faut donner des noms différents : « couple », comme on l’utilise depuis toujours pour les unions hétérosexuelles et, pour les unions homosexuelles, on peut préconiser le terme « paire » car cette union concerne deux personnes de sexe identique.
Si le couple est composé de deux personnes c’est qu’il y a deux sexes différents. Le chiffre « 2″, en tant que tel, n’ouvre aucun droit. S’ agissant d’homosexuels, le sexe étant le même pour les deux personnes, cette reconnaissance juridique de la vie à deux n’offre pas plus de pertinence qu’une reconnaissance juridique de la vie à trois, quatre ou cinq.

Toute confusion dans les termes entraîne une confusion dans la perception de ces deux réalités. Cette confusion peut amener à souhaiter un même régime juridique , en l’occurrence le mariage, pour des unions qui sont différentes.

II. La loi et le mariage

Avec le mariage la société reconnaît juridiquement l’importance de l’altérité sexuelle et lui rend hommage, en mariant par exemple des couples qui ne peuvent pas, ou plus, enfanter. La société sait que seule l’ union d’un homme et d’une femme permet potentiellement d’ assurer son avenir. Les hétérosexuels n’ont jamais eu besoin de réclamer un droit au mariage , car une telle possibilité est évidente depuis la nuit des temps.

Le mariage n’a pas été créé pour permettre au législateur de remettre en cause la liberté individuelle en se préoccupant de sexualité récréative, homo ou hétéro, ni pour s’occuper d’amour. Le maire n’a d’ailleurs pas à demander aux futurs époux s’ils s’aiment ou non. Il ne leur demande pas non plus leur orientation sexuelle, cette dernière, quelle qu’elle soit, ne confère aucun droit. Le mariage est ouvert à tous. Il ne crée ni une injustice ni une discrimination envers les personnes qui sont incapables d’établir une relation complète avec le sexe opposé. Leur déviance de l’orientation sexuelle est la seule cause de leur incapacité à se marier.
Si chaque individu peut librement se marier, est l’ égal des autres devant le mariage, l’union homosexuelle, elle, n’est pas égale à l’union hétérosexuelle. Seules des choses identiques peuvent être traitées d’une façon égale.

Malgré le chantage à l’homophobie le législateur n’a pas à étendre le mariage à une union différente de celle pour lequel il est prévu, cela d’autant plus qu’ avec le mariage, le plus souvent, un tiers est concerné : l’enfant . Le législateur, par le mariage, propose un cadre au couple afin de l’aider à se stabiliser et protéger ainsi l’enfant né ou à naître.
S’il est exact que des homosexuels peuvent avoir la charge d’enfants, la demande de reconnaissance juridique de l’homoparentalité comme une forme de paternité est inutile, l’enfant ayant un état civil et donc un régime juridique clair.

III. L’enfant

Une fraction du lobby homosexuel souhaiterait assimiler le couple avec enfant et une paire d ‘ homosexuels élevant un enfant. En effet l’apparence de ces derniers se rapproche de celle du couple normal. Les demandes d’accès au mariage et à l’adoption peuvent de ce fait apparaître parfois comme destinées à faire oublier le caractère spécifique de l’homosexualité. L’enfant deviendrait alors un moyen mis au service d’une cause qui n’est pas la sienne.
Les maltraitances d’ enfants, quant à elles, doivent être sanctionnées si des parents sont indignes. Les enfants placés dans une famille d’adoption doivent y retrouver le père et la mère qui leur manquent. On ne doit pas utiliser le malheur de ces enfants afin de démontrer qu’ils seraient mieux dans une famille de deux hommes ou deux femmes que dans leur famille d’origine et les transformer ainsi en propagandiste obligés de l’homoparentalité. Quant à l’adoption par un célibataire elle devrait prioritairement permettre que des enfants puissent être adoptés par leur oncle, leur tante, ou un autre membre célibataire de sa propre famille.

Faire croire à un enfant qu’il a deux papas est un mensonge.
Faire croire à un enfants qu’il a deux mamans est choquant. Une mère est unique, biologiquement et moralement. C’est cette unicité qui crée le lien enfant-mère à nul autre comparable.

La loi n’a pas à entériner toutes les situations de fait découlant du comportement de tel ou tel individu sauf à créer une règle par individu et par situation ce qui entraînerait la disparition de la notion même de droit. L’homosexualité a toujours existé, elle est admise par notre société. Ce comportement n’a cependant pas vocation à être à l’origine d’une modification de la législation sur le mariage.

IV Non au mariage pour les gays

L’union hétérosexuelle peut donner la vie, pas l’union homosexuelle. La première respecte l’altérité sexuelle, la seconde l’ignore. Les principes d’égalité, de non-discrimination, ne s’opposent pas à ce que le législateur règle de façon différentes des situations différentes.

Le mariage pour les gays est un non-sens. le mot mariage est inadapté en ce cas

28 décembre 2012 Posted by | Valeurs | , , , , | Laisser un commentaire

La prétention scientifique de l’islam, symptôme de son essence totalitaire

remarquable synthèse décortiquant les sous-jacents sémantiques et psychiques du système géopolitique totalitaire appelé « islam »  par Jean Pavée

Le raisonnement tenu ici s’articulera autour de la pensée de Karl Popper, qui a mené le rapprochement entre le totalitarisme nazi et le totalitarisme marxiste, en appuyant cette critique de l’idéologie totalitaire sur sa théorie de la connaissance scientifique.
Selon cette dernière, le savoir progresse par essai/erreur : pour trouver la solution à une problématique donnée, on avance plusieurs hypothèses/solutions qu’il s’agit de tester et sont écartées celles conduisant à une erreur. Plutôt que de concevoir un modèle global pour réorganiser une société, il s’agit, au contraire, d’agir par petites touches, afin de saisir l’effet des différentes interventions, et d’en corriger les inévitables conséquences non souhaitables.
Aussi toute connaissance qui aspire à un label scientifique doit être mise à l’épreuve empiriquement ou réfutable ; toute théorie scientifique doit envisager et accepter des tests constituant une tentative pour en démontrer la fausseté ; pouvoir être testé c’est pouvoir être réfuté.

Pour Karl Popper, une théorie qui n’est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique. Pour les théories, l’irréfutabilité n’est pas (comme on l’imagine souvent) vertu mais défaut.

Cela conduit Popper à conclure que le marxisme et la psychanalyse, par exemple, ne sont pas des sciences. Il reprochait à ces deux théories d’imposer leur dogmatisme en mettant en avant tout constat à l’appui de leur thèse, tout en faisant disparaître les faits qui pourraient l’infirmer.

La psychanalyse ne satisfait pas à la condition de réfutabilité tout simplement parce que l’inconscient est inaccessible (si ce n’est dans la cure qu’on ne peut considérer comme un lieu valide objectivable d’expérimentation). Plus encore, elle tend à interdire toute réfutation en jugeant les critiques qu’on pourrait lui faire comme des résistances inconscientes de leurs auteurs, qui se défendraient ainsi de recourir eux-mêmes aux éventuels bienfaits d’une cure analytique !
De la même façon le marxisme rejetait par avance toute critique. Pour tout marxiste imprégné de ce système idéologique, l’adversaire du marxisme critique ce dernier, uniquement car étant un adversaire de classe, comme le bourgeois, son intérêt est de défendre son intérêt de classe, contraire aux avantages supposés du marxisme. L’antimarxiste, lors de son rejet du marxisme, n’utilise pas sa raison.

Popper reproche donc au marxisme de se soustraire à la critique rationnelle et au débat par avance en discréditant d’emblée la contradiction. Pour l’antimarxiste Ludwig von Mises « C’est ainsi que le marxisme se protège contre toute critique désagréable. Il ne réfute pas l’adversaire, il se contente de le traiter de bourgeois. ».
Le champ de réflexion de Popper ne s’est pas étendu aux religions, puisque par définition, leurs fondements concernant des préoccupations métaphysiques, elles ne peuvent prétendre au statut de sciences. Mais réfléchissant sur le concept de tolérance, il a déclaré sans ambages : « Dans l’idée d’orthodoxie et d’hérésie [des doctrines religieuses] se cachent les vices les plus mesquins ; ces vices auxquels les intellectuels sont particulièrement sujets : l’arrogance, l’ergotage, la certitude, la vanité intellectuelle. »

Pourtant concernant la religion islamique, on trouve cette prétention d’invoquer des sciences islamiques présentées sur wikipedia comme toutes les sciences qui gravitent autour du Coran, le livre sacré de l’islam. Parmi elles la théologie, le droit islamique, l’étude des exégèses des textes sacrés, et l’histoire des traditions orientales. On y rajoute que dans la culture des pays musulmans, ces sciences d’origine arabe et tournées autour du sacré se distinguent des sciences profanes souvent d’origine grecques. Les sciences islamiques sont enseignées dans de nombreuses universités, notamment l’université Al-Azhar au Caire en Égypte.

Les oulémas qui en sortent sont des docteurs ès sciences islamiques. Ils sont révérés et présentés comme des «savants» musulmans. Là où on se contentera d’évoquer une théologie ou une exégèse chrétienne, bouddhiste …, on se flattera d’oser une science islamique.
Cette volonté d’assimiler la pensée islamique à une pensée scientifique est la suite logique du soin qu’a pris Mahomet de nous asséner le terme « preuve » pas moins de 147 fois dans le coran. Le traducteur  Muhammad Hamidullah nous évoque même 29 fois le terme de preuve(s) évidente(s) ; à d’autres moments les preuves sont claires, et même une fois il nous les traduit comme irréfutables.
Cette évocation de preuves évidentes ou irréfutables dans le coran ne fait pas partie du registre lexical d’autres religions ; ainsi le mot « preuve » n’apparaît à aucun moment dans les 4 évangiles ; ce qui apparaît logique puisqu’une religion relève du domaine de la foi et non de la raison ou des sciences ; on croit ou on ne croit pas en une religion, mais on ne peut la démontrer comme on le ferait d’une théorie mathématique ou la rationnaliser comme on le ferait d’une expérience scientifique.

Le Bouddha, de son côté, loin de vouloir imposer un dogme déclara: « Oui, il est juste que vous soyez dans le doute et dans la perplexité, car le doute s’est élevé en une matière qui est douteuse. Maintenant, écoutez, ne vous laissez pas guider par des rapports, par la tradition ou par ce que vous avez entendu dire. Ne vous laissez pas guider par l’autorité de textes religieux, ni par la simple logique ou l’inférence, ni par les apparences, ni par le plaisir de spéculer sur des opinions, ni par des vraisemblances possibles, ni par la pensée : il est notre Maître. »

Dans l’islam, le doute dans le dogme islamique, énoncé dans le coran par Allah, est impensable. Il est même interdit aux croyants, comme exprimé dans la sourate 9. Où Dieu fait comprendre aux musulmans qu’il n’est pas plus mal que ceux qui sont dans le doute religieux n’aient pas accompagné les guerriers musulmans au combat, car ils les auraient fait douter créant la discorde entre eux. Et au bout du compte l’enfer est garanti aux sceptiques.
Le verset 15 de la sourate 49 est tout aussi explicite : « Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allah et en Son messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d’Allah. Ceux-là sont les véridiques. »
Par extension, s’est répandu le sentiment dans toute société musulmane que celui qui doute risque de semer la discorde, le doute étant contagieux, car représentant une tentation dangereuse pour le croyant ; en conséquence, il faut éviter de fréquenter le dubitatif qui est assimilé à un mécréant. C’est pourquoi les sceptiques, les agnostiques et les athées restent discrets dans toute société musulmane, ne se risquant à se confier qu’à leurs amis les plus chers et les plus discrets.
C’est ainsi que tout doute et a fortiori toute critique de l’islam s’avère publiquement impossible au sein de tout système islamique fermé. De toute façon, Mahomet refuse toute légitimité à toute critique de l’islam ; il s’est prémuni contre toute tentative de le réfuter puisque toute suggestion de l’esprit amenant à se détourner du message coranique est l’œuvre du diable.
Dans la logique musulmane, l’adversaire de l’islam n’utilise donc pas sa raison, mais il est prisonnier d’arguments diaboliques, de la même manière que nous l’avons vu, l’adversaire de la psychanalyse est lié à des arguments inconscients et celui du marxisme à des arguments cupides de classe et non sincèrement rationnels.

Par cette volonté de se protéger contre toute tentative de les réfuter, pour Popper, le marxisme et la psychanalyse ne sont pas des sciences. Le marxisme et la psychanalyse exprimeraient ainsi un caractère totalisant, s’avérant capables de rendre compte de la totalité des faits de leur domaine d’attribution.

Ce raisonnement peut aussi être étendu à l’islam ; pour autant si la cohérence interne des théories psychanalytique et marxiste reste remarquable, c’est loin d’être le cas de l’islam, puisque le coran, peut de façon paradoxalement stupide, nous expliquer que si des êtres humains décident de ne pas se convertir, c’est qu’ils étaient prédestinés ainsi. « Si ton Seigneur avait voulu, ils [les mécréants] ne l’auraient pas fait; laisse-les donc avec ce qu’ils inventent [leurs blasphèmes]. » (sVI,v112) ; « Alors que c’est Allah qui vous [les êtres humains] a créés, vous et ce que vous fabriquez? » (sXXXVII,v96). Pour autant, cela n’empêche pas Allah de vouer aux flammes infernales les mécréants, dont pourtant les choix religieux seraient donc l’œuvre d’Allah lui-même !!!??? C’est donc Allah qui aurait suggéré au diable de suggérer aux méchants mécréants !?

L’islam, par sa prétention scientifique nous révèle non seulement son caractère totalisant, mais aussi sa volonté totalitaire. La société conçue par Mahomet est une société close dans laquelle le doute à l’égard du système de pensée conçu par Mahomet n’est pas concevable ; la société close, selon Karl Popper est une société immobile au sein de laquelle les individus se construisent une interprétation définitive et indiscutable du monde. La société occidentale, au contraire, est ouverte et accepte les différences et le libre développement des idées et des critiques. Elle doit se confronter aux controverses.

Ce refus de la controverse à propos de son système fait qu’ islam mahométan et société ouverte sont incompatibles.

11 avril 2012 Posted by | Politis, Religion | , , , , | Laisser un commentaire

Heuristiques de décisions inconscientes

Les informations recueillies n’ont d’intérêt que si elles sont analysées en vue de l’action/décision.
Chaque acteur impliqué dans cette phase, qu’il soit veilleur, expert ou décideur, est inconsciemment victime des biais de jugement inhérents à l’être humain. Les psychologues Kahneman et Tversky ont montré que, pour faire face à une situation ou un problème complexes, nous faisons appel à des « mécanismes » de réflexion qu’ils nomment des « heuristiques » qui ont pour but de les simplifier.
Si elles nous permettent de « parvenir à une décision raisonnable dans un délai raisonnable » (A. Pouget), se confondant en cela avec l’intuition, elles sont aussi potentiellement génératrices d’erreurs de jugements multiples et se transforment dans ce cas en biais cognitifs… » (La boîte à outils de l’Intelligence Economique – Dunod 2011).

Aussi est-il conseillé au chercheur intérieur de garder la trace de ses analyses, jugements et décisions ainsi que des éléments d’information qui les avaient motivés. Les étudier a posteriori permettra de mieux comprendre les raisons des nos succès ou échecs. [Consulter la page Analysis of Competing Hypotheses (ACH) du centre de recherche de Palo Alto.]

Plus prosaïquement, il faut :
. utiliser des méthodes d’analyse structurées ;
. prendre garde de ne pas sélectionner les informations qui corroborent systématiquement ses hypothèses ;
. cultiver en permanence son sens critique face à l’information reçue ;
. enfin, confronter ses hypothèses à celles des autres acteurs du dispositif.

Quelle remise en cause de ses habitudes et de sa position !
Mais l’effet positif est garanti. A moins que les efforts demandés ne semblent insupportables ?

Il se pourrait alors que l’intérêt pour les signaux faibles soit un bon moyen d’oublier les raisons qui font qu’on n’a déjà pas su traiter les signaux forts. Ils seraient alors un mouchoir méthodologique jeté sur un océan d’ignorance et d’illusions.

19 février 2012 Posted by | Non classé | , , | Laisser un commentaire

c’est une trompe, c’est une jambe, non c’est un éléphant

L’on ne peut croire poser un regard critique sur le réel et les événements du monde si l’on ne s’exerce à percevoir ceux-ci par des facettes, des façons de voir différentes. La monoculture de pensée ou d’information est génératrice de dogme, d’irréalisme, d’inconséquence.
Croire être informé de façon équilibrée par le contact de multiples supports d’informations peut se révéler illusoire s’il ne sont que des fils différents de la même source, comme le montre l’histoire des aveugles qui ne voyaient que ce qu’ils ne touchaient, l’un la trompe, l’autre une jambe, l’autre la queue : en fait la source était la même, l’éléphant
Extrait de Enquéte & Débats

« On ne comprend pas la situation actuelle de déconnexion du réel de certains Français sans comprendre le rôle central joué par l’AFP *. Pour ceux qui l’ignorent :

• l’AFP est l’une des quatre grandes agences mondiales de presse généraliste (Reuters, AssociatedPress, Chine Nouvelle)
• Tous les organes de presse du pays sont abonnés aux «fils d’info» de ces agences de presse (ce qui fait de ces fils d’info l’ancêtre institutionnel de Twitter).

Ensuite, la stratégie des rédactions diffère :
• soit les organes de presse (radio, télé, presse écrite) publient telle quelle l’info qu’ils ont reçu, mais sans préciser que c’est une «info rédigée par l’AFP» , sans créditer l’AFP, comme leur contrat leur en donne le droit –> ici, on laisse donc croire aux auditeurs que l’info est faite “maison”, alors qu’en réalité le journaliste final n’a rien fait et ne connaît peut-être pas le sujet qu’il envoie.

• soit les organes de presse ont les moyens de mettre des équipes sur le coup –> ici, l’info AFP ne sert que de déclencheur à un reportage ou à un article (c’est pourquoi les reportages des JT paraissent toujours avec plusieurs jours de décalage, et que la teneur des infos du petit matin à la radio ou à la télé change en cours de journée). Mais cela ne signifie pas qu’ils contrediront l’info AFP ni que le journaliste final comprendra ce qu’il envoie.

• Dans tous les cas, chaque organe de presse joue le rôle d’un restaurant ; derrière les restaurants, il n’y a qu’une seule cuisine industrielle, «l’agence de presse», qui fournit des plats préparés et des ingrédients.

Or les auditeurs/lecteurs français ignorent la nature du rôle discrètement surdimensionné joué par l’AFP, une agence officiellement qualifiée d’ «outil d’influence culturelle» ; même s’ils prétendent le contraire, ils ne comprennent pas les enjeux.

Du coup, dans l’esprit des gens, si 5 canards affirment une chose, c’est donc que ces 5 canards ont été des témoins indépendants et l’ont vue de leurs propres yeux. Leurs affirmations sont supposées se croiser entre elles. Donc cela renforce la charge de la fiabilité de l’info alors que, en réalité il n’y a qu’une seule info dupliquée 5 fois depuis la source. Celle de l’agence de presse. Mais, comme ces organes de presse ne préviennent pas que l’info n’est pas faite maison, et comme ils reprennent tous la même histoire, l’intuition des gens intègre l’idée que l’histoire est vraiment fiable ! Ils croient s’abreuver à plusieurs sources alors que c’est la même canalisée dans plusieurs becs. « 

11 novembre 2011 Posted by | Non classé | , , | Laisser un commentaire

« Facts, justs facts »

En théorie linguistique le contexte est un facteur essentiel, voire central, dans la construction du sens dans les énoncés;
de ce fait l’aspect pragmatique, c’est-à-dire contextuel, de l’analyse d’un discours est essentiel pour en comprendre le sens :
« facts, just facts » doit demeurer le leitmotiv de notre comportement, de notre pensée, tant intérieure qu’extérieure…

Il n’en demeure pas moins que le langage n’est pas analysable de manière définitive, et c’est peut-être là l’intérêt, on pourrait dire le refuge, de notre humanité. Le discours symbolique peut paraitre contradictoire, car il intègre des définitions diverses qui s’appliquent aux différents niveaux de compréhension du contexte. Le discours symbolique nécessite donc un écoutant de grande qualité, ouvert, sans projections consciente ou inconsciente, en possession de ses propres étiquettes et cartes (« la carte n’est pas le territoire »).
Toute tentative d’échange équilibré avec un locuteur ne présentant pas ces qualités ne peut que se révéler source de souffrance et d’incompréhension.

L’analyse linguistique d’un discours n’est pas scientifique au sens propre, en ce qu’un mot ou une expression n’engage (presque) jamais totalement son auteur. C’est là l’essence même du langage que d’être polysémique, que de pouvoir signifier plusieurs choses à la fois, en particulier lorsqu’un énoncé est mis en lien avec son contexte; le contexte constitue toujours une « pierre de touche » au sens définitif d’une phrase ou d’une expression, et un contexte ne peut être expliqué qu’en fonction d’un discours dans sa globalité (ce qui demande patience et nuance). Certains considèrent même que l’absence d’une telle compréhension globale serait une limitation sensitive, au même titre que celle du chien dont les sens visuels sont incapable de percevoir les couleurs.

Posé crument, réduire l’image et le discours de son interlocuteur à quelques stéréotypes du genre « mon adversaire est un ignorant » ou « mon adversaire est un raciste » résulte d’une simplification de l’esprit ( ce qui indique le niveau de conscience de celui qui se sert de ces attaques « ad hominem »). L’attitude de  « diffamation implicite par l’ignorance »  révèle une arrogance contraire à l’humilité perpétuelle que chacun devrait  présenter dans tout débat (« rien n’est définitif, tout est lié au temps et à l’espace, … ») – Ce que j’appelle ainsi, c’est le fait de produire une phrase qui sert à dire autre chose que ce qu’elle signifie en surface, et que cette signification cachée soit un préjugé sur l’état des connaissances ou de l’intelligence de l’interlocuteur. Par exemple, si je dis: « Mais comme Jean est intelligent » avec un ton ironique ou sarcastique, ce que je veux dire en réalité c’est que Jean est bête.
Rectifier (ou tenter de le redéfinir) un élément sémantique d’une discussion ne relève pas de l’arrogance, mais d’une recherche constante de vérité (dans la mesure du possible), d’une stricte honnêteté  et ne doit pas être pris pour une tentative de pouvoir, sauf si soi-même voulons  se mouvoir dans ce périmètre…

Un aspect autrement important dans l’examen d’un discours passera également par l’identification de l’intention derrière les paroles (ce que nous appelons en théorie des groupes de travail, « revenir à la question n-1 »). Le concept de l’intention est en effet un élément central dans la théorie pragmatique appliquée ici, la Théorie de la Pertinence, qui dit que le sens que prend une expression dépend de l’intention que l’interlocuteur prête au locuteur.

Par exemple, c’est grâce à cela que l’on peut comprendre l’ironie: si par une journée d’orage et de pluie je vous dis « quel beau temps! », vous comprendrez que mon intention n’était pas de faire une assertion, de dire quelque chose de littéralement vrai, et ainsi vous pourrez déduire que j’étais ironique. En termes techniques, c’est ce que l’on appelle l’ostension, c’est-à-dire le degré de transparence (ou de sens littéral) d’une expression, (aussi ce que l’on appelle le bon sens, ou sens commun)

Il existe plusieurs degrés d’ostension (l’ironie et la métaphore en sont de bons exemples, car pour l’interprétation de ces deux dernières il faut pouvoir se représenter l’intention de l’individu qui la produit) et plusieurs degrés d’interprétation de l’ostension. Par exemple, les enfants autistes et certains schizophrènes sont souvent incapables de reconnaître une phrase ironique ou d’interpréter une métaphore, et la théorie veut que ce soit justement parce qu’ils sont incapables de concevoir l’intention (ironique, métaphorale) de l’interlocuteur.
Il est possible que cette incapacité d’abstraction, de distanciation, relève d’un déséquilibre biochimique ( diverses origines humorales, cyclique, génétique, spécifique, pathologique… provisoire ou définitive) qui réagisse en retour par effet de boucle rétroactive (positive). En ce cas de figure, toute tentative de résolution intellectuelle, logique, mentale est vouée à l’échec et la seule attitude ne peut être qu’une attitude de silence ou de laisser-faire, avec la souffrance associée…
« La lucidité est proche du soleil »  René CHAR

Que celui qui s’engage sur ce chemin de lumière fasse siens ces préceptes, cette carte du nouveau « honnête homme », et oublie l’agression des membres du troupeau du fond de la caverne…

10 août 2011 Posted by | Pépiements | , , | Un commentaire

La « Personne » : un concept racine

La personne est un concept qui est bien plus large que l’individu. : c’est un révélateur du niveau éthique d’une culture.
Sa compréhension reflète, comme d’habitude, les sous-jacents inconscients de la civilisation/culture/langue qui l’utilise…

« Le mot personne provient probablement de l’étrusque Phersu et du latin Persona; déjà le mot grec prosopon désignait le masque que portaient les comédiens au théâtre, et aussi pour l’étrusque et le latin. Ces masques donnaient l’apparence, incarnaient chaque « personnage ». source wikipedia

Le mot « personne » évoque l’idée d’une présence ou d’une absence « humaine », et surtout d’un échange réciproque avec l’autre, tandis qu’individu est utilisé pour désigner l’un, en tant qu’indivisible, d’une espèce.

La personne implique la représentation de masque, de rôle dans la conscience de celui qui interagit avec elle : sans observateur, il n’y a pas de personne… Cela illustre que la compréhension du concept va de pair avec l’élévation morale, éthique de la langue/culture qui l’utilise. Une culture pour qui la personne n’est qu’une unité est à l’antichambre de la barbarie totalitaire.

Un mot est un concept sémantique qui sous tend un symbole/image dans l’inconscient des locuteurs : si ce mot n’existe pas (ou peu) , c’est qu’il n’a pas d’importance dans la vie du groupe considéré. Les esquimaux ont une vingtaine de termes pour désigner les différentes qualités de neige (en français, une seule, car nous en avons peu d’usage).

Dans la culture/sémantique Arabo-bédouine

Le mot « personne » n’existe pas dans le vocabulaire arabe, langue qui sert de référence aux musulmans du monde entier, dite langue divine au dessus de toutes les autres (d’après les dires de ses sectateurs), car, selon la croyance islamique, c’est elle que Dieu aurait utilisée pour dicter le coran à mahomet. S’il n’y a pas ce mot, il n’y a donc pas de concept équivalent :  Il y a certes des individus, des gens, mais ceux-ci n’ont pas la dignité ontologique de personnes…

Confrontés à cette lacune, les chrétiens du Proche-Orient, arabisés lors des conquêtes islamiques, à partir du VIIème siècle, ont conservé le mot araméen (la langue que parlait Jésus) « ouqnoum », pour désigner le concept de « personne ». Cette négation de la personne trouve son expression dans certaines pratiques comme l’interdiction de reproduire le visage humain au moyen d’images, de photos, de sculptures, comme cela se constate dans certains milieux intégristes. Mais la forme la plus terrible de cette négation est sans doute le port du voile intégral (niqab ou burqa) par certaines femmes. Comment peut-on cacher le visage, reflet de l’âme, expression de la personnalité et vecteur de la convivialité sociale ? Cacher le visage induit à dénier la qualité de personne, à refuser la communication avec autrui, qui serait l’impur : c’est le stade ultime car inconscient du racisme…
Le propre d’un totalitarisme est de changer l’histoire, d’invertir les valeurs et le sens des mots et , au final de projeter sur autrui ses propres manques et filtres réducteurs. Voila comment la noirceur et l’ignorance en arrivent à diaboliser la tentative du porteur de lumière (dans son effort de discernement)

  • Le propre mot de « discernement » a été dévié/récupéré; en arabe « ijtihad » (effort de discernement/ouverture/remise en cause).
  • Le mot « nouveauté » (innovation) en arabe est « bida » qui signifie erreur : ci-dessous extrait d’explication de « lettré ».

« Comment une personne qui tombe dans l’innovation ou la hizbiyyah (adopte les points de vue d’un groupe égaré) se repent-elle ?
Réponse :
Il reconnaît les actes ou les innovations dans lesquels il est tombé. Il doit aussi clarifier la fausseté de son action, comme allah, le Béni et Glorifié a dit  :
« Sauf ceux qui se sont repentis, corrigés et déclarés » (sourate Al-Baqara : 160)
Donc il doit mentionner l’innovation dans laquelle il est tombé, clarifier sa fausseté, proclamer son regret, annoncer son refus de cette action avec son intention ferme de ne jamais y retourner.
Ceux-ci sont les conditions (de son) repentir : un vrai sentiment de remords, un abandon (de l’innovation) et une résolution ferme de ne jamais retourner à son innovation.
Et sil a nui aux gens, qu’Allah vous bénisse, et que son innovation s’est répandue parmi eux, alors il doit ouvertement clarifier sa fausseté et propager les preuves qui prouvent la nullité de cette chose. « 

L’homme réalise uniquement sa dignité grâce à son appartenance à l’Oumma (la communauté des « vrais croyants ») qui prévaut sur lui. L’étymologie du mot arabe Oumma est intéressante de ce point de vue : sa racine est « oum » qui veut dire mère ou matrice. L’Oumma enferme le musulman dans un système englobant qui le protège et le rassure, certes, mais où il n’est pas vraiment libre et responsable. Le musulman est fier de cette appartenance car Dieu, dans le coran, présente l’Oumma comme « la meilleure communauté suscitée parmi les hommes » (3, 110). Au passage, il convient de noter le sentiment de supériorité qui résulte d’une telle affirmation, si bien que, dans le comportement avec le monde non-musulman, il n’y a en principe pas de place à l’examen de conscience ou à l’auto-critique, et induit un sentiment de supériorité/arrogance extrême.

Cette arrogance native (inscrite dans le texte même du coran) a conduit les « lettrés » à refuser l’imprimerie au quinzième siècle, ce qui a été la cause première de la déliquescence ultérieure de l’islam.

Tout dogme, par essence incohérent d’avec le réel, tend à la propre destruction de ses adeptes…

Nombre de pays musulmans n’ont pas signé la Charte Universelle des Droits de l’Homme suite à cette divergence fondamentale.

La liberté de conscience est une notion tout à fait absente de l’Islam. Bien plus, les peines les plus sévères (mort) peuvent toujours être appliquées à l’encontre des musulmans qui quittent l’Islam. A défaut de mort physique c’est au minimum une mort sociale avec rejet immédiat de et par la communauté du fauteur et de sa famille proche. Cela se constate également chez nous.

Le but implicite de ce dogme est un monde de robots « soumis », autoreproducteurs, chacun gardien de la régulation de l’autre : un monde de « chaouch »
Voulez-vous cela pour vos enfants en Europe, alors que celle-ci a mis plus d’un millénaire à à élever le niveau éthique de la culture collective?

15 avril 2011 Posted by | Pépiements | , , , | Laisser un commentaire

Toucher au sens des mots, c’est attenter à l’ordre du monde

Détourner le sens des mots plutôt que de travestir factuelement la vérité est un des moyens préférés des manipulateurs.
Les  « autoproclamés » révolutionnaires ont ainsi assuré leur emprise sur les naifs,  les « idiots utiles » chers à Lenine.
Les mots piégés, détournés de leur sens premier, mal défini ou bien chargés de connotation à visée infamante mènent le plus souvent à l’affrontement et à l’incompréhension d’autrui.

Confucius a été un des premiers a prendre conscience de l’importance du sens des mots dans la vie des sociétés :
« Toucher au sens des mots, c’est attenter à l’ordre du monde ».

« Tout va mal ? Faisons un dictionnaire…
Pour éviter la guerre, il faut commencer par définir le sens des mots »

L’éveil ne passe-t-il pas, à un moment ou un autre, par une remise en cause de nos cartes intérieures ?

6 novembre 2009 Posted by | Non classé | , | Laisser un commentaire

Directives sur la purification

George Orwell 1984

  • Mes amis, chacun de vous n’est qu’une petite cellule du grand corps de l’Etat. Et aujourd’hui, ce grand corps s’est débarrassé de ses parasites. Nous avons triomphé de la dissémination incontrôlée des faits. Les bandits et les destructeurs ont été éliminés. Les herbes empoisonnées de la désinformation ont été enfermés dans la poubelle de l’histoire. Que chacun, que chaque cellule se réjouisse ! Aujourd’hui, nous célébrons le premier anniversaire de la Directive sur la Purification de l’information. Nous avons créé, pour la première fois dans l’histoire, le jardin de l’idéologie pure où chacun pourra s’épanouir à l’abri de la peste des vérités contradictoires et confuses. Notre Unification de la pensée constitue une arme plus puissante que n’importe quelle flotte ou armée sur terre. Nous formons un peuple. Avec une volonté. Une détermination. Une cause. Nos ennemis pourront converser entre eux jusqu’à en mourir. Et nous les enterrerons avec leur propre confusion.
  • Nous sommes différents des persécuteurs du passé.

Nous ne nous contentons pas d’une obéissance négative, ni même de la plus abjecte soumission.
Quand finalement vous vous rendez à nous, ce doit être de votre propre volonté. Nous ne détruisons pas l’hérétique parcequ’il nous résiste. Tant qu’il nous résiste, nous ne le détruisons jamais, nous le convertissons.
Nous captons son âme, nous lui donnons son âme, nous lui donnons une autre forme. Nous lui enlevons et brulons tout mal et toute illusion.
Nous l’amenons à nous, pas seulement en apparence, mais réellement , de coeur et d’âme. Avant de le tuer , nous en faisons un des notres.

Il nous est intolérable qu’une pensée erronée puisse exister quelque pert dans le monde, quelque secrète et impuissante qu’elle puisse être. Nous ne pouvons permettre aucun écart, même à celui qui est sur le point de mourir. Anciennement, l’hérétique qui marchait au bûcher était encore un hérétique. Nous nous rendons le cerveau parfait avant de le faire éclater.

Ce qui vous arrive ici vous marquera pour toujours. Nous allons vous écraser sans retour. Vous ne guérirez jamais de ce qui vous arrivera, dussiez vous vivre un millier d’années. Jamais plus vous ne serez capable de sentiments humains ordinaires. Tout sera mort en vous.
Vous ne serez jamais plus capable d’amour, de joie de vivre, de rire, de curiosité, de courage, d’inégrité.

Vous serez creux.

Nous allons vous presser jusqu’à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous-mêmes.

L’ignorance , c’est la force
La liberté , c’est l’esclavage

4 janvier 2009 Posted by | Non classé | , , , | Laisser un commentaire