Les dits de la Huppe

echos des sept vallées

prière de St François d’assise

Seigneur, fais de moi un instrument de la paix,

Là où il y a la haine, que je mette l’Amour,
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon,
Là où il y a la discorde, que je mette l’union,
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité,
Là où il y a le doute, que je mette la foi,
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance,
Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière,
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

O Maître, que je ne cherche pas tant
A être consolé…qu’à consoler
A être compris…qu’à comprendre
A être aimé…qu’à aimer.

Car,
C’est en donnant…qu’on reçoit
C’est en s’oubliant…qu’on trouve
C’est en pardonnant…qu’on est pardonné
C’est en mourant…qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

oiseau de picasso

23 décembre 2016 Posted by | Pépiements, Spiritualités | , | Laisser un commentaire

Le Cantique des oiseaux, une poétique de l’interprétation

Le dit des oiseaux, avec tous ses narrations, recensions, résurgences m’est d’un intérêt particulier depuis plus de quarante ans, tant par ses ramifications artistiques, symboliques et gnostiques, que par les coïncidences familiales de l’approche musicale ici évoquée…

merci à Thierry GUINHUT d’avoir écrit un très bel article de synthèse sur :
Farid od-dîn ‘Attar : Le Cantique des oiseaux


Olivier MESSIAEN offrit aux oiseaux d’être leur secrétaire, leur voix, leur toucher et leur orchestre. Dans le Catalogue d’oiseaux pour piano, ou son opéra Saint François d’Assise, il sut les chanter avec autant d’humilité, que d’enthousiasme. Probablement eût-il été enchanté par cet immense et délicieux poème, ici exhumé de l’oubli et magnifié : Le Cantique des oiseaux. L’original persan, Mantiq al-Tair, avait été traduit en prose en 1863 par « Le langage des oiseaux » ; il méritait pourtant une nouvelle traduction, inspirée par le souffle des anges de Rilke et digne de ses 4600 vers, chef-d’œuvre de la poésie et de la mystique soufie.

Imaginez que l’assemblée des oiseaux se réunisse en délibération, afin de partir à la recherche du mythique oiseau-roi, autrement dit le Simurgh, et se choisisse pour chef cette huppe, qui, selon le Coran, servit de messagère entre le roi Salomon et de la reine de Saba. Sans cesse, la huppe se doit de stimuler les ardeurs de ses congénères, qui désirent se soustraire au difficile voyage, en alléguant maintes « excuses », qu’il s’agisse de celles du bouvreuil ou du hibou. C’est avec le secours de maints contes, doués de dimension morale, qu’elle parvient à les amener à visiter sept vallées successives : la connaissance, l’indépendance, l’union, l’étonnement et l’anéantissement intérieur. Au bout de leur quête, ils parviennent à se joindre au Simurgh, allégorie transparente de leur propre essence, profondément celée en eux-mêmes… Il s’agit bien sûr d’une figuration du chemin semé d’obstacles en direction de Dieu, ou du souverain Bien, au sens platonicien. L’abondance des récits et des péripéties, les images colorées de la poésie préservent du moindre instant d’ennui cette vaste épopée de la mystique soufie, mais également néoplatonicienne.

 C’est ainsi qu’en ce poème apparaissent tant de personnages, derviches et princes, mendiants et souverains, amoureux et religieux… Parmi lesquels l’archange Gabriel lui-même, « le Très-Haut », mais aussi un « marchand de miel » qui s’insurge : « Donne-t-on rien pour rien ? » ; alors que le « Soufi » entend une « voix céleste » qui lui donne tout : « La Grâce est un soleil brillant de toutes parts / et qui bénéficie au moindre des atomes ». La sagesse, mais aussi la folie des désirs et des innombrables fous, les délires d’amour, le passage par les sept « vallées », jusqu’à celle « du dénuement et de l’anéantissement », s’unissent en construisant une pensée philosophique (au point de convoquer « Le tombeau de Socrate »), au sein d’une haute vision cosmique où jouir de l’éblouissement de la connaissance.cantique_verso

Le poète « parfumeur » du Cantique des oiseaux ayant « chanté dans la gamme des amants », conclue :
« Ô lecteur, si tu es un homme de la Voie / Ne vois pas dans mon œuvre des rimes et des sophismes » (…)
« Fécondant le papier de la plume des mots / De l’océan du vrai, je fais jaillir les perles » (…)
« Et pour toutes les roses prises au jardin de l’âme Que j’ai semées pour vous dans mes récits en vers
Souvenez-vous de moi en bien, ô mes amis ! »

Avec la nécessaire conviction, acquise à la lecture des textes du Coran, de la Sunna et de la biographie d’un Mahomet tyrannique et sanguinaire par Maxime Rodinson, qu’il y a des religions plus intolérantes que d’autres, plus meurtrières que d’autres, et dont il faut se garder. Avec la liberté inaliénable de jouir de la beauté du Cantique des oiseaux.


 

 

25 janvier 2016 Posted by | Pépiements, Référence, Spiritualités | , | Laisser un commentaire

L’islam et le monde du 21 ème siècle

via L’Islam au 21ème siècle

Il y a cent cinquante ans, les exégètes ont appliqué pour la première fois les méthodes modernes au Coran. Au cours des années suivantes, l’approche scientifique a été appliquée à des éléments de plus en plus nombreux, l’histoire des idées dans cette partie du monde, la ville de La Mecque, l’histoire de l’islam initial, la vie de Mahomet. Les outils scientifiques sont devenus plus variés et plus puissants. L’onomastique, la toponymie, l’épigraphie, l’exégèse, la linguistique, l’histoire des idées sont apparues et se sont perfectionnées, de nouveaux éléments d’information ont été découverts. Les chercheurs sont devenus de plus en plus nombreux, et les résultats d’études spécialisées se sont accumulés. – les dernières avancées « la théorie des codes »

Au début du vingt et unième siècle, le faisceau de résultats partiels a atteint une masse critique : les pièces du puzzle sont devenues assez nombreuses pour permettre l’assemblage. C’est cette image qui apparaît dans ce livre. Elle se précisera avec l’accumulation de nouveaux travaux, qui continue à un rythme jamais atteint dans le passé.
Elle montre que l’islam est fondé sur un système politico-religieux construit, en deux siècles pour l’essentiel, par de très nombreuses personnes, sous le contrôle global des califes, à partir des idées messianiques et millénaristes des nazaréens. Cet ensemble assez hétéroclite s’est maintenu pendant quatorze siècles à l’abri d’un pouvoir qui interdisait l’application de la raison au Coran et à l’islam, réprimait ou massacrait les dissidents, détruisaient les documents discordants, « fermait les portes de l’interprétation » [1]. L’absence d’outils scientifiques a facilité l’entreprise.
Toutes ces protections sont en train de tomber. Les outils scientifiques existent, les chercheurs sont nombreux, la répression islamique ne peut s’exercer que dans le Dâr al islam. Dans le monde développé l’islam est impuissant à interdire ou même ralentir les recherches.

Le monde du vingt et unième siècle dans lequel vit aujourd’hui l’islam est radicalement différent de ce qu’il a été durant les millénaires passés. C’est dans ce monde nouveau que l’islam doit vivre, c’est à ce monde nouveau qu’il est confronté. C’est pour l’islam une situation sans précédent, à laquelle rien dans son histoire ou sa théologie ne l’a préparé. Le rapport au monde moderne est le problème central de l’islam d’aujourd’hui.

moutons-neige

Les caractéristiques du monde moderne

Les nouveautés les plus visibles du monde actuel sont celles dues à la science et à la technologie. Mais les nouveautés décisives pour l’islam sont moins apparentes, car elles sont de nature mentale, on ne peut les appréhender qu’à travers leurs effets. Trois de ces effets sont révélateurs : la chute des systèmes totalitaires, le mode de formation des organisations transnationales, l’évolution du mariage.

Les systèmes totalitaires ont existé depuis les premières nations et les premiers empires, il y a plus de cinq mille ans. Ils ont été détruits l’un après l’autre, dans des conflagrations qui ont fait chaque fois des millions ou des dizaines de millions de morts. Or, entre 1945 et 1990 un changement si profond est intervenu dans les mentalités, sur l’ensemble de la planète, que ce qui ne s’était jamais vu jusque là est devenu possible : les derniers systèmes totalitaires du vingtième siècle, notamment les deux principaux, ceux qui ont choisi de s’appeler le socialisme soviétique et le socialisme maoïste, se sont effondré ou délité d’eux mêmes. Dans la première moitié du vingtième siècle, ces systèmes étaient conformes à la mentalité d’une large part de la population, d’où une stabilité suffisante pour user de la force armée contre leurs adversaires. L’ampleur du changement de mentalité peut être évalué par le degré de violence utilisable par l’Etat. Un indicateur est le nombre moyen des assassinats politiques chaque année : quelques millions par an avant 1950 en Russie et avant 1970 en Chine, quelques dizaines par an aujourd’hui dans ces mêmes pays. En Allemagne, quelques centaines de milliers par an quand elle était nationale socialiste, aucun aujourd’hui.
Avant 1945, le changement mental n’avait pas atteint une ampleur suffisante pour être efficace en cette matière : le national socialisme s’est effondré de la même manière que les systèmes totalitaires des millénaires précédents, par une conflagration armée, qui a fait quarante millions de morts. Le socialisme maoïste s’est délité peu après la mort de Mao en 1976, et le socialisme soviétique s’est effondré en 1989 : le changement mental est devenu décisif à une date qui se situe quelque part entre 1950 et 1990.

Une autre manifestation des changements mentaux qui caractérisent notre époque : toutes les nations modernes, tous les empires de jadis ont été constitué par des guerres de conquête. Dans la seconde moitié du vingtième siècle, une méthode jusque là inefficace pour construire de très grands ensembles humains est devenue soudain la meilleure : la discussion, la négociation et l’entente. Ce n’est pas seulement l’Europe qui est née de cette manière, mais aussi les grandes organisations internationales, telles l’ONU, l’OMC, le CERN qui construit à Genève les plus grandes machines scientifiques de la planète. Le succès de cette approche dans la construction des ensembles humains les plus vastes et les plus complexes qui soient jamais nés sur la terre manifeste un changement massif dans les couches profondes des psychismes, sur la planète entière.

Le couple moderne est aussi une nouveauté d’envergure. Pendant tous les millénaires précédents, il a été fondé sur deux bases : la convenance sociale et le désir d’avoir une descendance. L’affectivité entre époux était tenue pour agréable si elle était présente, sans importance si elle ne l’était pas. Aujourd’hui se répand sur le monde une conception nouvelle, dont l’amour conjugal est la pierre d’angle. Il en résulte deux conséquences, le consentement mutuel, car l’amour se développe difficilement dans les mariages arrangés par des tiers, et la monogamie, car l’amour conjugal est par nature exclusif. Cet idéal conduit à des couples souvent instables : si l’amour n’est pas au rendez vous, ou s’il disparaît, l’union se dissout. Ce n’est pas le couple qui est plus fragile qu’autrefois, c’est l’exigence qui est plus haute. Les descriptions littéraires du passé font penser que les mariages de jadis se seraient pour la plupart rompus si l’exigence affective avait été celle d’aujourd’hui.

Les changements mentaux qui fondent ces indicateurs

Ces nouveautés, parmi bien d’autres que l’on pourrait citer, indiquent des changements mentaux très profonds. Il semble que leur origine commune soit la suivante.
Une large partie des personnes du monde actuel possèdent une individualité plus forte, capable de se déterminer par elle-même, avec beaucoup moins de sensibilité à la pression sociale :
Les systèmes totalitaires, fondés sur le primat du collectif, reposaient sur l’idée que l’individu doit se sacrifier pour servir le collectif. Aujourd’hui se répand le point de vue inverse, l’individu prime et la société a le devoir d’assurer à chacune et chacun les moyens de son développement personnel. C’est probablement la raison pour laquelle les machines totalitaires, privées de leur base mentale, se décomposent aujourd’hui. Cet indicateur concerne au premier chef les empires russes et chinois, mais aussi bien d’autres pays.
C’est aussi la raison pour laquelle l’Europe moderne s’est construite par la libre volonté des parties, alors que les mêmes peuples ont jadis été unis par les sanglantes guerres de conquêtes de l’empire romain. Aujourd’hui, en Europe, des personnalités plus fortes cessent de craindre les différences, elles s’unissent sans avoir recours aux violentes contraintes qui ont bâti tous les empires et toutes les nations du passé. Cet indicateur n’est pas fondé sur la seule Europe, car les organismes transnationaux notamment l’OMC, mais aussi l’ONU et le FMI, qui expriment le même changement, sont fondés sur un ensemble de pays si vaste qu’il couvre la majeure partie de la planète.

Le troisième indicateur, la fondation du couple, est aussi d’extension extrêmement vaste. Il touche, parfois de manière superficielle, parfois plus profondément, tous les peuples du monde, même une partie de l’islam, essentiellement parmi les 50 millions de musulmans qui vivent dans des pays développés. Sa cause est probablement la même que pour les deux indicateurs précédents : des personnes plus indépendantes s’intéressent plus à leur relation mutuelle dans le couple qu’à l’opinion ou aux pressions des tiers ou de l’ensemble de la société.

En ces trois domaines, l’islam, fondé sur l’umma qui impose le primat du collectif sur la personne, est étranger au monde moderne.

La rationalité

Une autre caractéristique du changement mental est la prévalence de la rationalité, en tous domaines. Les légendes fondatrices, les préjugés de castes, de nations ou de cultures sont mis en question et sommés de produire leur justification, qui ne peut plus être la tradition ou la commune conviction. Le goût de la vérité est devenu plus fort que la facilité du conformisme. Ce livre tend à montrer que les fondations historiques de l’islam sont instables devant la rationalité.

La liberté

Une autre caractéristique encore est la passion de la liberté. Elle s’oppose au confort de la dépendance, ce qui manifeste essentiellement des individualités plus fortes, capables d’affronter seules bien des difficultés de la vie sans la protection du groupe jadis tenue pour indispensable. Là aussi, la contrainte par la menace de mort qui interdit de quitter l’islam est en opposition avec la liberté moderne. Et de même le statut islamique de la femme.

L’affectivité

Une dernière caractéristique est peut être la plus significative : c’est le développement de l’amour. Cette demande, particulièrement visible dans la conception moderne du couple, est diffuse dans toutes les composantes des sociétés modernes ; elle engendre la multitude des entreprises d’aides, économiques, médicales, éducatives, répand le thème de l’affectivité dans tous les médias, porte au pinacle la célébrité de Mère Térésa ou de l’abbé Pierre, et se manifeste de bien d’autres façons. L’islam s’y oppose, d’une part dans la relation à Dieu, car Allah est un maître qui domine et non un Père qui aime, d’autre part dans l’amour conjugal qui ne peut se développer entre un mari placé en situation dominante et une femme diminuée en droit et en liberté : l’amour est par nature une relation entre égaux. Entre une inférieure et un dominant, la plénitude de l’amour est impossible. Enfin, dans sa relation aux non musulmans, l’islam, depuis mille ans, divise le monde entre Dâr al islam, maison de la soumission, et Dâr al harb, maison de la guerre ; il fonde ainsi son rapport aux autres sur la force, non sur l’amour ni même sur le respect : on n’aime ni ne respecte ceux que l’on prétend contraindre.

images-58

Le monde nouveau

C’est dans ce monde nouveau que vit aujourd’hui l’islam. Certains musulmans tentent de ralentir ou de bloquer l’évolution de leur société dans cette direction. D’autres s’efforcent de s’y adapter. Dans les pays développés, de jeunes musulmanes décident de porter le voile, bien souvent contre la volonté expresse de leurs parents. Ce signe signifie l’infériorité de la femme, en droit et en liberté, alors que ces jeunes musulmanes se sentent égales aux hommes en ces domaines. Elles mettent le voile sur leur tête, pour signifier leur désir d’appartenir à une communauté qui leur propose une identité, mais elles ne le mettent le plus souvent pas dans leur tête, car elles récusent les idées que signifie le voile. Elles appartiennent à l’islam par le vêtement, et au monde moderne par les convictions. Elles ont franchi le pas, le plus souvent sans vouloir l’admettre.

L’affrontement décisif se déroule dans la tête des musulmans, non entre eux et le reste du monde. Il ressemble plus à une guerre civile à l’intérieur de chaque personne qu’à une guerre extérieure. Le monde moderne n’assiège pas l’islam, il a déjà commencé à envahir l’intériorité de chaque musulmane, de chaque musulman.

Une musulmane, un musulman ne peuvent rejeter la modernité qu’en récusant leur propre rationalité, leur propre liberté, leur propre affectivité, le développement de leur propre individualité. Certains acceptent de payer ce prix, d’autre non. Toutes et tous sont aujourd’hui devant un choix, rester dans un système figé depuis plus d’un millénaire, fabriqué par le pouvoir califal il y a quatorze siècles pour servir d’idéologie à un empire fondé sur la force armée, ou rejoindre les valeurs de l’humanité en marche et participer à la construction du futur.

Ce choix se forme dans le for intérieur de chacune et chacun, aucune personne extérieure ne peut intervenir, car il dépend du mystère fondateur de la personne humaine, celui de la liberté. Après s’être informé, ou sans même s’informer, chacune et chacun est en ce domaine sa propre lumière et son propre recours, et voit s’imprimer dans son être les conséquences de son choix : il ou elle devient ce que son choix le fait devenir.

sheherazade_sultan_wp

[1] C’est le calife Hakim qui a interdit en 1029 de pratiquer l’ijtihad, c’est-à-dire l’interprétation du Coran. Depuis cette date, dans tout le Dâr al islam, toute nouvelle proposition d’interprétation est interdite. Il n’est permis que de répéter ce qui a déjà été dit. Cet interdit est effectivement appliqué, jusqu’à aujourd’hui. Les tentatives pour le contourner sont réprimées par la violence dans le Dâr al islam, et ne sont pas prises en compte par les musulmans quand elles sont faites dans les pays libres.

5 septembre 2015 Posted by | Pépiements, Religion, Valeurs | , , | Laisser un commentaire

Comment ne pas être un idiot utile ?

Les « idiots utiles » semblent légion de nos jours…
Chacun désigne l’autre en tant que tel : qu’en est-il?
Généralement un idiot utile est une personne dont le raisonnement a été influencé, modifié et manipulé de l’extérieur par des intérêts cachés qui lui font nier le réel.

Mes valeurs sont-elles conditionnées par les émotions, par la raison ou par la conscience ?vote-nobody


Test du train : (émotionnel, rationnel, conscience, agapé)

1° situation :

Un train roule sur 1 voie principale où se trouvent bloquées 5 personnes. Entre le train et les 5 personnes, il y a une 2° voie sur laquelle 1 personne est bloquée.

Vous avez la possibilité de dévier le train sur la 2° voie.
Que faites vous ? (rayez ce que vous ne faites pas)

  • rien, le train va écraser les 5 personnes.
  • actionner la déviation, le train va écraser 1 personne.

2° situation :

Un train roule sur 1 voie où se trouvent bloquées 5 personnes. Vous êtes sur un pont, entre le train et les 5 personnes, avec une personne corpulente,
Si vous jetez la personne corpulente sur la voie, le train va tuer la personne et s’arrêter.

Que faites vous ? (rayez ce que vous ne faites pas)

  • rien, les 5 personnes seront écrasées.
  • jeter la personne corpulente.

1° situation : Pourquoi avez-vous :

– rien fait :
– actionner la déviation :

2° situation : Pourquoi avez-vous :

– rien fait :
– jeter la personne :


Si j’ai actionné la déviation : je suis dirigé par le rationnel.
Si j’ai jeté la personne : je suis dirigé par le rationnel.
Si je n’ai pas jeter la personne parce cela m’est répugnant : je suis dirigé par mes émotions.
Si je ne fais rien, dans les 2 cas, si je m’en « lave les mains » pour ne pas prendre de responsabilité, par fatalisme, je me mets en condition d’objet et non de sujet (négation de l’être pensant et agissant).
Mais, Si dans les 2 cas je n’ai rien fait, parce que, consciemment, je ne prends pas l’initiative de tuer une personne, d’une manière ou d’une autre et quels que soient les motifs.
Alors il est possible que je ne sois pas un « idiot utile », mais un « conscient utile » … à moi et à l’humanité.
Car si je peux tuer une personne je peux tuer l’humanité (question de circonstance).
 Quelque qu’en soit la raison, si je tue une personne, je ne suis plus innocent ; le crime s’inscrit alors dans mon être et il y aura des myriades de raisons (rationnelles ou/et émotionnelles) pour recommencer !
Mes émotions sont conditionnées par mes valeurs.
La raison est le conditionnement de la société.
Mes valeurs sont mon choix de conditionnement, je suis contraint à vivre avec, mais je peux, à tous moments, changer de valeurs.
La question est :
suis-je un « idiot utile » à mes valeurs (être au service de valeurs acquises)
ou mes valeurs sont elles « intelligemment utiles » à mon être (moi et humanité toute entière) ?

21 avril 2015 Posted by | Pépiements, Valeurs | | Laisser un commentaire

Lettre d’un employé de la fourrière

même si cette lettre provient probablement du Canada, elle interpelle de réels problèmes :

« Chacun a le droit d’avoir son chien, mais chaque chien a le droit d’avoir son maître, un seul maître. Les achats coup de cœur sont à bannir. L’acquisition d’un chien doit être mûrement réfléchie, et envisagée sous toutes les coutures. Car très peu de chiens sont des modèles, avec une obéissance irréprochable, ça demande du temps et de la patience !
Je crois que notre société a besoin qu’on attire son attention là-dessus. En tant que responsable d’une fourrière, je vais partager quelque chose avec vous… un regard de l’intérieur, si vous me le permettez.Tout d’abord, tous les vendeurs/éleveurs d’animaux devraient travailler au moins UN JOUR dans une fourrière. Peut-être qu’en voyant ces regards tristes, perdus… les yeux troublés, vous changeriez d’avis sur l’élevage et la vente à des personnes que vous ne connaissez même pas.

main Zebre
Ce chiot que vous venez de vendre finira probablement dans ma fourrière quand il ne sera plus une jolie boule de poils. Alors… comment vous sentiriez-vous si vous saviez qu’il y a 90% de chances que ce chien ne sorte jamais de la fourrière s’il y arrive seulement ? Qu’il soit de race ou non.
50% des chiens qui entrent dans mon centre, abandonnés ou venant de la rue, sont de race pure… Les excuses les plus fréquentes que j’entends sont : -“Nous déménageons et nous ne pouvons pas emmener notre chat/chien”. Vraiment ? Où déménagez-vous pour ne pas pouvoir prendre d’animal et pourquoi avoir choisi cet endroit et pas un autre où vous pourriez le garder ?
-“Le chien est devenu plus grand qu’on pensait”. Et quelle taille croyez-vous qu’un Berger allemand avait ?!
-“Je n’ai pas de temps pour m’en occuper” – C’est vrai ? Je travaille 10 ou 12 heures par jour et j’arrive quand même à trouver du temps pour mes 6 chiens. -“Il nous abîme toute la cour” – Pourquoi ne le prenez vous pas à l’intérieur avec vous ? On me dit toujours “Pas la peine d’insister pour lui trouver un foyer, nous savons qu’il sera adopté, c’est un bon chien”
Ce qui est triste c’est que votre animal ne sera PAS adopté… . et savez-vous combien une fourrière est stressante ? Laissez-moi vous raconter :
L’animal a 72 heures pour trouver une nouvelle famille à partir du moment où vous le laissez. Parfois un peu plus si la fourrière n’est pas pleine et arrive à se débrouiller pour le garder en parfaite santé. S’il prend froid, il meurt. Il sera confiné dans une petite cage, entouré des aboiements et des pleurs de 25 autres. Il devra se débrouiller seul pour manger et dormir. Il sera déprimé et pleurera constamment sur la famille qui l’a abandonné. S’il a de la chance, et si j’ai assez de bénévoles, il pourra être sorti de temps en temps.
Sinon, il ne recevra aucune attention, sauf une assiette de nourriture glissée sous la porte de la cage et quelques giclées d’eau.
Si le chien est grand, noir ou d’une race « bull » (pitbull, mastin…, vous l’avez conduit à la mort du moment qu’il a passé la porte. Ces chiens ne sont généralement pas adoptés. Peu importe qu’il soit « doux » ou « dressé »… Si le chien n’est pas adopté dans les 72 heures suivant son entrée et que le refuge est plein, il sera sacrifié.
Si le refuge n’est pas plein et que le chien est suffisamment gentil et d’une race attractive, il est possible que son exécution soit repoussée, mais pas pour longtemps.
La plupart des chiens sont mis en cages de protection et sont sacrifiés s’ils montrent la moindre agressivité. Même le chien le plus calme est capable de changer dans un tel environnement.
Si votre chien est contaminé par la toux du chenil (trachéo-bronchite infectieuse canine) ou toute autre infection respiratoire, il sera sacrifié immédiatement, simplement parce que les fourrières n’ont pas les moyens de payer des traitements à 150 euros.

Et voici quelque chose sur l’euthanasie pour ceux qui n’ont jamais été témoins de comment un animal parfaitement sain sera sacrifié : En premier lieu, il sera sorti de sa cage en laisse. Les chiens pensent toujours qu’ils vont se promener, ils sortent heureux, remuant la queue… jusqu’à ce qu’ils arrivent à la « chambre », là ils freinent tous des 4 pattes.
Ils doivent sentir ou capter la mort ou sentir les âmes tristes qui ont été laissées là. C’est bizarre, mais ça arrive avec tous sans exception. Le chien ou chat sera tenu par 1 ou 2 techniciens vétérinaires, en fonction de sa taille et de sa nervosité. Ensuite, un spécialiste de l’euthanasie ou un vétérinaire entamera le processus de trouver une veine dans sa patte avant et il lui injectera la dose de “substance rose”. Espérons que l’animal ne prenne pas peur en se sentant immobilisé. J’en ai vu se griffer eux-mêmes et finir couverts de leur propre sang, rendus sourds par les aboiements et les cris. Tous ne “dorment” pas immédiatement. Parfois ils sont pris de spasmes pendant un instant et se souillent.
Une fois terminé, le cadavre de votre animal sera empilé comme un bout de bois, dans un grand congélateur, avec tous les autres animaux en attendant qu’on vienne les chercher comme des déchets. Qu’arrive-t-il ensuite ? Il sera incinéré ? Ils le conduisent à la décharge ? Ils le transforment en nourriture pour animaux? Vous ne le saurez jamais et vous ne vous poserez probablement jamais la question.
Ce n’était qu’un animal et vous pouvez toujours en acheter un autre, non ? J’espère que si vous avez lu jusqu’ici, vous avez eu les yeux troublés et que vous ne pouvez pas vous sortir de la tête les images qui occupent mon esprit tous les jours quand je rentre chez moi après le travail.
Je déteste mon travail, je déteste qu’il existe et je déteste savoir qu’il existera toujours à moins que vous changiez et vous rendiez compte des vies que vous gâchez, bien plus nombreuses que juste celle que vous laissez à la fourrière.
Entre 9 et 11 millions d’animaux meurent quotidiennement dans les fourrières et vous êtes les seuls à pouvoir arrêter cela. Je fais tout mon possible pour sauver les vies que je peux, mais les refuges (fourrières) sont toujours pleins et chaque jour il y a plus d’animaux qui entrent que ceux qui sortent.

Je veux juste insister sur ce point : NE FAITES PAS D’ELEVAGE OU N’ACHETEZ PAS D’ANIMAUX TANT QU’IL Y EN A QUI MEURENT DANS LES FOURRIÈRES.

Détestez-moi si vous voulez. La vérité est douloureuse et la réalité est ce qu’elle est. J’espère juste qu’avec ce texte au moins une personne aura changé d’avis sur l’élevage et l’abandon de son animal dans une fourrière ou sur l’achat d’un chien.
Espérons qu’un jour quelqu’un vienne à mon travail et me dise « j’ai lu cela et je veux adopter ». Ça vaudrait la peine. Si vous voulez que la situation change, renvoyez ce texte à tous vos contacts.

Jazz M. Onster.

Ceux qui sont responsables des abandons sont les abandonneurs, de la maltraitance sont les maltraitants. Ceux qui sont responsables de naissances anarchiques sont ceux qui veulent faire faire des petits à leur chienne sans savoir ce qu’ils font et ce que les chiots deviendront, ou qui n’ont pas envie de faire stériliser leur chienne. En principe les éleveurs sérieux se régulent tout seuls.
Les responsables sont aussi les acheteurs, les modes, les vendeurs. Et là, tout le monde est responsable, articles de presse, télé, merchandising, et mêmes émissions sur les animaux… »

4 janvier 2015 Posted by | Pépiements | | Laisser un commentaire

La pensée d’Ostad ELAHI

extrait de La pensée d’Ostad ELAHI

Nour Ali Elahi, plus connu sous le nom d’Ostad Elahi (1895-1974), fut un magistrat et un musicien accompli, mais avant tout un penseur spirituel moderne qui sut dépasser l’antique tradition mystique dont il était l’héritier pour fonder une approche nouvelle de la spiritualité, fondée sur la méthode expérimentale. Soulignant la prééminence de l’esprit sur la forme, sa démarche est centrée sur ce qu’il appelle « la quintessence de toutes les religions divines ». La finalité du système d’Ostad Elahi est le « perfectionnement de l’âme humaine ». En s’incarnant dans le monde physique, celle-ci acquiert de l’expérience, éveille progressivement sa conscience et devient apte à parcourir ici-bas les étapes préparatoires du perfectionnement. Ce processus de perfectionnement se poursuit au-delà de la mort physique et peut même nécessiter de multiples retours à la vie terrestre. Le terme de ce processus correspond à l’état de perfection, définie comme l’actualisation de chacune des facultés qui font de l’individu un véritable être humain, et qui s’accompagne nécessairement de la connaissance de soi.

Pour se perfectionner, l’âme doit se nourrir de principes éthiques et divins justes afin d’acquérir des vertus. Il s’agit de connaître et de respecter les droits, ceux des autres comme les siens propres, et d’accomplir les devoirs correspondants. Concrètement, l’effort doit porter sur deux points essentiels : lutter contre son « soi impérieux » et venir en aide à autrui, pour retrouver ainsi par la pratique le sens de ce principe divin immémorial : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’il te fasse. »

Ce travail de perfectionnement ne peut porter ses fruits que si l’étudiant spirituel dirige son regard vers le monde métaphysique, qu’il porte à chaque instant son attention à la Source et qu’il cultive dans chaque acte une intention désintéressée, pour le seul contentement divin et dans le but de se relier à la Source.

Pour Ostad Elahi la spiritualité se définit comme une pratique compatible avec la démarche rationnelle, voire une approche de type scientifique : elle procède par essais et erreurs et la dynamique intérieure qui accompagne ces expérimentations fait partie intégrante du processus de maturation et de perfectionnement de l’âme.

Ostad Elahi propose une voie tierce, à partir d’une réflexion fondée sur une compréhension profonde de notre héritage religieux : il a développé progressivement ce que nous pourrions appeler une « vision globale du patrimoine spirituel de l’humanité ».
Pour expliquer cette vision globale, il commençait toujours par distinguer d’une part l’essence et le but spirituels communs à toutes les religions révélées, et d’autre part leur dimension exotérique, coutumière, qui concerne seulement notre vie sociale et matérielle. Il disait par exemple:

« Les principes divins véridiques sont les mêmes dans toutes les religions, qui ne diffèrent entre elles que dans leurs aspects relatifs à des questions d’ordre matériel. Les préceptes concernant la purification de l’âme et la perfection éthique sont identiques dans toutes les religions ».
Je reviendrai sur l’attention que portait Ostad Elahi à cette dimension spirituelle commune, fondamentale. C’est sur cette dimension que repose l’unité et l’universalité de toute sa démarche. Mais il faut prendre le temps d’en relever quelques implications pratiques, mais non moins essentielles, en ce qui concerne la vie en société.

  • La première implication, et la plus évidente, est celle de la nécessité de la tolérance et de la compréhension mutuelle dans tous les domaines. Sans cette tolérance, sans une multiplicité de voies et de perspectives religieuses, personne ne serait libre de suivre son propre chemin spirituel, et même de pouvoir en apprécier pleinement l’authenticité. A ce sujet, il dit à plusieurs reprises que toutes les religions sont respectables et qu’il ne faut en rejeter aucune.
  • La seconde implication frappante – compte tenu des coutumes sociales et religieuses propres à son milieu culturel – apparaît dans son affirmation répétée de l’égalité entre les hommes et les femmes : « La femme est en tout point l’égale de l’homme,… et de nombreuses femmes sont spirituellement plus élevées que certains prophètes. »

calligr-141126-4

Il ne s’agit pas là d’une clause de rhétorique, mais d’un principe spirituel de grande portée qu’il applique pleinement, comme en témoignent nombre de ses paroles.
Souvent, dans l’enseignement d’Ostad Elahi, un principe énoncé sous une forme concrète, dans un but pratique, nous ramène, si nous l’appliquons, à une réalité spirituelle plus profonde. Par exemple, cette insistance sur la nécessité éthique de la tolérance religieuse et de l’égalité entre hommes et femmes, correspond au but spirituel profond de l’amour et de la compassion universels, but qui a été énoncé dans toutes les traditions religieuses.

« Lorsque tu considéreras tous les prophètes et les saints comme authentiques et que tu ne feras plus aucune différence entre les religions, alors tu auras atteint l’étape de la connaissance spirituelle. Qui que tu voies, si tu le considères comme un mystique, alors tu as compris le sens de la mystique ».
« Ce que tu aimes pour toi-même, il faut l’aimer pour les autres, et ce que tu n’aimes pas pour toi-même, ne le souhaite pas pour les autres : c’est le principe essentiel de la religion ».

  • Une troisième implication fondamentale découle implicitement de ce dernier point (amour et respect universel de toutes les créatures) : Ostad Elahi insiste sur la nécessité éthique et spirituelle de participer à la vie sociale et de s’impliquer pleinement dans la communauté humaine. Je reviendrai sur les motivations profondes de ce principe par la suite, car il concerne directement la possibilité même d’une pratique du spirituel. Ce principe de la vie en société, Ostad Elahi l’avait d’ailleurs déjà exprimé dans ses actes, en quittant sa retraite mystique pour embrasser une exigeante carrière de magistrat.
  • La quatrième implication, enfin, est la responsabilité individuelle, totale et inaliénable qui est la nôtre dans tous les domaines de notre vie.

Ce dernier point apportera peut-être un élément de réponse à une interrogation qui revient souvent chez ceux qui ont pris conscience de la portée extraordinaire de la pensée d’Ostad Elahi. Pourquoi n’a-t-il pas cherché à s’attirer des adeptes qui auraient répandu ses idées, comme l’ont fait d’autres figures spirituelles ? Il existe plusieurs réponses à cette question, mais on peut penser d’abord à cette idée, sans cesse réaffirmée par Ostad Elahi, que chaque être humain a le devoir de partir lui-même en quête de la vérité, et que nul ne peut se décharger de cette responsabilité ou la déléguer à autrui.
Si l’on voulait résumer en quelques mots le propos d’Ostad Elahi, on pourrait dire qu’il concerne avant tout « l’âme et sa quête de Vérité » : en réponse aux questions de ses interlocuteurs, les sujets qu’il développe, qu’il s’agisse de questions métaphysiques, théologiques, ou ayant plus directement trait à la pratique spirituelle, gravitent autour de cette idée centrale de la quête. Et cette quête, comme il le répète souvent, se ramène à quelques questions essentielles :

« Pour tout homme, la Vérité consiste à savoir qui il est, d’où il vient, ce qu’il doit faire et où il doit aller…. Lorsque cette quête est devenue le guide de sa conduite, qu’il l’a mise en pratique et qu’il a trouvé les réponses, alors il accède à la Vérité ».
« L’essence de la connaissance spirituelle est que l’homme comprenne pourquoi il est venu à l’existence, quels sont ses devoirs en tant qu’existant et quel est son but ultime ».
« Notre but doit être d’agir conformément aux principes divins pour arriver à la perfection ».

Ostad Elahi nous rappelle sans cesse que notre condition humaine, bien qu’elle comporte ses propres défis et responsabilités spirituelles, fait nécessairement partie d’un processus de perfectionnement bien plus vaste et qui concerne l’ensemble de la création.

« Le perfectionnement qui va du minéral au végétal, du végétal à l’animal et de l’animal à l’homme est prédéterminé. Les minéraux, les végétaux et les animaux n’ont pas la faculté de raisonner et leur évolution se fait de façon naturelle et automatique. Le perfectionnement de l’homme obéit, lui, à des règles différentes, car il possède une âme angélique. Il est donc doué de raison et de libre arbitre et c’est par ses propres efforts qu’il peut parvenir à la perfection ».

Pour Ostad Elahi l’âme humaine incarnée ou « soi », est la combinaison unique et le point de rencontre de deux dimensions tout à fait différentes; il y a d’abord « l’âme angélique » individuelle, ou l’esprit immortel, qui porte en elle « l’expir Divin » et reste en permanence en relation avec Dieu; ensuite, il y a l’âme charnelle, mortelle, animal-humain (basharique, de l’arabe bashar, animal humain) qui est la combinaison unique et individuelle d’âmes animales, végétales et minérales antérieures agrégées à un corps par le principe même du perfectionnement. Pour Ostad Elahi, la rencontre et la combinaison de ces deux dimensions de notre âme et de notre moi animal dans un corps n’est pas une sorte de piège ou de prison desquels il faudrait chercher à s’évader. Bien au contraire, c’est justement cette combinaison complexe qui crée cette situation terrestre unique par laquelle l’âme angélique devient progressivement apte à apprendre et à se développer jusqu’à son plein épanouissement spirituel.

Ostad Elahi insiste constamment sur le fait que le chemin qui mène à l’accomplissement réel de notre nature spirituelle commence nécessairement par la recherche et le développement d’une véritable conscience de notre âme, c’est-à-dire de notre Soi. Ou en d’autres termes :

« L’être véritable, c’est l’âme, et le corps est l’instrument de l’être véritable. Celui qui arrive à la perfection entre dans l’océan de l’unicité. Mais chaque parcelle conserve son identité ».

Il est impossible d’entreprendre un voyage sans en connaître un tant soit peu le but. Pour Ostad Elahi, le but du cheminement spirituel, c’est donc la perfection. La parole suivante résume très bien la relation intime entre ce but spirituel et les multiples engagements pratiques et concrets qu’implique le cheminement spirituel :
« Plus l’homme parvient à s’éloigner des désirs et des passions de son âme charnelle et à se rapprocher des étapes et des sentiments d’un être humain au plein sens du terme, plus il devient parfait […] « L’homme parfait » est celui qui agit envers les autres comme il aime qu’on agisse envers lui, et il s’oppose à ce qu’on fasse aux autres ce qu’il n’aime pas pour lui-même. Cela est facile à dire, mais très difficile à mettre en pratique. […] il doit se surveiller vingt-quatre heures sur vingt-quatre et être son propre juge ».
Il y a encore bien d’autres paroles, encore plus concises, dans lesquelles Ostad Elahi traduit cet état spirituel en termes de manifestations éthiques concrètes.
« Un être humain digne de ce nom est celui qui se réjouit du bonheur des autres et compatit sincèrement à leur malheur ».
« La clef de voûte de la vie en ce monde est le respect du droit d’autrui ».
« Le voyageur (sur la voie spirituelle) doit préserver l’équilibre entre les quatre éléments suivants : l’âme, le corps, la famille et la société ».

Travailler dans ce but est une tâche difficile qui peut susciter une lassitude passagère. De ce fait, il est utile, avant d’aborder les prescriptions pratiques essentielles que définit Ostad Elahi, de garder en mémoire ce qu’il dit à propos de l’importance de la foi, de la certitude spirituelle et de la maîtrise de soi.

« Tout le monde passe par des hauts et des bas. L’homme doit essayer d’acquérir la maîtrise de soi. Lorsqu’on est maître de ses états intérieurs, tout devient facile ».
« L’homme ne doit pas subir le destin mais au contraire le prendre en main ; et face à Dieu et à Sa providence, être si soumis et si détaché de toute chose contraire à Sa satisfaction que les décrets du destin lui paraissent insignifiants ».

Certains des enseignements pratiques spirituels les plus fondamentaux et communs à toutes les religions sont rappelés dans la parole suivante :

« Les principes des religions sont érigés et fondés sur quelques piliers inébranlables : la maîtrise de soi, la charité, la prière, l’intention pure et la sincérité envers Dieu ».
« La condition de la prière est de porter son attention sur la Source divine, et non pas seulement de répéter des phrases ».
« L’intention pure et la sincérité envers Dieu signifient en termes simples que ce que l’on aime comme bienfait pour soi, on l’aime pour toute la création, et que ce que l’on n’aime pas pour soi on ne le veuille pas pour les autres ».
« Lorsque les principes ci-dessus sont vraiment observés, on est purifié, on est sorti de l’animalité et on devient un être humain véritable. Lorsque l’homme devient vraiment humain, son inclination naturelle lui dicte d’agir toujours en bien ».

Bien entendu, énoncer ces principes est une chose, les mettre en pratique – chacun le sait – en est une autre ! Avant de citer d’autres paroles d’Ostad Elahi, qui illustrent ce cheminement qui mène de la connaissance de soi à la connaissance de Dieu, il faut expliquer ce qui peut sembler être une contradiction entre cette conception métaphysique du « soi réel », qui aurait l’air d’impliquer une démarche « contemplative », et son enseignement pratique, éthique et religieux, qui comme on l’a vu, rompt avec l’idéal de la vie contemplative, retirée du monde. Pourquoi donc Ostad Elahi insiste-t-il tant sur le fait qu’une vie sociale active, responsable, engagée dans ce monde est indispensable au processus de connaissance de soi ? C’est que nous ne pouvons parvenir à nous connaître nous-mêmes – et à polir le miroir de notre cœur – qu’au travers des conflits et des défis d’une vie active dans ce monde qui nous renvoient notre propre reflet.

Une vie engagée dans la société est donc l’école la plus efficace et la plus fructueuse pour découvrir la nature véritable de l’âme et la purifier. Dans l’une de ses anecdotes autobiographiques, il raconte ainsi : « Une nuit, un état de ferveur spirituelle s’empara de moi, et je décidai de m’isoler pour me recueillir et de passer la nuit en prière et en contemplation ». Puis il décrit en termes humoristiques comment, dérangé par le bruit que font ses voisins, il doit monter sur la terrasse de sa maison, puis comment une suite d’événements l’obligent à descendre dans la rue, et à prendre le chemin d’un mausolée éloigné, sans parvenir jamais à trouver un lieu isolé propre au recueillement. Finalement, il explique :

« Bref, ce soir-là, l’état de ferveur disparut et quoique je fisse, je ne pus me consacrer à la contemplation. « O Seigneur, dis-je, Tu m’éprouves encore. Eh bien! c’est à Toi de décider. Qu’il en soit selon Ta volonté ». A ce moment-là une « voix » se fit entendre : « C’est à l’intérieur de votre coeur que vous devez rechercher l’isolement. Aucun lieu n’est jamais vide, seul le cœur est vide et isolé ». Je compris que l’on voulait m’empêcher de m’isoler car depuis quelque temps je restais un peu dans mon coin, alors que je devais, du fait de ma profession, participer aux manifestations sociales et répondre aux invitations. Vivre à l’écart de la société n’est pas juste. Il faut vivre dans la société tout en se préservant [de ses méfaits]. Celui qui choisit l’isolement, en évitant les tentations et les épreuves qui découlent de la vie en société, et qui se dit vertueux se trompe. Ce qui compte, c’est d’être vertueux tout en vivant dans la société et en participant à la vie sociale. »

On peut mesurer l’importance que revêt la vie active dans ce monde pour la connaissance de soi et de Dieu, si l’on considère que les principes qui sous-tendent ces conseils pratiques, et qui sont toujours rappelés à ceux qui avancent sur la Voie, sont les piliers mêmes du perfectionnement. Ces principes fondamentaux se ramènent à trois points essentiels : premièrement : dire le bien, voir bien et vouloir le bien. Deuxièmement : lutter sans cesse contre les attaques cachées ou visibles de notre soi animal. Troisièmement, porter constamment notre attention vers Dieu. En fait, il s’agit là des aspects inséparables d’un même « travail » spirituel sur la voie du perfectionnement. Travailler sur l’un de ces trois points met nécessairement en relief le rôle des deux autres.

Le premier de ces principes, sur lequel Ostad Elahi revient en permanence, consiste à parvenir graduellement à dire bien et vouloir le bien – et finalement à voir le bien en chaque chose.

« Celui qui se dit viator (dans la Voie spirituelle) doit faire siens ces trois principes:
– « Dire bien » : c’est à dire ne pas médire, ne pas calomnier, ne pas jurer ou injurier, etc.;
– « Voir bien » : ne voir rien ni personne en mal, mais au contraire voir toute chose en bien.
– « Vouloir et penser bien »: ce que l’on veut pour soi, le vouloir pour tous; ne pas éprouver de haine, de jalousie et de rancune, ne pas penser à la vengeance, etc… ».

Ce principe fondamental, si souvent rappelé par les prophètes et les saints est simple en apparence ; mais dès que nous le mettons un tant soit peu en pratique, nous nous trouvons confronté au deuxième grand thème de l’enseignement spirituel d’Ostad Elahi, le difficile combat entre notre âme angélique ou « esprit » et l’âme charnelle, le « soi animal » ou « soi impérieux » avec ses masques et ses ruses innombrables.

Cette lutte inévitable pour dominer cette dimension de nous-mêmes qui s’oppose « naturellement » à notre nature plus haute et divine est un thème central dans toutes les traditions religieuses. Mais la manière dont Ostad Elahi traite ce sujet apporte des clarifications importantes qui constituent les points saillants de son enseignement spirituel.

Pour commencer, Ostad Elahi insiste sur la nécessité de toujours renforcer ce qu’il y a de plus haut en nous, l’âme angélique, ou l’esprit, plutôt que d’affaiblir la force de notre soi charnel. En d’autres termes, l’ascèse véritable n’est pas dans l’affaiblissement du corps mais dans le développement conjoint et équilibré de toutes les dimensions de notre être.

« Plus l’âme angélique est forte, plus elle arrive à dominer le soi impérieux. La méthode pour fortifier son âme est d’en reconnaître la dignité et d’aimer la qualité de son âme. En conséquence, on acquiert les qualités spirituelles nobles, c’est-à-dire que tout ce qui est indigne de son âme, on le prend en aversion ».

Enfin, le troisième aspect essentiel de l’enseignement spirituel pratique d’Ostad Elahi est « l’attention à Dieu » . Bien entendu, cet aspect est présent à chaque étape de notre vie spirituelle, comme il nous le rappelle constamment. Pour commencer, dans chaque religion :

« Toutes les prières, les invocations, les dévotions, et le reste… se résument à cet état d’attention continuelle à Dieu et à essayer [de savoir] quoi faire pour qu’il y ait contentement de Dieu ».

« Ce qui compte dans la prière, c’est l’intention. Quels que soient la religion ou le rituel que l’on accomplit, il suffit d’être attentif à la Source et notre prière sera acceptée, peu importe la langue qu’on utilise ».
Ce qui est fondamental, au cours du cheminement spirituel, et cela au sein même de la vie sociale, c’est donc de garder notre attention tournée vers Dieu. C’est ce que résume bien cette autre parole :
« Pour obtenir la liaison avec la source divine, l’homme doit en toute circonstance porter son attention vers Dieu, de sorte que spontanément il agisse bien et évite de commettre le mal ».

Si l’attention à Dieu occupe déjà une place fondamentale dans les étapes les plus élémentaires de la vie religieuse, elle est encore plus essentielle à mesure que l’âme progresse dans le cheminement de la connaissance de soi et de Dieu.

17 décembre 2014 Posted by | Pépiements, Spiritualités | | Laisser un commentaire

Apologie de la liberté

extrait « du bonheur d’ être réac : apologie de la liberté », Denis Tillinac


le rèveurLe sens de l’honneur : Placer la barre de ses aspirations à une certaine altitude et n’en jamais rabattre.
Le sens de l’intériorité : l’entourer d’arbres pour le protéger des pollutions du temps
Le sens de l’héritage : évaluer avec gratitude ce que l’on doit avec ses ascendants (parentèle, patrie, terreau spirituel, langue, traditions, paysages, grimoires… Se percevoir comme un maillon et non un en-soi muré dans son autosuffisance.
Le sens de l’humour : la meilleure armure contre les dogmatismes
Le sens de la désinvolture : vivre sa vie au débotté, la prendre comme un jeu
Le sens de l’élévation : c’est en convoitant un Graal que l’humain épure son cœur et fertilise son âme
Le sens de l’harmonie : composer des symphonies avec nos goûts et nos couleurs
Le sens de la religiosité : que chaque acte soit une célébration, chaque regard une contemplation, chaque passion une oraison.
Le sens de la distinction : il faut plusieurs générations pour produire un « honnête homme », choisir ce qui  nourrit l’esprit, éliminer ce qui l’engraisse ou l’encrasse; miser sur l’approfondissement plus que sur la vulgarisation
Le sens de la lenteur : c’est sans hâte qu’une pensée vient à maturité, prendre son temps est le seul biais pour ne pas le dilapider
Le sens de l’ambiguïté : prendre les êtres pour ce qu’ils sont, avec le flotté, la fluidité, l’impureté, la fragilité de leurs sentiments.Prendre les idées pour ce qu’elles sont, des feuilles bientôt mortes qu’emporteront des vents aléatoires; ne jamais se prostituer pour un manichéisme, ni se nécroser l’esprit sur une position fixée
Le sens du regret : on n’est pas obligé de croire pour s’apercevoir que le Mal a enténébré notre monde et sali notre existence…
Le sens des hiérarchies : les affects, les pensées, les aspirations n’accèdent à la cohérence d’une architecture intérieure à condition de n’être pas mis sur un pied d’égalité
Le sens du tragique : prendre la vie à la légère, relativiser ses blessures, mais sans nier sa dimension tragique… la noblesse humaine tient dans son acceptation.
Le sens de la féminité : vaut pour les deux sexes; l’exaltation d’une féminité polymorphe a fondu-enchainé les ressorts de notre imaginaire… tout en découle

30 août 2014 Posted by | Pépiements, Référence | Laisser un commentaire

la liberté, c’est apprendre à se servir du langage

Dans leur propagande anti-rationnelle, les ennemis de la liberté pervertissent systématiquement les ressources du langage pour amener, par la persuasion insidieuse ou l’abrutissement, leurs victimes à penser, à sentir et à agir comme ils le veulent eux, les manipulateurs.
Apprendre la liberté (et l’amour et l’intelligence qui en sont à la fois les conditions et les résultats) c’est, entre autres choses, apprendre à se servir du langage. Au cours des deux ou trois dernières générations, les philosophes ont consacré beaucoup de temps et de réflexion à l’étude des symboles et au sens du sens. Comment les mots et les phrases que nous prononçons se rattachent-ils aux choses, aux personnes et aux événements avec lesquels nous sommes en contact dans notre existence journalière? Examiner ce problème nous prendrait trop longtemps et nous entraînerait trop loin. Qu’il suffise de dire que tous les matériaux intellectuels nécessaires pour s’instruire à fond dans le maniement du langage – à tous les niveaux depuis le jardin d’enfants jusqu’aux cours post-scolaires – sont actuellement à notre disposition. On pourrait commencer sans délai à inculquer l’art de distinguer entre les usages correct et abusif des symboles. Bien plus, on aurait pu le faire depuis trente ou quarante ans. Et pourtant, nulle part on n’enseigne aux enfants une méthode systématique pour faire le départ entre le vrai et le faux, une affirmation sensée et une autre qui ne l’est pas.

la mort de Staline, deuil pour tous les peuples

la mort de Staline, deuil pour tous les peuples

Pourquoi? Parce que leurs aînés, même dans les pays démocratiques, ne veulent pas qu’ils reçoivent ce genre d’instruction. Dans ce contexte, la brève et triste histoire de l’Institute for Propaganda Analysis est terriblement révélatrice. Il avait été fondé en 1937, alors que la propagande nazie faisait le plus de bruit et de ravages, par Mr. Filene, philanthrope de la Nouvelle-Angleterre. Sous ses auspices, on pratiqua la dissection des méthodes de propagande non rationnelle et l’on prépara plusieurs textes pour l’instruction des lycéens et des étudiants. Puis vint la guerre, une guerre totale, sur tous les fronts, celui des idées au moins autant que celui des corps. Alors que tous les gouvernements alliés se lançaient dans « la guerre psychologique », cette insistance sur la nécessité de disséquer la propagande sembla quelque peu dépourvue de tact. L’Institut fut fermé en 1941.
Mais même avant l’ouverture des hostilités, nombreux étaient ceux à qui ce genre d’activité paraissait extrêmement critiquable. Certains éducateurs, par exemple, n’admettaient pas que l’on enseignât à démonter les rouages de la propagande, sous prétexte que cela rendrait les adolescents exagérément cyniques. Les autorités militaires ne voyaient pas non plus l’entreprise d’un bon œil, car elles craignaient que les recrues se missent à éplucher les propos des sergents-instructeurs. Et puis il y avait les ecclésiastiques et les spécialistes de la publicité. Les premiers étaient hostiles par crainte de voir saper la foi et diminuer l’assistance aux offices, les seconds par crainte de voir saper la fidélité à la marque et diminuer les ventes.
Ces craintes et ces répugnances n’étaient pas sans fondement. L’examen trop critique par trop de citoyens moyens de ce que disent leurs pasteurs et maîtres pourrait s’avérer profondément subversif. Dans sa forme actuelle, l’ordre social dépend, pour continuer d’exister, de l’acceptation, sans trop de questions embarrassantes, de la propagande mise en circulation par les autorités et de celle qui est consacrée par les traditions locales. La difficulté, une fois de plus, est de trouver le juste milieu.
Il faut que les individus soient suffisamment ouverts à la suggestion pour vouloir et pouvoir assurer le fonctionnement de leur société, mais pas trop, pour éviter de tomber sans défense sous l’emprise de manipulateurs professionnels. De même, il conviendrait de les mettre au courant des méthodes de la propagande, assez pour qu’ils ne croient pas sans examen des sornettes pures et simples, mais pas trop, pour qu’ils ne rejettent pas en bloc les effusions pas toujours très rationnelles des gardiens bien intentionnée de la tradition. Sans doute le juste milieu entre la jobardise et le scepticisme intégral ne sera-t-il jamais trouvé et gardé par la seule analyse. Cette méthode assez négative pour aborder le problème devra être complétée par quelque chose de plus positif – l’énoncé d’un ensemble de valeurs généralement acceptables, fondé sur une solide base de faits contrôlés.

La première de toutes sera la liberté individuelle, reposant sur le fait reconnu de la diversité humaine et de l’unicité génétique; puis la charité et la compassion reposant sur l’antique réalité de la famille redécouverte récemment par la psychiatrie moderne : le fait que l’amour est aussi nécessaire aux humains que la nourriture et l’abri, quelle que soit leur diversité mentale et physique; enfin, l’intelligence, sans laquelle l’amour est impuissant et la liberté inaccessible.
Cet ensemble de valeurs nous fournira un critère pour juger la propagande. Celle qui sera reconnue à la fois absurde et immorale pourra être rejetée aussitôt. Celle qui sera simplement irrationnelle, mais compatible avec l’amour et la liberté, sans s’opposer par principe à l’exercice de l’intelligence, pourra être acceptée, à titre provisoire, pour ce qu’elle vaut.

extrait de retour au Meilleur des mondes – Aldous HUXLEY

15 août 2014 Posted by | Pépiements, Valeurs | , , | Laisser un commentaire

La foi bahá’íe : une spiritualité universelle

La foi bahá’íe est une religion mondiale et indépendante. Son histoire débute en Perse en 1844. Son fondateur est Bahá’u’lláh, un noble persan qui a proclamé être le porteur d’une nouvelle révélation, un nouveau message divin, dont la finalité est d’établir l’unité des peuples de la terre.

La Terre n’est qu’un seul
pays et tous les hommes
en sont les citoyens
– Bahá’u’lláh

Au cœur de son message se trouve la conviction que l’humanité forme une seule et même famille et que le moment est venu pour elle de s’unir en une société mondiale.
Ceci implique une transformation des individus et des relations qui structurent la société.
Dans les aspects spirituels et matériels de leurs vies, les bahá’ís s’efforcent de mettre en pratique les enseignements de Bahá’u’lláh, notamment que :
l’âme rationnelle n’a ni sexe, ni race, ni ethnie, ni classe, ce qui rend inadmissible toute forme de préjugés
Dieu est un, au-delà des diversités culturelles et des interprétations humaines et toutes les religions du monde sont les expressions successives d’une seule et même foi
la religion et la science sont deux systèmes complémentaires de connaissance et de progrès pour la civilisation


« La foi bahá’íe reconnaît l’unité de Dieu et de ses prophètes, soutient le principe de la recherche sans entraves de la vérité, condamne toutes formes de préjugé et de superstition, enseigne que le but de la religion est de promouvoir l’amitié et la concorde, proclame qu’elle doit aller de pair avec la science, et affirme qu’elle est le principal facteur de pacification, d’ordre et de progrès de la société. Elle affirme sans équivoque le principe de l’égalité des droits, des opportunités et des privilèges pour les hommes et pour les femmes, recommande l’éducation obligatoire, élimine les extrêmes de richesse et de pauvreté, élève au rang d’adoration le travail accompli dans un esprit de service, recommande le choix d’une langue auxiliaire internationale, et propose les institutions nécessaires pour établir et perpétuer une paix durable et universelle. »

Parmi les Écrits mystiques les plus connus de Bahá’u’lláh figure un petit ouvrage intitulé “Les sept Vallées”. Écrit dans un style poétique, il décrit les étapes du voyage de l’âme à la rencontre de son Créateur.


 

Le rôle de la femme
Le développement de l’humanité dépend en effet du développement harmonieux de ses deux composantes masculine et féminine, qui sont complémentaires.
La femme est notamment destinée à jouer un rôle particulier dans l’établissement de la paix mondiale.
‘Abdu’l-Bahá explique que si, par le passé, « le monde a été gouverné par la force, et l’homme a dominé la femme par le caractère plus violent et plus agressif de son corps et de son esprit », cette tendance va s’inverser, et « les temps nouveaux seront moins masculins et plus imprégnés d’idéaux féminins ».
Il dit également que « la force perd de son importance alors que la vivacité d’esprit, l’intuition et les qualités spirituelles d’amour et de dévouement, essentiellement féminines, prennent l’ascendant. »
Une fois qu’elle bénéficieront des mêmes privilèges que les hommes, les femmes, qui sont par nature opposées à la guerre, refuseront de sacrifier leurs enfants dans un quelconque conflit.
C’est par l’éducation, et non par la rivalité ou la lutte avec l’homme, que la femme parviendra à jouer un rôle aussi essentiel. Selon les enseignements bahá’ís, la femme est en effet prioritaire en la matière. Si les moyens dont dispose une famille ne lui permettent pas de faire bénéficier de la même éducation garçon et fille, c’est la fille qui doit être privilégiée. Elle pourra ainsi à son tour remplir totalement son rôle de première éducatrice de ses propres enfants, mais aussi montrer la pleine mesure de ses capacités intellectuelles, égales à celles de l’homme.


 

Préservation de l’environnement et de la nature

Du fait de son rang, l’homme a une responsabilité particulière envers la nature, qui est le reflet du divin. Certes, l’être humain occupe une position plus élevée que la nature, dont il a la capacité de découvrir les secrets, ce qui lui permet de maîtriser son environnement, mais cette capacité lui impose d’utiliser les pouvoirs dont il a été dotés à des fins positives.
L’exercice approprié de cette responsabilité est la clé qui détermine si son génie inventif produit des résultats bénéfiques ou crée des ravages dans le monde matériel .
Au XIXe siècle déjà, Bahá’u’lláh mettait les hommes en garde contre leur attitude à l’égard de notre planète : « … vous foulez ma terre avec complaisance et satisfaits de vous-mêmes, insouciants de ce qu’elle est lasse de vous et de ce que tout ce qu’elle renferme se dérobe à vous … »
‘Abdu’l-Bahá décrit la nature comme un « trésor illimité ». La nature est utilisée par l’homme qui, en cultivant la terre, en domestiquant l’animal, aide à son développement. L’importance de l’agriculture, et celle de la science, sont soulignées. Mais l’action de l’homme doit respecter une limite, qui est celle de la modération :
« En toute chose, la modération est nécessaire. Si une chose est faite avec excès, elle est source de mal… » Bahá’u’lláh

4 avril 2014 Posted by | Pépiements, Référence, Religion, Spiritualités | , | Laisser un commentaire

Guerrier de lumière

Éveillons nous à d’autres consciences, …
Sortons de notre enfermement, subi de vie en vie…
De cette catégorisation de l’esprit qui s’appelle éducation, syndicats, organisations, conceptions de vie, statuts sociaux, civilisation, dogmes, religions, …
Non pas couper court, d’un seul coup, avec ce que nous sommes aujourd’hui, ce en quoi nous croyons, ,…
Simplement se préparer avec beaucoup de vivacité, de courage et de force,
à vivre différemment, à penser différemment, à appréhender le monde avec une autre conscience….

L’énergie de la terre a besoin d’être renouvelée.
L’important demeurera ; l’inutile disparaîtra

attrape_reve

extrait de « Manuel du Guerrier de Lumière » de Paulo Coelho (ISBN 2-253-14772-9)
Le Guerrier écoute le vent et parle aux étoiles, et sait que son intuition est l’alphabet de Dieu.

Le Guerrier sait qu’il est libre de choisir ce qu’il désire; ses décisions sont prises avec courage, désintéressement, et parfois, avec une certaine dose de folie.
Ils sont guerriers , parce qu’ ils se trompent, parce qu’ils s’interrogent, parcequ’il cherchent une raison, …et parcequ’ils vont trouver…
Le Guerrier semble fou, mais ce n’est qu’un masque ; il ne perd pas son temps à écouter les provocations, il a un destin à accomplir..
Un Guerrier fait toujours des gestes hors du commun : il peut danser dans la rue, ou regarder un inconnu dans les yeux, ou défendre une idée qui peut paraître ridicule…
Le Guerrier pardonne, car il est passé par là, lui aussi, mais il ne peut baisser la tête, car il perdrait de vue l’horizon de ses rêves
Un Guerrier ne passe pas ses jours à tenter de jouer le rôle que les autres ont choisi pour lui
Le Guerrier de lumière ne risque son cœur que pour quelque chose qui en vaut la peine.
Il est celui qui est capable de comprendre le miracle de la vie, de lutter jusqu’au bout pour ce qu’il croit, et alors d’entendre les cloches que la mer fait retentir dans ses profondeurs.
Tout le monde en est capable, et personne ne se juge un guerrier de lumière, bien que tout le monde puisse l’être.
Le Guerrier prête attention au regard d’un enfant, parce que les enfants savent voir le monde sans amertume.
Tout ce que tu fais au plus petit être de la terre, même à une fourmi, tu te le fais à toi-même

__________________________________________________________________________________________________________

« Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors. »  Rabindranàth Tagore

27 février 2014 Posted by | Pépiements, Spiritualités | | Laisser un commentaire

Les enfants des autres

« France de ton malheur , tu es cause en partie,
Je t’en ai par mes vers , mille fois avertie.
Tu es marâtre aux tiens, et mère aux étrangers
Qui se moquent de toi , quand tu es au danger,
Car la plus grande part , des étrangers obtiennent
Les biens qui à tes fils , justement appartiennent.

Pierre de Ronsard (1524 -1585) Elégies »

la huppe_bw
La France s’était appauvrie dans ses colonies, Daniel LEFEUVRE, alors professeur à l’université de Paris VIII, démontra dans un livre fondateur que l’Algérie fut un insupportable fardeau pour la France et que, loin de l’avoir pillée, la France s’y ruina.
Une telle remise en cause de la doxa marxisto-tiers-mondiste venant d’un ancien communiste provoqua un véritable déchaînement de haine chez les « bien-pensants ».
La thèse de Daniel LEFEUVRE renversait les dogmes et les idées-recues. Que l’on en juge : en 1959, toutes dépenses confondues, la « Chère Algérie » engloutissait à elle seule 20% du budget de l’Etat français, soit davantage que les budgets additionnés de l’Education nationale, des Travaux publics, des Transports, de la Reconstruction et du Logement, de l’Industrie et du Commerce !
En soulageant les misères des populations algériennes et en faisant reculer la mortalité infantile la France avait créé les conditions d’une catastrophe qu’elle s’était elle-même condamnée à gérer.
et aujourd’hui les masses ignares et violentes qui en sont issues envahissent la France…

Comment la France s’est ruinée
http://bernardlugan.blogspot.fr/2013/11/comment-la-france-sest-ruinee-en.html

8 novembre 2013 Posted by | Art, Géopolitique, Histoire, Pépiements, Valeurs | Laisser un commentaire

Même un dogme perverti peut être facteur d’élévation de conscience

La métaphysique n’a qu’un temps. Le passage à la rationalité demande de se dépasser, et ça ne peut être que par la pensée de plusieurs, là où la métaphysique peut-être l’œuvre d’un seul.

Je ne crois pas que l’Orient ait perdu le sens de la spiritualité, et que l’Occident soit la spiritualité aboutie. Disons que nous, occidentaux, le pensons et que nous comprenons beaucoup moins bien la pensée orientale. Je pense que c’est de la confrontation des deux mondes, et je ne cite pas les autres, que sortira une additions de points de vue qui élargira le regard de tous.

Il n’y a pas de spiritualité cachée volontairement, il n’y a qu’une forêt qui cache l’arbre véritable.

Et oui, j’ai lu le Coran. « Dieu » y est cité, ou plutôt « prétendu » (voir cChrist versus mahomet) . Je n’y vois qu’ une « révélation » humaine. Je dirais que les apparitions de « Dieu » dans le Coran s’adresse aux musulmans de premier niveau. C’est l’obligatoire argument d’autorité. Il n’empêche que même un musulman de niveau supérieur peut « sublimer » cette présence, et bien entendu l’argument d’autorité qu’il représente.

Ce « Dieu » n’est plus anthropomorphique, c’est une transcendance. Si je devais tuer son « Dieu » , je m’en trouverais tout aussi odieux que si j’empêchais quelqu’un d’admirer l’œuvre d’un peintre. La rationalité ne doit pas exiger l’incroyance, parce que ce faisant, elle tuerait une part importante de l’homme tout en le laissant sans réponse.

L’Islam n’est pas la seule religion à laquelle je m’intéresse. Ce que je cherche, c’est la finalité de la religion. Dans son étymologie, déjà elle « relie » les croyants sur une base qui leur est commune. C’est aussi la finalité de la laïcité sur ce qui est commun à tous les êtres humains, sans, pour cela, lui enlever ce qui lui est particulier. On aurait tort de croire à une finalité obscurantiste de la religion. La religion n’est qu’une des façons parmi les autres que l’humanité à trouver pour se solidariser. Une religion n’est qu’un système social, variable dans le temps et dans l’espace…descriptif de liens sociaux, et non normatif en « morale ».

L’ennemi est ailleurs. Il est dans la motivation individualiste qui veut se singulariser et se différencier de « l’esprit commun ». Il y aura toujours des opportunistes, des motivations masquées, et des hypocrites, et puis des « montreurs du doigt » qui amalgameront toujours l’ensemble à sa partie la plus médiocre. Pourquoi ? Tout simplement parce que la potentialité de l’homme s’inscrit dans le meilleur comme dans le pire, et y cherche cette efficacité supérieure que lui réclame la sélection naturelle.

Le rituel est  une occupation puérile. Elle l’est certainement pour beaucoup, mais c’est aussi une façon de se reconnaitre comme étant adhérant de … et s’empêcher de l’oublier. Et puis le rituel interroge sur son adhésion et sur sa propre constance. Le rituel peut aussi être laïque. Que fait-on d’autre en se disant « bonjour » même si on ne le pense pas ? Que fait-on d’autre en se parlant, si ce n’est adhérer à un rituel de communication qui n’a d’autre finalité que le dialogue, c’est-à-dire le contraire de deux monologues. La vie de n’importe quel être humain EST rituel du lever au coucher, de la naissance à la mort.

C’est par sa controverse intérieure que l’individu progresse. Il ne suffit pas de se contenter de posséder des nombres pour « être », il faut rajouter d’autres nombres à ceux que l’on possède déjà pour « devenir ». On est l’information que l’on contient. Vivre, c’est apprendre. Surtout ce que l’on est pas.

main Zebre

ainsi même un culte déviant,  outil des forces d’obscurité peut se révéler un objet d’élévation si une belle âme le rencontre et le transmute en elle-même : « Dieu éclaire qui il veut »

6 août 2013 Posted by | Pépiements, Religion | , | Laisser un commentaire

Lumière est silence

calligraphie d'oiseau rouge

Il viendra un temps où la langue rejoindra le cœur
Le cœur rejoindra l’âme
L’âme rejoindra le secret (sirr)
Et le secret rejoindra la Vérité (Haqq)
Le cœur dira à la langue « silence ! »
Le secret dira à l’âme, « silence ! »
Et la lumière intérieure dira au secret, « silence ! »
-ANSARI

20 mai 2013 Posted by | Pépiements, Spiritualités | , | Laisser un commentaire

Une prophétie christique pour l’Afrique

Le samedi 10 Septembre 1921, vers 9h00, à Mbanza-Nsanda, petite localité du Bas-Congo, la veille de son arrestation par le pouvoir colonial belge, Simon KIMBANGU, dans l’enclos en rameaux, le visage grave, le regard vif, s’adressa à la foule en ces termes :

« Mes Frères, l’Esprit est venu me révéler que le temps de me livrer aux autorités est arrivé. Tenez bien ceci : avec mon arrestation, commencera une période terrible d’indicibles persécutions pour moi-même et pour un très grand nombre de personnes. Il faudra tenir ferme, car l’Esprit de notre Dieu Tout-Puissant ne nous abandonnera jamais. Il n’a jamais abandonné quiconque se confie en Lui.
« Les autorités gouvernementales (coloniales) vont imposer à ma personne physique un très long silence, mais elles ne parviendront jamais à détruire l’œuvre que j’ai accomplie, car elle vient de notre Dieu, le Père. Certes, ma personne physique sera soumise à l’humiliation et à la souffrance, mais ma personne spirituelle se mettra au combat contre les injustices semées par les peuples du Monde des Ténèbres qui sont venus nous coloniser.
« Car j’ai été envoyé pour libérer les Peuples du Kongo et la Race Noire Mondiale. L’Homme Noir deviendra Blanc et l’Homme Blanc deviendra Noir. Car les fondements spirituels et moraux, tels que nous les connaissons aujourd’hui, seront profondément ébranlés. Les guerres persisteront à travers le monde. Le Kongo sera libre et l’Afrique aussi.
« Mais les décennies qui suivront la libération de l’Afrique seront terribles et atroces. Car tous les premiers gouvernants de l’Afrique libre travailleront au bénéfice des Blancs. Un grand désordre spirituel et matériel s’installera. Les gouvernants de l’Afrique entraîneront, sur le conseil des Blancs, leurs populations respectives dans des guerres meurtrières et s’entretueront. La misère s’installera. Beaucoup de jeunes quitteront l’Afrique dans l’espoir d’aller chercher le bien-être dans les pays des Blancs. Ils parleront toutes les langues des Blancs. Parmi eux, beaucoup seront séduits par la vie matérielle des Blancs. Ainsi, ils deviendront la proie des Blancs. Il y aura beaucoup de mortalité parmi eux et certains ne reverront plus leurs parents.
« Il faudra une longue période pour que l’Homme Noir acquière sa maturité spirituelle. Celle-ci lui permettra d’acquérir son indépendance matérielle. Alors s’accomplira la Troisième étape. Dans celle-ci naîtra un Grand Roi Divin. Il viendra avec ses Trois Pouvoirs : Pouvoir Spirituel, Pouvoir Scientifique et Pouvoir Politique.
« Je serai Moi-même le Représentant de ce Roi. Je liquiderai l’humiliation que, depuis les temps les plus reculés, l’on n’a cessé d’infliger aux Noirs. Car, de toutes les races de la Terre, aucune n’a été autant maltraitée et humiliée que la Race Noire.
« Continuez à lire la Bible. A travers ses écrits, vous arriverez à discerner les actes de ceux qui sont venus vous apporter ce livre et les écrits ou principes moraux contenus dans ce livre.
« Nous aurons notre propre Livre Sacré, dans lequel sont écrites des choses cachées pour la Race Noire et le Peuple du Kongo. Un Instructeur viendra avant mon RETOUR pour écrire ce Livre et préparer l’arrivée du Roi. Il sera combattu par la génération de son temps, mais petit à petit, beaucoup de gens comprendront et suivront son enseignement. Car sans cet Enseignant, qui préparera les Peuples Kongo ? Car l’arrivée du Roi sera très meurtrière et sans pardon.
Alors, il faut que les Peuples du Kongo soient instruits avant cet événement.
« Vous ne savez pas encore ce que c’est qu’une guerre spirituelle. Quand les Peuples Kongo commenceront à se libérer, tout pays qui osera attaquer le Kongo sera englouti sous les eaux. Vous ne connaissez pas encore la puissance de Ceux qui sont envoyés par le Père Tout-Puissant.
« A quoi sert à l’homme de s’attaquer à Dieu si, le jour de sa mort, même s’il avait beaucoup de biens matériels, il n’a même pas le temps d’arranger son doigt ? Vous ne savez pas de quoi est faite votre vie et pourquoi vous vivez. Car, exister physiquement c’est apparaître comme presque rien.
Pourquoi tuer son prochain et espérer rester en vie, et pour combien de temps ?
Dieu n’est pas le temps, ni l’espace. Il est un TOUT dans le TOUT.

La génération du Kongo perdra tout. Elle sera embrouillée par des enseignements et des principes moraux pervers du monde Européen. Elle ne connaîtra plus les principes maritaux de ses Ancêtres. Elle ignorera sa Langue Maternelle. Alors je vous exhorte à ne pas négliger ni mépriser vos langues maternelles. Il faut les enseigner à vos enfants et à vos petits enfants. Car viendra un temps où les langues des Blancs seront oubliées. Dieu le Père a donné à chaque groupe humain une langue qui sert comme d’une « alliance de communication »…

(Extraits de la Prophétie du Grand Prophète Simon KIMBANGU, Samedi 10 septembre 1921 à Mbanza-Nsanda, Kongo-Central).

la chouette_bw

A toutes fins utiles, je vous donne ci-dessous quelques repères biographiques :
Simon KIMBANGU, dont le nom signifie : « Celui qui révèle les choses cachées », est né à NKAMBA, petit village du Kongo-Central, le 12 septembre 1887. Après des études primaires à la Mission protestante de Ngombe-Lutete, KIMBANGU se marie à Marie MUILU qui lui donne trois enfants : KISOLOKELE (né en 1914), DIALUNGANA (né en 1916), DIANGIENDA KUNTIMA (né en 1918).
A partir de 1910, Simon KIMBANGU commence à entendre l’appel de l’Esprit de Dieu qui lui demande de « paître son troupeau. » A plusieurs reprises, KIMBANGU refuse d’obéir à l’appel en expliquant qu’il n’est pas à la hauteur d’une si haute et importante mission. Il se réfugie même à Léopoldville pour échapper à la « Voix », et trouve du travail aux Huileries de Kinshasa. Il y travaille sans être rémunéré, et déçu, il revient à NKAMBA où, le 6 avril 1921, au hameau de Ngombe Kinsuka, l’Esprit de Dieu lui intime l’ordre de ressusciter une petite fille, NKIATONDO, qui venait tout juste de mourir.
Ce premier miracle de KIMBANGU va amorcer ce que les historiens ont appelé le « semestre effervescent » (du 6 avril au 12 septembre 1921), une intense période de prédication et de miracles qui va secouer l’Empire Colonial Belge, l’Angola et même le Kongo Français.
KIMBANGU prêchait et guérissait à peine depuis 36 jours quand le commissaire de district envoie Léon MOREL, administrateur du Territoire des Cataractes, enquêter sur « le cas de l’Illuminé de Nkamba ». Nous sommes le 11 mai 1921.
Dès le mois de juin 1921, suite aux persécutions coloniales, orchestrées essentiellement par les MISSIONNAIRES CATHOLIQUES ET PROTESTANTS, qui voient leurs églises se vider progressivement de leurs fidèles, KIMBANGU entre en clandestinité et séjourne notamment à Mbanza-Nsanda où Il fera la terrible Prophétie( extraits ci-dessus).
Le 12 Septembre 1921, KIMBANGU est arrêté puis transféré à Thysville (Mbanza-Ngungu) où il est sommairement jugé et condamné à mort. Mais peu après, le Roi des Belges, Albert 1er commue cette peine en PRISON A VIE. KIMBANGU est alors acheminé, manu militari, à Elisabethville (Lubumbashi) où Il passera 30 (TRENTE) ans dans une minuscule cellule de 80cm sur 1,20m, sans aération et sans conditions hygiéniques appropriées : son lit était un bloc de ciment, – chaque matin, il était plongé dans un profond puits contenant de l’eau froide et salée afin d’accélérer sa mort !
Deux jours avant sa mort, soit le 10 octobre 1951, le Grand Prophète KIMBANGU annonce à ses co-détenus que sa détention est terminée et qu’il mourrait le vendredi 12 octobre 1951 à 15 heures précises !
Le 12 octobre 1951, après avoir dit ses adieux à ses gardes et à ses co-détenus, KIMBANGU frappe trois coups de poings sur les côtes droite et gauche, puis s’étant allongé sur sa couverture placée à terre, meurt paisiblement non sans avoir au préalable prophétisé des épreuves terribles pour la Belgique et l’Occident dans les temps futurs…

Dans sa prédication, KIMBANGU, annonçait souvent la libération prochaine de l’Afrique et du « Congo » de la domination coloniale d’abord et de la domination occidentale en général par la suite. Cette libération devrait, selon lui, s’effectuer en 3 étapes : la première, connue sous le nom des « Indépendances Africaines » des années 1960; Les deux autres étapes constituent encore un mystère..  sommes-nous peut-être déjà engagés dans le processus qui conduit vers… »la Deuxième Indépendance » ?
Avant sa mort, il créa un puissant Mouvement Spirituel, qu’Il appela « KINTUADI » (= l’Union, l’Unité, la Communauté), voué à la libération totale de l’homme noir. Il se présenta d’ailleurs lui-même comme le sauveur de la race noire et Il réaffirmera ceci très solennellement lors de son procès à Thysville (Mbanza-Ngungu) devant Monsieur de Rossi, président du Conseil de Guerre institué pour la circonstance. Ce que n’acceptent pas les missionnaires catholiques et protestants et autres dignitaires religieux africains.
Les membres du Mouvement KINTUADI furent l’objet de nombreuses persécutions et déportations de leur Kongo-Central natal vers plusieurs localités de l’Equateur, du Haut-Congo et du Katanga comme Ekafela, Ubundu, Lowa, Elisabethville.
Le nombre de fidèles déportés de 1921 à 1959 dépassera les 150.000 ! Beaucoup d’entre eux ne revinrent jamais au Kongo-Central et moururent en déportation, dans les travaux forcés, sous le coup des fouets et les interminables bastonnades !
Après la mort de KIMBANGU à Elisabethville, son fils cadet, Joseph DIANGIENDA KUNTIMA, (ancien Secrétaire du Gouverneur Colonial de la Province du « Congo-Kasaï », Monsieur PEIGNEUX) fonde, le 24 décembre 1959 une Eglise d’inspiration Chrétienne qu’il baptise : EGLISE de JESUS-CHRIST sur la terre par le prophète SIMON KIMBANGU (EJCSK).

Cette Église, connue plus tard sous le nom d’Église KIMBANGUISTE, devient en 1969 membre à part entière du Conseil Œcuménique des Églises, dont le siège est à Genève, semblant ainsi s’éloigner au combat historique et militant du Mouvement KINTUADI et à son programme politico-spirituel visant la réhabilitation totale et inconditionnelle de l’homme dans le monde entier !

Il reste que Simon KIMBANGU, par les valeurs d’universalisme et d’ouverture de conscience qu’il propage, se révèle probablement un grand instructeur à destination des populations d’origine Africaine. Il y est révéré comme tel.

25 avril 2013 Posted by | Géopolitique, Histoire, Pépiements | | Laisser un commentaire

Le « mariage gay » ou la dictature de la confusion

La question du mariage gay appelle dix remarques.
Bertrand VERGELY

main Caracol

I) Il importe d’abord de distinguer la question de l’homosexualité de celle du mariage gay. L’homosexualité appartient à la sphère privée et renvoie à une histoire singulière. C’est ainsi, il y a des personnes dans la société dont la manière d’aimer consiste à aimer une personne du même sexe. Pourquoi en est-il ainsi ? Nous n’en savons rien et nous ne le saurons sans doute jamais, tant il y a de raisons possibles à cela. Toujours est-il qu’il s’agit là d’une réalité que la société se doit de respecter en offrant aux couples homosexuels une protection de leur vie privée au même titre que celle dont peut jouir chaque citoyen.

II) Le mariage gay relève en revanche d’une question qui regarde tout le monde, celui-ci étant appelé à bouleverser de manière irréversible la norme en vigueur en établissant une nouvelle norme en matière de famille, de filiation et de transmission, s’il vient à être adopté.

III) À l’origine, le mariage est une donnée naturelle. C’est ainsi, pour faire naître la vie un homme et une femme s’unissent et procréent un enfant. En établissant le mariage comme institution, la société a donné un cadre juridique à cette donnée naturelle afin de la protéger.

IV) Il s’avère qu’aujourd’hui le mariage, la filiation et la transmission ont changé de sens. La procréation n’est plus l’unique sens du mariage, le mariage-sentiment ayant tendance à l’emporter sur le mariage-procréation. De même, l’enfant n’a plus pour unique sens d’être le fruit de l’union d’un couple, le désir d’enfant introduisant des demandes d’enfants de la part de personnes seules ou des demandes d’adoption ou de procréation assistée de la part de couples stériles.

V) La question qui se pose dès lors  et qui concerne tous les couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, est celle de savoir si le sentiment doit devenir l’unique sens du mariage et si le désir d’enfant d’où qu’il vienne doit devenir la raison d’être de ce dernier. Elle est également le fait de savoir si ce qui se fait doit devenir la norme de ce qui est.
Si tel est le cas, il faut savoir que rien ne va pouvoir s’opposer formellement  à ce qu’on lève désormais l’interdit de l’inceste au nom du droit de s’aimer pour tous. Le sentiment en dehors de toute donnée naturelle devenant la norme, au nom de l’amour un père pourra réclamer d’épouser sa fille voire son fils, une mère  son fils voire sa fille, une sœur son frère ou sa sœur, un frère sa sœur ou son frère.
Si tel est le cas, tout étant noyé dans l’amour érigé en droit au-dessus de toute réalité, plus personne ne sachant qui est qui, il y aura fatalement une crise d’identité et avec elle un problème psychique majeur. Les tendances psychotiques générées par l’individualisme hédoniste pour qui le réel n’existe pas et ne doit pas exister vont se renforcer.

Un père étant aussi un amant et une mère une amante, il va devenir impossible de parler de père et de mère et donc de savoir qui a autorité pour élever des enfants. En ce sens, la famille va littéralement exploser.

Enfin, l’interdit de l’inceste étant levé, c’est le sens même du devenir de l’être humain qui va être atteint, le sens de cet interdit  étant de rappeler aux êtres humains qu’ils sont faits pour devenir, en épousant, non seulement un autre hors de sa famille mais aussi de son sexe et non pour demeurer dans la même famille et le même sexe.
En ce sens, le législateur qui va devoir se prononcer sur le mariage homosexuel a de lourdes responsabilités. S’il décide de faire du mariage une affaire de droit et de sentiment en dehors de toute donnée naturelle, il introduira dans la cité la ruine possible de l’identité psychique, de la famille ainsi que du devenir symbolique de l’être humain.

VI) Au-delà de cette question qui concerne tout le monde, les hétérosexuels comme les homosexuels, la question du mariage gay pose un certain nombre de questions qu’il importe d’examiner avec attention, la principale d’entre elle étant celle du même. Au nom de l’égalité et du refus d’établir des discriminations, est-il possible d’établir une équivalence entre tous les couples ? Trois éléments  s’y opposent.

VII) En premier lieu, pour une simple question de réalité et de donnée objective, on ne peut pas mettre sur le même plan hétérosexualité et homosexualité, un homme et une femme n’étant pas la même chose que deux hommes et deux femmes. Les couples hétérosexuels ne sont pas des couples homosexuels ni les couples homosexuels des couples hétérosexuels. Établir une équivalence entre les deux revient à nier la réalité en opérant une grave confusion entre genre et pratique.
Avant d’être une pratique, l’hétérosexualité est un genre et pas une pratique, alors que l’homosexualité est une pratique et non un genre. La preuve : pour être homosexuel, il faut d’abord être homme ou femme. Si demain, au nom de l’égalité, tout est mis sur le même plan, la pratique particulière dictant ses lois au genre, un processus dangereux va s’engager à savoir celui de la disparition à plus ou moins long terme de la différence sexuée. On va alors assister à un effet dictatorial. Pour que les homosexuels puissent exercer leur droit à l’égalité, l’humanité va être interdite de faire une différence entre homme et femme, voir dans l’hétérosexualité un fondement et non une pratique étant considéré comme une pratique discriminatoire. Une nouvelle humanité va voir alors le jour. Nous vivions jusqu’à présent dans un monde marqué par la différence. Nous allons connaître un monde nouveau fondé sur l’indifférenciation. Quand on sait que la différence est le propre du vivant et l’indifférencié le propre de la mort, un principe de mort va désormais servir de principe pour guider l’humanité.

VIII) La difficulté soulevée par l’équivalence décrétée entre tous les couples se retrouve au niveau des enfants. Comme il semble qu’on l’ait oublié, il importe de rappeler qu’un couple homosexuel ne peut pas avoir d’enfants. On peut le déplorer, mais c’est ainsi, deux hommes et deux femmes ne peuvent pas procréer. Ceci veut dire que, pour qu’il y ait procréation l’homme a besoin de la femme et la femme de l’homme.

Les homosexuels réclament de pouvoir avoir un enfant. Ils se fondent pour cela sur le droit qui est accordé aux couples hétérosexuels d’adopter ou de procéder à une procréation médicalement assistée. Ils oublient ou font semblant d’oublier que ce n’est pas le droit qui les empêche d’avoir un enfant mais la Nature.

Certes, un couple hétérosexuel peut adopter ou passer par la procréation assistée afin d’avoir un enfant. Il importe de souligner toutefois qu’un enfant adopté par un couple hétérosexuel n’a pas  et n’aura jamais le même sens qu’un enfant adopté par un couple homosexuel. Lorsqu’un couple hétérosexuel adopte un enfant, il le fait pour pallier un problème de stérilité. Lorsqu’un couple homosexuel veut adopter un enfant, il le fait pour contourner une impossibilité. Le registre symbolique n’est pas le même, vouloir contourner une impossibilité à l’aide d’une loi nous situant dans le domaine de la fiction prométhéenne et non plus dans celui de la réalité humaine.

Jusqu’à présent, la rationalité de la société repose sur la notion de limite et avec elle sur l’idée que tout n’est pas possible. Tout ne se décrète pas. Tout ne se fabrique pas. Limite positive autant que protectrice, l’idée que tout ne se décrète pas nous préservant de la dictature du Droit et l’idée que tout ne se fabrique pas nous préservant de la dictature de la Science. Avec le mariage gay et l’ouverture à la possibilité pour couples gays de recourir à l’adoption ainsi qu’à la procréation médicalement assistée, il va en être autrement. L’idée que rien n’est impossible va voir le jour en enterrant la notion de limite. Voyant le jour, plus rien ne va nous protéger de la dictature du Droit et de l’idée que tout peut se décréter. Plus rien ne va nous protéger de la dictature de la Science et de l’idée que tout peut se fabriquer. On obéissait à la Nature qui, comme le dit Montaigne, est « un doux guide ». Nous allons désormais obéir à la Science et au Droit. La Nature évitait que l’Homme n’obéisse à l’Homme.  Désormais, l’Homme va obéir à l’Homme sans que l’Homme n’obéisse à quoi que ce soit. Dostoïevski au 19e siècle comme Léo Strauss au 20e siècle voyaient dans le « Tout est possible » l’essence du nihilisme. Ils redoutaient comme Nietzsche que celui-ci n’envahisse l’Europe en ne se faisant aucune illusion cependant à ce sujet. Avec le mariage gay, l’adoption et la procréation assistée pour couples gays, le « Tout est possible » va devenir une réalité et, avec lui, le nihilisme sous la forme du triomphe sans partage de la Science, du Droit et de l’Homme.

IX) Dans le même ordre d’idées, il importe de distinguer un enfant que l’on fait d’un enfant que l’on fait faire. Quand un couple fait un enfant, l’enfant est une personne. Le fait de faire un enfant se passant entre des personnes qui s’aiment et pour qui l’enfant n’est pas une marchandise ni l’objet d’un trafic. Quand on fait faire un enfant par un tiers, l’enfant n’est plus une personne, mais un objet voire une marchandise dans un trafic. Témoin le fait de louer le ventre d’une mère porteuse ou les services d’un géniteur.

Lionel Jospin faisait remarquer qu’il n’y a pas un droit à l’enfant, mais un droit de l’enfant. Si le mariage gay avec procréation assistée est adopté, le droit de l’enfant va être sacrifié au profit du droit à l’enfant. Sous prétexte de donner un droit à l’enfant aux homosexuels, l’enfant considéré comme objet n’aura plus droit symboliquement au statut de personne. Alors que le monde des droits de l’homme s’efforce de lutter contre la réification de ce dernier, au nom du droit à l’enfant, on va réifier ce dernier.

Il va y avoir en outre des questions pratiques à gérer. D’abord le coût. Pour qu’un couple d’hommes puisse avoir un enfant, il va falloir louer le ventre d’une mère porteuse. Ce qui n’est pas donné, le prix moyen se situant entre 80.000 et 100.000 euros. Comme les couples gays vont réclamer que la facture soit réglée par la Sécurité Sociale au nom du droit à l’enfant pour tous et de l’égalité, comment celle-ci va-t-elle faire pour faire face à cet afflux de dépenses au moment où son déficit se creuse ? Qui va payer et comment ?

Par ailleurs, l’État prenant en charge les mères porteuses, il va falloir aller chercher celles-ci ou bien créer un service spécial. L’État se refuse à devenir un État proxénète en autorisant et en organisant le trafic du sexe de la femme. Pour que la procréation médicalement assistée puisse exister, il va falloir qu’il devienne quelque peu trafiquant et qu’il organise le trafic des ventres. Ce qui ne va pas être une mince affaire. Quand un couple ne sera pas content du bébé d’une mère porteuse et qu’il décidera de le rendre, que va-t-on faire ? Obliger le couple à garder l’enfant ? En faire un orphelin ? Payer la mère porteuse pour qu’elle le garde ? Et qui payera le psychiatre qui devra soigner  l’enfant ainsi ballotté et quelque peu perturbé ?

X)    Ce problème rencontré dans le fait de faire faire un enfant va se retrouver avec celui de l’éduquer. Une chose est d’avoir un père et une mère, une autre d’avoir deux pères ou deux mères. Obliger un enfant à naître et à grandir dans un couple homosexuel va se confondre avec le fait d’interdire à un enfant de savoir ce qu’est le fait d’avoir un père et une mère. A-t-on le droit d’enlever ce droit à un enfant ? Si tel est le cas, cela voudra dire que pour que les homosexuels aient droit à l’égalité les enfants des couples homosexuels seront condamnés à ne pas être des enfants comme les autres.

Certes, les orphelins n’ont pas leur père ou leur mère. Mais, il s’agit là d’un accident et non d’une décision. Avec le droit pour couples gays d’avoir un enfant, les orphelins ne seront pas le produit d’un accident de la vie mais d’une institutionnalisation délibérée. Ils seront obligés par la société de n’avoir soit pas de père, soit pas de mère.

À cette situation qui ne manquera pas de produire à un moment ou à un autre des mouvements de révolte s’adjoindra une autre difficulté. L’enfant de couples gays n’aura pas droit à une origine réelle, mais à une origine absente. À la case père ou mère il y aura un blanc. Ce qui n’est pas simple à porter. Qu’on le veuille ou non, l’enfant ne pourra pas ne pas se sentir coupable, la propension naturelle des enfants étant de se culpabiliser quand l’équilibre familial n’est plus respecté.

En conclusion, les partisans du mariage gay, de l’adoption et de la procréation médicalement assistée pour couples gays rêvent quand ils voient dans ce projet un progrès démocratique sans précédent. Ils croient que tout va bien se passer. Cela ne va pas bien se passer. Cela ne peut pas bien se passer pour la bonne raison que tout a un prix.

Ne croyons pas que l’on va remettre la différence sexuée en voyant en elle une pratique parmi d’autres sans que cela ait des conséquences. N’imaginons pas que des enfants fabriqués, à qui l’on aura volé leur origine, seront sans réactions. Ne pensons pas que la disparition des notions de père et de mère au profit de termes comme parent I ou parent II permettront l’existence d’une humanité plus équilibrée et mieux dans sa peau.

On prétend résoudre des problèmes par ce projet de loi. On ne va pas en résoudre. On va en créer. Le 20e siècle a connu la tragédie du totalitarisme et notamment du projet insensé de créer un homme nouveau à travers une race ou une classe. Ne cédons pas à la tentation de fabriquer un homme nouveau grâce à la Science et au Droit. Tout ne se décrète pas. Tout ne s’invente pas. Il existe des données naturelles de la famille. N’y touchons pas. Ne jouons pas avec le feu. Ne jouons pas à être des apprentis sorciers. Le Tao voit dans la complémentarité entre le féminin et le masculin une loi d’équilibre dynamique fondamentale de l’univers. Ne touchons pas à cette loi d’équilibre.

Nous avons tous des amis homosexuels que nous respectons, que nous estimons et que nous aimons. Qu’ils soient d’une profonde moralité, nous n’en doutons pas. Qu’ils soient capables d’élever un enfant, nous n’en doutons pas non plus. Qu’un enfant puisse être plus heureux dans un couple homosexuel que dans certains couples hétérosexuels, nous n’en doutons pas une fois encore. Que cela soit une raison pour légaliser le mariage gay et permettre l’adoption ou la procréation médicalement assistée pour couples gays, c’est là une erreur.

Une chose est une loi, une autre est un cas particulier. On ne fait pas une loi avec des cas particuliers, mais à partir d’une règle tenant compte de tout ce qu’il y a derrière. S’agissant du mariage gay avec adoption et procréation médicalement assistée, il y a derrière une telle règle trop de choses dangereuses et graves pour que celle-ci puisse devenir une loi allant dans le sens des intérêts fondamentaux de l’être humain.

La Gauche a le pouvoir à l’assemblée et peut décider de passer en force grâce au nombre de ses voix et ce afin de paraître de gauche. Elle peut choisir de préférer la Gauche à l’être humain. Elle s’honorera de choisir l’être humain plutôt que la Gauche, sachant qu’en servant l’être humain elle est sûre de servir ses propres intérêts alors que l’inverse n’est pas sûr. Tant il est vrai que l’on n’a jamais intérêt à scandaliser l’honnête homme en l’obligeant à devoir se soumettre par la contrainte à ce que sa raison répugne à accepter par respect pour la raison.

Le mariage gay qui nous propose une grande noyade collective dans l’amour n’est pas raisonnable. La mise en question de la distinction entre homme femme ravalée au rang de pratique sexuelle n’est pas raisonnable. Vouloir avoir un enfant à tout prix en recourant soit à l’adoption, soit à un père donateur, soit à une mère porteuse n’est pas raisonnable. Ne plus parler de père et de mère mais de deux pères ou de deux mères n’est pas raisonnable. En un mot, bidouiller une famille grâce à un montage juridico-médical et appeler cela famille n’est pas raisonnable. Les mots ont du sens quand ils renvoient à une réalité. Quand ils ne sont plus que ce que l’on décide qu’ils doivent être, on n’est plus dans le domaine du sens, mais de la confusion. Le règne de la confusion, sa dictature et avec elle la confusion des esprits et des comportements, n’est-ce pas ce dont nous souffrons déjà et qui risque de nous engloutir ? Est-il besoin d’en rajouter ?

16 janvier 2013 Posted by | Pépiements, Valeurs | , | 4 commentaires

La paille et la poutre

« Pourquoi se focaliser sur la paille remarquée dans l’œil d’autrui, sans être attentif à la poutre que l’on a dans son propre œil ?
Tu te permets de dire à ton frère : laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil alors que tu ignores la poutre qui est dans le tien ! Quelle mauvaise appréciation ! Enlève d’abord la poutre de ton œil, alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère ! » Luc 6, 39-42

Des aveugles qui prétendent guider des aveugles, il y en a des quantités : dans les institutions politiques, religieuses, dans les bastions idéologiques… L’actualité nous en donne de multiples versions. Et le risque de tomber tous dans le trou mortel à cause de leurs déficiences n’est pas illusoire ! Or ce texte offre quelques clés libératrices, car dans la Bible, l’œil, ce n’est pas simplement l’organe biologique qui permet de voir grâce au nerf optique relié au cerveau. De même que la main (yad) représente toute activité humaine, l’œil des paraboles exprime le regard que l’on porte sur le monde et sur les autres. C’est la vision du monde de chacun, constituée de l’éducation reçue, de l’expérience que l’on a de la vie, et des convictions spirituelles et politiques que l’on a adoptées.

L’histoire de la paille et de la poutre a trop souvent été réduite à une petite leçon de morale, dans le but de respecter l’autre, ce qui n’est déjà pas si mal. Mais on peut déceler dans ce texte une sagesse de vie plus subtile et plus décapante, efficace au plan individuel, certes, mais aussi adaptable à des problématiques collectives.

La poutre : Jésus qui a travaillé le bois comme charpentier sait de quoi il parle. La poutre qui sous-tend mon regard sur autrui est faite de tout ce qui me constitue intérieurement. C’est la charpente (voulue ou subie) de mon édifice intérieur, et ce support d’une cohérence est indispensable à chacun. On peut d’ailleurs constater les résultats désastreux en termes de pensée ou d’acte chez des êtres qui n’ont aucune charpente. Ce qui est signifiant pour une personne l’est aussi pour un groupe, une nation, un parti, une Eglise.

La paille, dans l’évangile, évoque simultanément le moment généreux de la moisson et l’enveloppe provisoire du grain qui, n’ayant pas de poids, (kavod) est appelée à disparaître.

La parabole de Jésus relatée par Luc met donc en parallèle la poutre, c’est-à-dire la logique de rapport au monde qui anime chacun, avec la paille, le signe témoin que quelqu’un a recueilli des grains de la moisson, autrement dit, les fruits reconnaissables de ses bonnes actions. C’est précisément là que porte l’enseignement de Jésus qui invite au discernement : pourquoi se focaliser sur la paille présente dans l’œil du voisin, ce qui est au fond le signe infime qu’il a tenu dans ses mains les grains de sa moisson (ses actes positifs), alors que l’on est soi-même inconscient de la poutre – maîtresse hypertrophiée qui déforme le regard que l’on porte autour de soi.

Rideau-tapis

En d’autres termes, si mon système de pensée spirituel ou idéologique fait obstacle à ma perception des réalités humaines, il faut le modifier, car ce qui compte c’est ma fidélité au réel, concernant les êtres humains qui m’entourent ou les situations que je rencontre dans la société. La paille dans le regard de l’autre dérange, mais peut-être est-ce simplement le défaut de ses qualités, moins problématique que la place prise par ma poutre, c’est à dire mes critères personnels devenus trop rigides pour garantir ma lucidité.

En résumé, il semble que Jésus vise le plein exercice de la liberté par chacun, et pour qu’il soit possible de penser et d’agir sans être l’otage d’une idéologie, il cherche à désencombrer l’esprit et le cœur. Il désire que ses disciples soient au plus près du réel, et qu’ainsi leur conscience des réalités ne devienne jamais un système-écran, dommageable pour eux-mêmes et pour les autres. Une vision du monde, si enthousiasmante soit-elle, peut secréter un conformisme et une langue de bois qui désamorcent toute initiative de transformation. »

extrait de : « la paille et la poutre »  © Abbé Alain René Arbez

3 décembre 2012 Posted by | Pépiements, Religion | | Laisser un commentaire