Les dits de la Huppe

echos des sept vallées

Montagnes sacrées : MontSalvat, Mont Meru, MontQaf et autres ascensions

source NewDawn traduit par Hélios

Loin au nord, quelque part près des régions glacées du Pôle nord, une légende parle d’une civilisation ancienne et presque oubliée. D’un caractère mythique, on dit que la civilisation hyperboréenne a été florissante dans les régions les plus septentrionales de la planète à une époque compatible avec un habitat humain.
Selon certains systèmes ésotériques et traditions spirituelles, l’Hyperborée constituait le début de la civilisation terrestre et céleste. Le foyer de l’Homme originel. Certains récits postulent que l’Hyperborée était le jardin d’Éden de l’origine, l’endroit où les plans terrestres et célestes se rejoignaient. Et on dit que l’Homme transgressa la Loi divine dans cette civilisation de l’Âge d’Or, le prix ultime étant son bannissement dans le monde extérieur. L’homme s’aventura dans d’autres régions de la Terre, établit de nouvelles civilisations et mit un terme à ce grandiose et glorieux Âge d’Or.
carte hyperborée
L’Âge d’Or est au centre de multiples traditions et mythes anciens. Il est significatif que l’Âge d’Or apparaisse plus fréquemment dans les traditions des cultures s’étendant de l’Inde à l’Europe du nord – la région directement sous la région des pôles.
Joscelyn Godwin, dans Arktos, le mythe du pôle dans la science, symbolisme et survie des nazis, dit :
« La mémoire ou l’imaginaire d’un Âge d’Or semble être une particularité des cultures qui couvrent une zone entre l’Inde et l’Europe du nord… Mais dans le Moyen-Orient antique subsiste un indéniable vestige de l’Âge d’Or de la Genèse, un jardin d’Éden où l’humanité marchait en compagnie des dieux avant la Chute. Les égyptiens parlaient d’époques passées où régnaient des dieux-rois. La mythologie babylonienne… comportait un système de trois âges, chacun durait le temps que l’équinoxe vernal (de printemps) faisait une précession de quatre signes du zodiaque ; le premier, sous la domination d’Anu, l’Âge d’Or, se termina avec le Déluge. Les textes de l’Avesta en Iran racontent le règne d’or de Yima pendant mille ans, le premier homme et le premier roi, et pendant son règne le froid et la chaleur, la vieillesse, la mort et la maladie étaient inconnus. »
La théorie la plus complète de ce genre et probablement la plus ancienne, est la doctrine hindoue des quatre Yugas. Les quatre âges de cette chronologie sont le Krita ou Satya Yuga, le Treta Yuga, le Dvapara Yuga et le Kali Yuga, la totalité de la période constituant un Mayayuga. Le Kritayuga correspond à l’Âge d’Or, le Kali Yuga à la période actuelle.
Chaque description de la période de l’Âge d’Or raconte comment les ‘dieux’ marchaient avec les hommes dans un environnement parfait et harmonieux, équilibre entre le terrestre et le céleste. L’humanité ne souffrait d’aucune maladie et des atteintes de la vieillesse dans ce paradis hors du temps. Après la Chute, l’homme ‘tomba’ dans le Temps et la souffrance, renonçant au cadeau d’immortalité.
Madame Blavatsky, la fondatrice de la Société Théosophique, prétendait que la ‘seconde race de base’ était originaire d’Hyperborée, avant les races ultérieures de Lémurie et d’Atlantide. Le métaphysicien russe Alexandre Dugin dit que c’était la patrie des ‘peuples solaires’, en lien avec ce qu’on nomme aujourd’hui la Russie nordique.  »Les peuples solaires », explique Alexandre Dugin, sont d’un  »type culturel-spirituel » créatif, dynamique et spirituel. Ils sont l’opposé des  »peuples lunaires », type psycho-spirituel, matérialistes, conservateurs et qui se méfiaient de tout changement.
Les grecs anciens avaient une légende de l’Hyperborée, le pays du soleil perpétuel au-delà du ‘vent du nord’. Hécate (autour de – 500) dit que l’endroit sacré des hyperboréens, qui était construit  »d’après le schéma des sphères », réside  »dans les régions au-delà du pays des Celtes » sur  »une île dans l’océan ». Selon des récits populaires, le temple du dieu Apollon à Delphes aurait été bâti par des membres de l’Hyperborée. Le poète grec lyrique Alcaeus (- 600) a chanté le voyage réel et mystique d’Apollon sur la terre des hyperboréens :
Ô roi Apollon, fils du grand Zeus, ce père qui t’a offert à ta naissance un bandeau d’or et une lyre en coquillage, qui t’a donné un chariot tiré par des cygnes, qui t’a conduit à Delphes…Mais les cygnes t’ont malgré tout emmené au pays des hyperboréens.
Le port d’une robe brodée d’une étoile par le roi et ‘dirigeant du monde’ est une coutume qu’on peut faire remonter aux hyperboréens. Brodées d’or sur une soie bleue, on trouvait les représentations du soleil, de la lune et des étoiles. De telles robes étaient portées par les rois de l’ancienne Rome dont Jules César, ainsi qu’Auguste et autres empereurs romains. Des statuettes en poterie découvertes dans une tombe de Yougoslavie montrent un Apollon hyperboréen dans un chariot tiré par des cygnes. Le dieu porte sur son cou et sa poitrine des images du soleil et des étoiles ; sur sa tête une couronne avec des rayons et un bandeau avec des dessins en zigzag. Sa robe, qui touche le sol est bleu foncé avec des dessins jaunes.
L’effondrement de l’Hyperborée
L’une des théories les plus populaires sur l’effondrement de l’Hyperborée parle d’une inclinaison physique de l’axe de la Terre. La transgression par l’homme de la Loi divine a entraîné un changement de l’équilibre métaphysique, dont l’effet fut catastrophique sur le plan terrestre. Julius Evola, le célèbre métaphysicien italien, explique qu’à ce moment-là le premier cycle de l’histoire s’est terminé et que le deuxième, l’atlante, a commencé :
« La mémoire de cet endroit de l’Arctique est le patrimoine des traditions de nombreux peuples, sous la forme soit d’allusions géographiques réelles, soit de symboles de son rôle et de sa signification originale, ou appliquée autrement à d’autres centres qu’on peut considérer comme des copies de l’original…par-dessus tout, on remarquera l’interaction entre le thème arctique et le thème atlantique…on sait que le phénomène astrophysique de l’inclinaison de l’axe de la terre cause un changement de climat d’une époque à une autre. De plus, comme le dit la tradition, cette inclinaison s’est passée à un moment donné et en fait par un alignement d’un fait physique et métaphysique, comme si le désordre de la nature reflétait une certaine situation d’ordre spirituel…en tout cas, ce n’est qu’à un certain moment que la glace et la nuit éternelle sont descendues sur la région polaire. Ensuite, avec l’émigration forcée de l’endroit, le premier cycle s’est fermé et le second s’est ouvert, démarrant la seconde grande ère, celle du cycle atlante. »
Le souvenir de l’Âge d’Or, bien que rapporté sous une forme archétypale ou mythologique, sert un but super-historique. C’est pourquoi le souvenir de l’ancienne civilisation de l’Atlantide est parfois intriqué avec celui de l’Hyperborée. Nous ne pouvons nous attendre à ‘prouver’ l’existence physique de ces civilisations. Tous les mythes sont connus pour avoir une base historique. Transmis au début par tradition orale, ils sont inclus dans un récit simple et accrocheur qui assure leur survie et leur transmission à travers les âges. Le mythe sert une fonction extrêmement vitale – la réminiscence de nos débuts, la connaissance de vers où nous allons et ce que nous sommes supposés faire. Ce n’est qu’aujourd’hui dans le Kali Yuga que nous nous sommes déconnectés de la tradition, perdant la capacité d’interpréter et de comprendre les mythes contenant les graines historiques de la vérité.
L’Hyperborée ramenée à la vie
La légende de l’Hyperborée a été ranimée aux 18ème et 19ème siècles quand un flot de livres a été publié, liés à l’idée que la civilisation est apparue d’abord non pas au Moyen-Orient, mais quelque part ailleurs.
La théorie populaire de l’époque postulait que les soi-disant ‘aryens’ (européens) étaient supérieurs et plus intelligents que les sémites (populations du Moyen-Orient). Donc, logiquement, la civilisation ne pouvait avoir démarré au Moyen-Orient et l’hébreu n’était probablement pas la langue originelle.
Les français du siècle des Lumières n’avaient aucun doute que l’Éden était situé sur une terre élevée. Les allemands de manière semblable, qui cherchaient leurs Lumières, tentaient aussi de se libérer d’une histoire liée aux régions méditerranéennes et moyen-orientales. Les érudits anglais et allemands étudiaient la civilisation de l’Inde ancienne (védique) et se penchaient sur la langue sanskrite. Beaucoup pensaient que le sanskrit était la langue d’origine des ‘aryens’.
Avec de nouvelles sources de connaissance venues de l’Égypte ancienne, de Chaldée, de Chine et d’Inde, les chercheurs marchaient sur un terrain dangereux, celui de la remise en question des origines de l’Homme. L’histoire biblique était toujours strictement soutenue et s’éloigner trop de cette frontière historique aurait pu vous réduire au silence.
Des écrivains comme Jean-Sylvain Bailly (1736-1793), le révérend Dr William Warren (années 1800), Bal Gangadhar Tilak (1856-1929) et H.S. Spencer (années 1900), ont sorti des théories, souvent empruntées à des sources antérieures, en tentant de prouver les origines de l’homme dans la région polaire.

 Le livre de Tilak, Patrie arctique (publié en 1903) commence en déclarant le fait bien connu qu’un climat chaud a existé dans les régions arctiques, qui montre que le climat était fort différent pendant la période interglaciaire. Selon Tilak, les scientifiques concèdent l’existence, dans le passé, d’un continent circumpolaire chaud, et de circonstances loin d’y être aussi défavorables qu’imaginé.

Tilak était convaincu que les anciens textes védiques indiquaient indéniablement un ‘royaume des dieux’ où le soleil se lève et se couche une fois par an, montrant que leurs écrivains pouvaient comprendre les conditions astronomiques du pôle nord.
Tilak, qui avait une parfaite maîtrise de la langue védique, plaçait l’existence du foyer arctique originel autour de – 10.000, juste avant sa destruction et le début du dernier âge glaciaire.
Son livre eut peu d’impact en occident mais fut populaire en Inde. Quand H.S. Spencer, érudit de Zoroastre, écrivit son livre Le cycle aryen écliptique (1965), un développement du travail de Tilak, il put obtenir l’approbation de Sir S. Radhakrishna, alors président de l’Inde. Ainsi que celle de dignitaires de la Société Théosophique à Adyar et de l’ashram de Sri Aurobindo à Pondichéry. L’approche de Spencer commençait non avec les écrits védiques mais avec ceux de Zoroastre, allant plus loin que Tilak sur les traces de la progression des aryens du nord vers leurs nouveaux foyers et les schismes dont ils furent la proie pendant leur voyage.
Les ‘aryens’ de Spencer ont fait sentir leur présence après avoir voyagé de tous côtés. Ils ont fondu les religions et les cultures de l’Égypte, de Sumer, de Babylone et des sémites, adorateurs jusqu’alors de divinités féminines lunaires.
 Cependant, la recherche d’une Hyperborée terrestre par de nombreux chercheurs et le mouvement d’une ‘race’ originale fut extrêmement difficile et présomptueuse. Prouver qu’un habitat humain au pôle nord est possible quelque part entre – 8000 et – 10.000 n’est pas gagné d’avance, surtout pour des gens vivant au 18ème siècle. Les nombreuses théories avancées offrant une preuve contradictoire ou tendancieuse n’ont servi qu’à discréditer l’entière notion d’Hyperborée. On pourrait dire la même chose des théories tentant de prouver l’existence du ‘continent perdu de l’Atlantide’. La volonté de prouver la réalité d’une Hyperborée terrestre a éclipsé son importance occulte et symbolique.
Le Pôle Spirituel
Dans une recherche pour découvrir l’emplacement physique de l’Hyperborée, la plupart des écrivains ont passé outre la possibilité que la mythologie servait un but symbolique et spirituel. Qu’en est-il si la vérité derrière la légende était ésotérique, et non exotérique comme certains même aujourd’hui le maintiennent toujours ?
De nombreuses traditions parlent d’un centre spirituel suprême ou ‘pays suprême’. Un ‘pays suprême’ ne réside pas nécessairement dans un lieu terrestre spécifique, mais existe à l’état primordial, non affecté par les cataclysmes terrestres.
Le ‘pays suprême’, considéré communément orienté vers un pôle, est toujours symboliquement représenté comme étant l’axe du monde – et dans la plupart des cas se réfère à une ‘Montagne Sacrée’. René Guénon, dans son livre Le Seigneur du Monde, dit :
« Presque toutes les traditions possèdent un nom pour cette montagne, comme le Hindu Mérou, le Alborj perse et le Montsalvat de la légende occidentale du Graal. Il y a aussi la montagne arabe Qaf et l’Olympe grecque, qui a par de nombreuses manières la même signification. Cela consiste en une région qui, comme le paradis terrestre, est devenue inaccessible à l’humanité ordinaire et qui hors d’atteinte de ces cataclysmes qui bouleversent le monde humain à la fin de certains cycles périodiques. Cette région est le ‘pays suprême’ authentique qui, selon certains textes védiques et zend, était situé à l’origine vers le pôle nord, même dans le sens littéral du mot. Bien qu’il puisse changer de localisation selon les différentes phases de l’histoire humaine, il reste toujours polaire dans un sens symbolique parce qu’il représente l’axe fixe autour duquel tout tourne. »
Les textes védiques disent que le ‘pays suprême’ est connu comme le Paradesha, également appelé le ‘cœur du monde’. C’est le nom à partir duquel les chaldéens ont formé Pardes et les occidentaux Paradis.
Il possède notamment un autre nom probablement même plus ancien que Paradesha. Ce nom est Tula, appelé Thulé par les grecs. Commune aux régions de la Russie à l’Amérique centrale, Tula représentait l’état primordial d’où émanait un pouvoir spirituel.
On sait que le Tula mexicain doit son origine aux toltèques qui vinrent, dit-on, de Aztlan, le ‘pays au milieu de l’eau’, qui est évidemment l’Atlantide. Ils ont importé le nom de Tula de leur pays d’origine et l’ont donné à un centre qui par conséquent a dû avoir remplacé, dans une certaine mesure, celui du continent perdu. D’un autre côté, le Tula atlante doit être distingué du Tula hyperboréen, ce dernier représente le premier et suprême centre…
Dans ce cas, Tula, qui représente le centre de l’autorité spirituelle, ne reste pas fixé dans un lieu géographique. Guénon expose que le cycle atlante, successeur du cycle hyperboréen, est associé à Tula. Le Tula atlante est une image de l’état initial primordial situé dans un lieu nordique ou un lieu polaire. Avec la progression des cycles du monde, le siège suprême du pouvoir spirituel régresse de plus en plus vers le secret et l’obscurité. Ceci, bien sûr, est délibéré et prévisible car l’humanité fait sa descente vers l’achèvement d’un âge (Kali Yuga), s’empêtrant progressivement dans le plan matériel jusqu’au renversement de l’ordre du monde.
Il doit être souligné ici que Tula, ou centre de l’autorité spirituelle, constitue le point fixe connu symboliquement de toutes les traditions comme le ‘pôle’ ou axe autour duquel tourne le monde. Métaphysiquement parlant, le monde tourne autour de ce siège du pouvoir même si ce n’est pas géographiquement le nord ou le sud.
Dans la tradition bouddhiste, ‘Chakravarti’ signifie littéralement  »Celui qui fait tourner la roue », ce qui signifie celui qui, au centre de toutes choses, dirige tout le mouvement sans lui-même y participer, ou qui est, pour employer les mots d’Aristote, le  »moteur immobile ».
La rotation du monde, le pôle et l’axe, se combinent pour décrire une roue dans les traditions celtes, chaldéennes et hindoues. Telle est la vraie signification du svastika, qu’on voit autour du monde de l’Extrême Orient à l’extrême occident, et qui est intrinsèquement le signe du pôle.
Le pôle et l’illumination mystique
C’est dans l’Iran médiéval que nous trouvons une littérature encore existante sur le pôle spirituel et l’expérience de l’ascension mystique vers lui. Les soufis iraniens, s’appuyant non seulement sur l’Islam mais sur les traditions mazdéennes, manichéennes, hermétiques, gnostiques et platoniciennes, ont marié une connaissance sacrée qu’on dit être une activité scientifique, mystique et philosophique.

Brahma

Ésotériquement… les théosophes perses ont situé leur  »Orient » ni à l’est, ni au sud, ni face à la Mecque pour les prières.  »L’Orient recherché par les mystiques, l’Orient qui ne peut être situé sur nos cartes, est dans la direction du nord, au-delà du nord » [L’Homme de Lumière dans le soufisme iranien, par Henry Corbin, 1978]. autour de ce pôle règne une ombre perpétuelle, dit le récital de Hayy ibn Yaqzan, un récital visionnaire d’Avicenne (Ibn Sina).  »Chaque année le soleil levant brille à une époque fixe. Celui qui se confronte à cette Ombre et n’hésite pas à s’y plonger sans peur des difficultés arrivera à un vaste espace, sans limites et empli de lumière ». Cette ombre, dit Corbin, est l’ignorance de l’homme par nature.  »La traverser est une expérience terrifiante et douloureuse, car cela ruine et détruit toutes les normes par lesquelles l’homme a vécu et dont il a été dépendant…  » Mais elle doit être regardée en face avant de pouvoir acquérir la connaissance salvatrice de la lumière au-delà.
L’Ombre autour du Pôle, transpercée tous les ans par les rayons solaires, est en même temps terrestre et symbolique. D’un côté, c’est la situation au pôle nord, où il y a 6 mois de nuit et 6 mois de jour. C’est caractéristique de la tradition ésotérique que la même image soit valable sur deux ou plus de niveaux. Mais comme Corbin et Guénon ne se sont jamais lassés de le souligner, le niveau symbolique n’est pas une construction fantaisiste basée sur un difficile fait terrestre : c’est tout le contraire. Dans le cas présent, l’expérience mystique de pénétration de l’Ombre au Pôle est la réalité fondamentale et une expérience authentique de l’individu. Le fait que l’organisation du monde matériel reflète la géographie céleste est ce qui est contingent. En bref, dans cet enseignement, comme dans le platonisme, c’est le royaume supersensible qui est réel et le royaume matériel qui est l’ombre de ce dernier.
Le chercheur, par une méditation sur les matières spirituelles, réussit à entrer dans un monde d’expérience mystique, et fait un pèlerinage vers l’Hyperborée qui ne peut être découverte sur les cartes. On dit qu’Aristée, le poète grec, pendant une transe chamanique aurait voyagé vers l’Hyperborée tout en étant  »possédé par Apollon ». Le voyage mystique de l’âme vers l’Hyperborée est commun dans la littérature grecque ancienne.
Le voyage vers ce pôle est parfois illustré par l’ascension d’une colonne de lumière, s’étendant des profondeurs de l’enfer vers le paradis limpide du nord cosmique.
Comme déjà mentionné, le pôle est aussi une montagne, nommée mont Qaf dans la tradition islamique, dont l’ascension, comme Dante grimpant sur la montagne du Purgatoire, représente la progression des pèlerins à travers des états spirituels.
Guénon, dans le Seigneur du Monde, explique que  »l’idée évoquant une représentation en discussion est essentiellement celle d’une stabilité, qui est elle-même caractéristique du pôle ». La Montagne, citée comme une ‘Île’, reste immuable au milieu de l’agitation incessante des vagues, perturbation qui reflète celle du monde extérieur. En conséquence il est nécessaire de traverser la ‘mer des passions’ pour atteindre le ‘Mont du Salut’, le ‘Sanctuaire de Paix’. »
Notre recherche de l’Hyperborée est notre désir de retourner au Paradesha ou Paradis – la source primordiale de l’existence originelle de l’Homme. L’importance de connaître l’emplacement terrestre d’une civilisation perdue dans les régions nordiques est donc éclipsée par son intérêt symbolique.
Chercher l’Hyperborée est faire une quête d’illumination spirituelle. La Montagne, l’Île, le rocher immuable, fixé dans une orientation polaire, chacun d’eux transmet une représentation symbolique de notre recherche de l’ultime réalité. Son caractère immuable ancre cette importante tâche en nous.

7 avril 2017 Posted by | Anthropologie, Spiritualités | , , , , | Laisser un commentaire

La religion de ma mère

un authentique esprit libre, un chantre du beau… il y en a encore…

L’écrivain Karim Akouche raconte pourquoi il a dû quitter dans la précipitation l’Algérie après la publication de son dernier ouvrage. Il dit souffrir de « censures et de pressions » de la part d’autorités algériennes voulant « maintenir le peuple dans une torpeur religieuse ».

« Nul poète n’est prophète en son pays, surtout quand celui-ci est une risible dictature. C’est ce que j’ai écrit en conclusion d’un message posté à la hâte sur ma page Facebook, alors que j’étais dans l’avion le jeudi 16 mars. J’ai dû quitter en catastrophe l’Algérie pour Paris. Après la censure et les pressions qui m’ont frappé, les barbouzes d’Alger m’ont menacé physiquement. Tout a commencé avec la perquisition par la police de la maison d’édition qui m’a publié, mon éditeur, Amar Ingrachen, a été interrogé pendant plus de trois heures, des exemplaires de mes livres ont été saisis, des conférences que je devais tenir à travers le pays ont été interdites ou sur le point de l’être. J’ai à peine réussi à animer une rencontre à l’Université de Tizi-Ouzou sous l’œil menaçant de plusieurs vigiles de la pensée, grâce notamment à la résistance des organisateurs et à la vigilance des étudiants. Tout cela à cause d’un roman : La Religion de ma mère.

Les autorités algériennes haïssent les esprits libres, la raison critique, l’art et la beauté. Elles veulent maintenir le peuple dans une torpeur religieuse, c’est pour cette raison qu’elles s’attaquent aux écrivains, aux blogueurs, aux intellectuels.
Qu’ai-je fait de grave qui porterait atteinte à la patrie ? Rien. J’ai seulement écrit un livre. Je ne porte pas d’arme, j’utilise la plume.

« Mon amour pour le pays est plus grand que la brutalité de ses dirigeants. »

J’aurais souhaité ne parler que de littérature, de l’esthétique, du style, du fond et de la forme utilisés dans mon nouveau roman, car la polémique n’est jamais bonne pour l’art. Si j’ai abandonné mon métier d’ingénieur, c’est pour précisément me consacrer, âme et biens, à la création littéraire. C’est l’œuvre qui compte et non l’écrivain. Je n’aime ni les projecteurs, ni les scandales, ni les fausses gloires. Ce que j’aime, c’est le parfum des livres, l’ivresse que procurent les mots, le bruit du stylo qui gratte le papier… Tout le reste n’est que vacarme et poussière.

La religion de ma mère est une métaphore de la vie : dépossession, désintégration de l’être, délabrement du pays, décomposition du peuple, destruction du monde, etc. En somme, une dystopie, une utopie à rebours. Plusieurs mots commençant par la lettre « d » décrivent ce qui ne va pas. Ici-bas, ailleurs, chez les miens et les autres, dans les îles et en exil, tout échappe à l’être. Si ce dernier a le courage d’assumer sa vie, en a-t-il, un tant soit peu, pour accepter sa naissance et sa mort ?

Mon personnage central est un animal égaré. On lui a collé une étiquette au front. Son acte de naissance est un acte de décès. On a fait de lui ce qu’il n’est pas. On a ensorcelé son esprit. On l’a transformé en zombie. Toute sa vie est errance. Il doit se battre pour pouvoir parler dans la langue de sa mère, pour boire le lait de ses racines, pour être libre de dire ce qu’il ressent et ce qui l’anime. Il marche, transpire, gueule dans des micros, dénonce la prophétie des corbeaux, répare son cœur et sa chair, tombe, se relève puis, ignoré par les légendes nationales, il quitte le radeau et s’enfuit. Les pays étrangers exacerbent ses déceptions et ses tristesses. Loin du soleil, sous la grisaille, dans la neige, il se fane et perd tout repère. Il ne travaille pas pour vivre, mais il vit pour travailler. La machine américaine le broie, Hollywood le noie dans un océan de fantasmes. C’est la dictature de la vitesse : manger vite et chier debout. L’éloge des choses simples, le sel de la Méditerranée, le parfum des oranges et des olives… tout cela est vain et remonte à si loin. Il faut désormais courir, prendre le métro, regarder la pub, admirer les massacres sur les écrans. C’est la confusion des idées et des sentiments. Hier et demain excluent le présent du théâtre de la vie. Les passions tristes et les vaines espérances emprisonnent l’être entre les murs de la nostalgie et le toit des chimères. On invente des parades pour échapper à l’ennui, on danse et on chante, on fréquente les bordels et les jeux, on consomme des drogues et des alcools, on gémit comme un chien bâtard sur le canapé où l’on vomit ses chagrins… Il faut fuir la réalité crue du temps qui coule comme une torture chinoise.

« La religion de ma mère ne prêche pas, c’est un livre à la fois innocent et violent »

Celui qui dit je dans ce livre n’est pas l’auteur. Il est le lecteur, c’est nous, c’est vous, ce sont les autres. J’ai écrit cette histoire comme on fabrique une mitraillette. J’en lance les mots comme des balles. Si je blesse mes semblables, c’est pour leur dire qu’ils sont à la fois durs avec autrui et fragiles avec leur ego. Je ne suis pas moralisateur, j’écris ce qui me torture avec une main forgée au marteau-piqueur. Les secrets nichent dans les phrases que j’improvise, les émotions dans les feuilles, les chagrins dans les tripes de mes personnages, ce fatras de ratés. Il faut fermer les yeux pour bien saisir l’apocalypse. La poésie épouse la prose, les chagrins les fous rires, les despotes la part des vaincus. Car ce qui arrive est un monstre, il lance ses griffes ensanglantées dans le ciel et étrangle les enfants.
Le monde est divisé en deux familles de tueurs ; elles ne se valent pas, mais elles s’enchevêtrent dans une complicité sinistre : il y a ceux qui s’attaquent aux corps et ceux qui détruisent l’esprit. Les premiers ne se disent saints que pour gouverner au sabre, tandis que les seconds prêchent la dictature de la pureté. Les uns préfèrent la mort à la vie, les autres claironnent leurs certitudes et leur vacuité avec un orchestre de vaniteux. Les utopistes mentent, ils construisent des citadelles de rêves et de salut. Sont-ils à ce point aveugles pour ne pas déceler l’increvable vérité de la barbarie qui vient ? Je me méfie des brasseurs du néant et de leur paix chantée en chœur dans des temples roses.
Je suis sceptique par honnêteté, tout ce qui est définitif est appel au meurtre, conclure c’est inviter les êtres à s’étriper en cachette, chercher à avoir raison finit souvent par détruire la cité des hommes et des dieux.

La religion de ma mère ne prêche pas, c’est un livre à la fois innocent et violent : il dit l’énigme de l’existence, raconte l’histoire d’un homme qui était quelqu’un et devient tout à coup quelque chose, qui avait tout et soudain se retrouve sans rien. Récit et monologue se côtoient dans un délire de rafales et de morceaux de chair, détresse d’une mère qui nourrit ses misères, ses poules et ses moucherons. Celle-ci meurt, les amis et les proches deviennent ombres ou fantômes, le passé et les ancêtres surgissent parmi les cadavres et les décombres, le pays se défait comme une motte d’argile dans la main de Satan et le trousseau de clefs peine à ouvrir les portes de l’exil. Où est l’issue, sainte littérature ? La corde se resserre contre celui qui l’a nouée, elle l’étrangle, et un ultime râle sort de la bouche du peuple qui tombe sur le cul, mange la terre et le chiendent, et disparaît dans un abîme de cendre et de feu.

La religion de ma mère est une allégorie sur mon pays perdu. La révolution n’a pas tenu ses promesses. La doctrine de la délivrance, tant chantée par des faussaires et les coqs encrottés, a tué l’espoir dans le ventre d’une nation inventée dans des laboratoires. Les gens changent, les idées se métamorphosent, la géographie se joue des politiques et impose de nouvelles frontières aux récalcitrants. Ainsi coule le fleuve de l’histoire : les concepts deviennent idéologies, les idéologies préparent des bûchers aux naïfs, la liberté n’est qu’une illusion qui donne de l’ivresse aux moutons. Quand un État est construit sur des mensonges, quand il se tient sur de fausses jambes, quand il porte des perruques et des cagoules, rafistolées par je ne sais quel obscur démiurge ou charlatan, quand il remplace la langue et l’âme de ses enfants par celles de ses maîtres, quand il admire l’Est et l’Ouest au lieu de se regarder en face avec affection, il y a fort à parier qu’il s’évanouira dans la brume du temps.

La religion de ma mère ne s’explique pas. C’est un livre qui touche au sensible, au sacré, à l’essentiel : à la vie, à la mort, à l’homme nu, au néant, à la terre et au temps. C’est un livre qui gratte les plaies, exhume les cadavres et juge les martyrs. L’être humain est dépossédé dès qu’il atterrit au monde. Naître, c’est déjà commencer à mourir. Vivre, c’est prendre le train en direction du cimetière. Le mal est contagieux. L’enfant, pourtant candide à la naissance, assimile vite les ruses et la méchanceté des adultes. Les peuples comme les hommes ne s’aiment pas, ils se jaugent, ils se donnent des coups de bec et de pied. Éternels ennemis, tantôt ils se font la guerre, tantôt ils s’offrent des baisers hypocrites dans les assemblées du monde… Ainsi va le cirque de la vie, ainsi est pétri l’homme dans la folie. Ainsi s’écrit notre épopée tragique, ainsi la raconte à sa façon le poète. »

*La Religion de ma mère, Karim Akouche, roman, 212 p., éditions Michel Brûlé (Canada), mars-avril 2017.

21 mars 2017 Posted by | Anthropologie, Art, Valeurs | | Laisser un commentaire

La culture d’honneur et de honte dans les sociétés arabes et musulmanes

Richard Landes est un historien médiéval qui écrit actuellement un livre provisoirement intitulé They’re So Smart Cause We’re So Stupid : A Medievalist Guide to the 21stCentury.
traduction et adaptation © Magali Marc
l’auteur cite une profusion de texte à l’appui de tout ce qu’il avance (76 notes en bas de page).
texte original en anglais.
ci dessous extraits


« Une grande partie du désastreux «processus de paix» israélo-palestinien d’Oslo et des fameux «printemps arabes» peut être attribuée aux restrictions imposées par la pensée postcoloniale sur la capacité de discuter de la dynamique sociale et politique du Moyen-Orient. Si les experts et les journalistes ont été hypnotisés par les perspectives de paix arabo-israélienne et le mirage d’une vague de démocratisation arabe, c’est en partie parce qu’ils avaient systématiquement sous-estimé le rôle de la culture d’honneur et de honte dans les sociétés arabes et musulmanes et son impact sur la religiosité islamique.

La dynamique «honneur-honte» dans les dimensions politique et religieuse

Les termes honneur-honte désignent des cultures où l’acquisition, l’entretien et la restauration de l’honneur public triomphent de toutes les autres préoccupations.
Alors que tout le monde se soucie de ce que les autres pensent et veut sauver la face même si cela signifie mentir, dans les cultures d’honneur et de honte, ces préoccupations dominent le discours public : il n’y a pas de prix trop élevé à payer– y compris la vie– pour préserver l’honneur.
Dans de telles cultures politiques, l’opinion publique accepte, attend, exige même que le sang soit versé pour l’honneur. Dans de telles sociétés, quand les gens critiquent publiquement ceux qui sont au pouvoir– ceux qui ont l’honneur– ils attaquent leur être même. Si ces derniers ne répondaient pas– de préférence par la violence– ils perdraient la face.
Les sociétés autoritaires permettent donc à leurs mâles dominants de supprimer violemment ceux dont les paroles les offensent.

Conséquemment, les cultures d’honneur et de honte ont une immense difficulté à tolérer la liberté d’expression, de religion, de la presse tout autant que de traiter avec les sociétés qui pratique cette tolérance.

Dans les cultures où les gens se font eux-mêmes justice, cette insistance sur l’honneur peut signifier tuer quelqu’un qui a tué un parent, et dans la culture japonaise, l’honneur peut signifier se suicider.
Vous noterez ainsi la différence éthique : reporter la faute sur soi, la prendre en charge ou à la manière enfantine « c’est pas moi, c’est l’autre »

Cependant, dans certaines cultures d’honneur, cette préoccupation signifie tuer un membre de la famille pour sauver l’honneur de la famille. Le «jugement public», dont le verdict détermine le sort de la communauté demeure le vecteur qui motive le besoin de sauver la face, et définit les façons de faire. Le terme arabe pour «commérage» est kalam an-nas, (la parole du peuple), qui est souvent sévère dans son jugement des autres.

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À ce sujet, le psychologue Talib Kafaji a écrit :
«La culture arabe est une culture de jugement, et tout ce qu’une personne fait est sujet au jugement… induisant de nombreuses peurs… avec de graves conséquences sur la vie individuelle. Éviter ce jugement peut être la préoccupation constante des gens, presque comme si toute la culture était paralysée par le kalam [an] –nas.»

Autrement dit, dans la société arabe, tous les individus sont les otages les unes des autres.

Les cultures d’honneur et de honte ont tendance à être à somme nulle : les hommes d’honneur gardent jalousement leur honneur et considèrent l’ascension des autres comme une menace pour eux-mêmes. Dans les cultures à somme nulle de «bien limité», l’honneur pour une personne signifie la honte pour les autres. Si l’autre gagne, vous perdez. Afin que vous ayez le dessus, l’autre doit perdre.
Ceux qui sont juste en dessous continuent de défier ceux qui sont juste au-dessus, et l’ascension n’est possible que par l’agression. Tu n’es pas un homme tant que tu n’as pas tué un autre homme. La prise des biens d’autrui –par le vol ou le pillage– est supérieure à la production. Domine ou soit dominé. Le visage noirci (de la honte) est lavé dans le sang (de l’honneur).
Cette même mentalité dite «à somme nulle», «gouverne-ou-soit-gouverné», qui domine la plupart des interactions dans la politique des cultures d’honneur et de honte, a son analogie dans la religiosité du triomphalisme, la croyance que la domination de sa religion sur les autres constitue la preuve de la vérité de cette religion.
De la même manière que les chrétiens ont pris la conversion de l’Empire romain au Christianisme comme un signe que leurs revendications sur les Juifs avaient triomphé ; les musulmans triomphalistes, dans une expression suprême de la religiosité inspirée par l’honneur, croient que l’islam est une religion de domination destinée à gouverner le monde.

Cette dynamique d’honneur et de honte explique en grande partie l’hostilité arabe et musulmane envers Israël, ainsi qu’envers l’Occident.
Israël, un État de Juifs libres (c’est-à-dire, des infidèles non-dhimmis), vivant à l’intérieur du Dar al-Islam historique (royaume de la soumission), constitue un blasphème vivant. La capacité d’Israël à survivre aux efforts répétés des Arabes pour le détruire constitue un état permanent de honte arabe devant toute la communauté mondiale. Cela fait de l’hostilité musulmane triomphaliste envers Israël un cas particulièrement grave d’une hostilité généralisée envers les infidèles et les musulmans «modérés».
Tout effort pour comprendre ce qui se passe dans le monde arabe aujourd’hui doit tenir compte de cette dynamique religio-culturelle.

Pourtant, dans l’ensemble, cette dynamique n’est pas seulement ignorée, mais ceux qui en parlent sont réprimandés pour (prétendument) contribuer à aggraver le conflit plutôt que de le comprendre.
Une grande partie de cette ignorance (à la fois active et intransitive) remonte à Edward Saïd (1935-2003), qui a fait de l’analyse «honneur-honte» un péché «orientaliste» particulièrement impardonnable.
Avant même que n’arrive la contribution de Saïd, l’anthropologie s’était éloignée de cette analyse. Lui en a fait un dogme. A tel point que, dans le dernier tiers du XXe siècle, il est devenu paradoxalement honteux– voire raciste– qu’un anthropologue discute de l’«honneur et de la honte» arabe ou musulmane.

Le tissu de racisme, de stéréotypes culturels, d’impérialisme politique, d’idéologie déshumanisante qui règne chez les Arabes ou les musulmans est très fort, et c’est ce tissu que chacun d’entre eux en est venu à ressentir comme étant son destin exclusif et punitif.

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Pour celui qui défend son honneur, la défense d’un côté ou un autre dans un conflit n’est pas basée sur l’intégrité ou sur les valeurs de la gauche, mais sur l’idée de sauver l’honneur, sur la façon dont on sauve la face. Il n’est donc pas surprenant que peu de sujets aient autant enflammé Saïd que la discussion sur le rôle de la culture arabe dans la recherche, le maintien et la reconquête de l’honneur et l’évitement et l’élimination de la honte.
Étant donné que des traits culturels tels que le patriarcat misogyne, les homicides d’honneur, les querelles sanglantes, l’esclavage, les massacres de civils, etc., ne semblaient pas très bons aux gauchistes occidentaux, Saïd devait sauver la face arabe en évitant ce regard occidental hostile. Il a eu l’idée brillante de rendre honteux pour les universitaires occidentaux le fait même de se référer à ces questions dans la discussion du monde arabe, en qualifiant ce type de questionnement de raciste.

Pour tout outsider, soupçonner les dirigeants palestiniens (ou Arabes ou musulmans) de comportements belliqueux constitue pour les post-coloniaux, une agression inacceptable, une forme de racisme. Selon eux, le conflit concerne l’impérialisme israélien et la résistance naturelle qu’il provoque.

Grâce à cette brillante sauvegarde de la «face» arabe, à cette façon d’utiliser le kalam an-nas, l’orientalisme de Saïd a su contourner les vecteurs du jugement négatif paralysant.
D’une part, cette défense protégeait les Arabes des critiques publiques, de l’autre, elle faisait de l’Occident «impérialiste» (et de son avant-garde supposée les «colons» israéliens), l’objet d’une critique implacable.

Son succès à cet égard a donné naissance à une génération de spécialistes du Moyen-Orient, y compris des universitaires, qui ont décrit les mondes arabe et musulman comme des «sociétés civiles florissantes», d’imminentes «démocraties» tout en décrivant l’Occident comme un monde raciste, impérialiste, qui a besoin d’être déconstruit, théoriquement et pratiquement. Un tel mouvement a peut-être flatté l’image que les Arabes et les Occidentaux (gauchistes) avaient d’eux-mêmes, mais il a eu pour prix l’ignorance des réalités plus sombres sur le terrain.
Pourtant, pour beaucoup, cette ignorance semblait être un faible prix à payer. Après tout, le cadre de référence de Saïd offrait aux progressistes pacifistes un moyen d’éviter le choc des civilisations.

Donner aux Arabes et aux musulmans le bénéfice du doute, les traiter avec honneur plutôt que de les inciter gratuitement à la critique, voilà la façon de résoudre les conflits et d’apporter la paix.
Les éducateurs occidentaux qui adoptaient le discours de Saïd considéraient ses thèses comme une sorte de récit thérapeutique qui, en accentuant le positif et en dissimulant le négatif, encourageait l’autre plutôt que de l’aliéner.
Il s’agissait, entre autres, de traiter les Arabes et les musulmans comme si leur culture politique avait déjà atteint ce niveau de modernité, d’engagement sociétal envers les droits universels de l’homme, de paix par la tolérance, d’égalitarisme. Tout cela dans le but de favoriser les relations positives– alors qu’en réalité, une telle évaluation n’était pas objective.
Le monde postmoderne ne peut pas être éloigné de toute évaluation objective.

Edward Saïd, fier membre du Conseil national palestinien, semi-parlement de l’OLP, a fait écho aux paroles du Hamas : les compromis impliquaient un acte humiliant et «dégradant… d’obéissance… Une capitulation… qui a produit un état d’abjection et d’obéissance… se soumettant honteusement à Israël.»
Ainsi l’intellectuel «post-colonial» a utilisé le langage tribal à somme nulle d’honneur et de honte arabe et musulmane, attaquant la négociation comme déshonorante. C’était la langue même dont les Occidentaux évitaient de discuter de peur qu’ils n’«orientassent l’Orient».
Et pourtant Arafat a utilisé le même langage d’honneur et de honte en arabe, dès que les accords ont été signés et que le Prix Nobel a été accordé.
Six mois après son retour de Tunisie en juillet 1994 à ce qui était devenu un territoire sous contrôle palestinien grâce aux accords d’Oslo, il a défendu sa politique devant des musulmans d’Afrique du Sud, non pas en parlant de la «paix des braves», mais plutôt en invoquant le traité de Mahaybiya de Muhammad, signé quand il était en position de faiblesse, rompu quand il fut en position de force.

Dans la mesure où les Arabes avaient accepté le processus d’Oslo, ils le considéraient comme un cheval de Troie, non pas comme une concession (nécessairement) humiliante. Un projet de guerre honorable et non pas de paix ignominieuse.
Dans les cultures où, pour l’honneur, «ce qui a été pris par la force doit être repris par la force», toute négociation est forcément honteuse et lâche.
De façon générale, les journalistes et les décideurs occidentaux, y compris le «camp de la paix» en Israël, et même les services de renseignement, ont ignoré les invocations répétées d’Arafat à Hudaybiya.
Les partisans de la paix les considéraient comme des railleries conçues pour apaiser l’opinion publique (en elle-même une chose qui méritait qu’on y réfléchisse) et étaient persuadés que, finalement, l’appel plus mature de la communauté internationale placerait Arafat du côté de la raison positive. Les praticiens du «journalisme de paix» en Israël, par exemple, ont délibérément évité des nouvelles décourageantes de ce genre et le sens de Hudaybiya en particulier.

Dans son mémoire de 800 pages sur l’échec d’Oslo, Dennis Ross, l’envoyé américain du Moyen-Orient le plus impliqué dans les négociations avec la direction palestinienne, n’a pas eu un mot à dire sur la controverse de Hudaybiya, en dépit du fait qu’il avait correctement jugé le comportement problématique d’Arafat et son «échec à préparer son peuple aux compromis nécessaires à la paix».
Le péché d’Arafat n’était pas d’omission, mais de commission : il préparait systématiquement son peuple à la guerre sous le nez des Israéliens et de l’Occident.
Plutôt que d’examiner les conséquences de cette contre-preuve, ceux qui appuyaient le processus attaquaient quiconque y attirait l’attention.

La plupart pensaient qu’Arafat, quand l’occasion se présenterait, choisirait l’imparfait, la somme positive, le gagnant-gagnant, plutôt que la somme nulle, tout ou rien, gagnant-perdant.
Ils «avaient foi» en la direction palestinienne et faisaient honte à quiconque osait suggérer que les Palestiniens s’accrochaient encore fermement à leur désir atavique de vengeance.

Ainsi, alors que Jérusalem et Washington se préparaient à une grande finale du processus de paix à Camp David à l’été 2000, alors même que les médias israéliens préparaient leur peuple à la paix, les médias d’Arafat préparaient les Palestiniens à la guerre. Et aucun des principaux décideurs n’y a porté attention.
L’incapacité à comprendre la dynamique du maintien de l’honneur (en luttant contre Israël) et à éviter la honte (provoquée par le compromis avec Israël) a condamné Oslo à l’échec dès le départ.
Les gens impliqués, qui pensaient que les deux parties étaient «si proches» et que si seulement Israël avait donné plus, les accords auraient réussi, ont été dupés.
Pour les décideurs palestiniens, ils n’ont jamais été proches. Même une entente réussie aurait mené à plus de guerres. En effet, selon cette logique, plus l’accord favorisait les Palestiniens– c’est-à-dire, plus les Israéliens étaient affaiblis– plus l’agression accompagnerait leur mise en œuvre.

Par exemple, lors d’une interview avec l’universitaire israélien Benny Morris, l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak se plaignait des mensonges systématiques d’Arafat, qui faisait de chaque discussion un calcul entre la dénonciation des mensonges ou l’idée de les ignorer et d’accepter de se mettre en position de faiblesse.
Ses mots [Barak] dans l’entretien initial étaient sans équivoque. «Ils sont le produit d’une culture dans laquelle dire un mensonge… ne crée pas de dissonance». «Ils ne souffrent pas du problème du mensonge tel qu’il existe dans la culture judéo-chrétienne. La vérité est perçue comme non pertinente.» etc.
attaquez les motifs de vos critiques (souvent par projection) ; clamez que vous subissez une blessure morale à cause de l’insulte, et dans le processus, détournez l’attention de la précision des remarques orientalistes.

Le succès de cette utilisation de ce que l’on pourrait appeler la «carte raciste» signifie que la littérature académique sur le mensonge dans la culture arabe, qui devrait couvrir les murs des bibliothèques (du moins dans les bibliothèques de nos services de renseignement) est sérieusement sous-développée. Si Oslo a échoué, c’est principalement parce que les Israéliens et les Américains ont refusé de croire que les Palestiniens leur mentaient –d’un bout à l’autre du processus.

Ignorance de la quête du califat

Pour cette raison, et bien des raisons analogues, lorsque les djihadistes sont sortis du ventre du cheval d’Oslo à la fin de septembre 2000, trop d’Occidentaux, désireux d’interpréter la violence comme le «désespoir» des combattants de la liberté dont les droits ont été niés, ont ignoré les preuves à l’effet qu’Arafat avait planifié la guerre, et ont jeté le blâme sur Israël.

En conséquence, de nombreux journalistes et spécialistes, qui ont dit à leurs auditoires occidentaux que l’Intifada al-Aqsa était un soulèvement national de libération contre l’occupation, semblaient n’avoir aucune idée (ou s’ils en avaient une, ont choisi de ne pas la révéler) que dans l’esprit de plusieurs de ces combattants l’intifada al-Aqsa était le lancement d’une nouvelle phase de djihad global apocalyptique dont l’objectif messianique était un califat mondial pour lequel la terreur des attaques suicides constituait l’arme la plus nouvelle et la plus puissante.

La réaction indifférente, voire négative, de la communauté d’experts aux premières études de la pensée apocalyptique du Hamas dans les années 1990, signifiait que la sphère publique occidentale allait devoir attendre la seconde décennie du XXIe siècle pour découvrir que le djihad global qui a créé un califat dans des parties substantielles de la Syrie et de l’Irak et qui ciblait les infidèles dans leur propre pays, était issu des mêmes visions apocalyptiques.

Les progressistes malheureusement mal informés ont accueilli avec enthousiasme un djihad qui frappait alors Israël, mais qui maintenant hante le monde entier, et en particulier le monde musulman.

Les professionnels de l’information occidentaux– journalistes, experts, analystes politiques, même traducteurs– ont été tellement aveuglés par leur propre rhétorique post-coloniale, qu’ils ont été incapables d’identifier l’islam triomphaliste qui a constamment augmenté son élan vers un califat mondial dans cette génération et ce siècle.

S’ils se sont rendu compte de la présence de ces musulmans impérialistes, ils refusent d’en parler et attaquent quiconque le fait. Cette attitude prédominante a gravement endommagé la capacité de l’Occident à distinguer entre les faux modérés qui veulent réduire les infidèles du monde entier à la dhimmitude et les modérés qui veulent vraiment vivre en paix avec les non-musulmans.

Presque tout le monde conviendra que ces djihadistes qui recourent à l’épée, comme Al-Qaïda ou l’État islamique, ne sont pas des modérés.
Mais qu’en est-il de ceux qui s’en tiennent au da’wa (sommation à la conversion), et qui travaillent de manière non violente dans le même but ultime de rétablir le califat ?
Quand Yusuf Qaradawi des Frères Musulmans dit que «les États-Unis et l’Europe seront conquis non pas par le djihad, mais par le da’wa», cela fait-il de lui un modéré ? Et si le prédicateur du da’wa jouait juste au bon flic pendant que le djihadiste joue au méchant flic ? (NDT : good cop, bad cop)
Du point de vue de l’objectif millénaire d’un califat mondial, la différence entre les islamistes radicaux et les «modérés» est moins une question de vision que de calendrier, moins une question de buts différents que de tactiques différentes.

De telles connexions, cependant, ne s’inscrivent pas sur les écrans radars des professionnels de l’information qui demeurent fidèles aux réticences anti-orientalistes de Saïd. Ils nous poussent plutôt à les voir comme étant clairement distincts. Une telle approche tombe dans le piège djihadiste classique.
Lorsque les partisans du da’wa du califat dénonce les violences d’Al-Qaïda ou de l’ÉI, insistant sur le fait que ces djihadistes n’ont rien à voir avec l’islam, ils le font comme une tactique de guerre cognitive trompeuse.
Ils savent très bien que l’Islam qu’ils ont adopté est une religion de conquête. Ils ne veulent tout simplement pas que les «infidèles» occidentaux, leurs ennemis jurés et leurs cibles, reconnaissent cette hostilité implacable et impérialiste, du moins tant que le djihad mondial est militairement faible.
Ils préfèrent que les décideurs occidentaux renoncent au discours «islamophobe» de la domination mondiale et, apaisent plutôt les griefs des musulmans.

Ceux qui violent cette norme et qui discutent de ces choses désagréables sont punis, exclus, exilés. En effet, la crainte de l’accusation d’«islamophobie» est si forte qu’elle est venue jouer le rôle du serpent de mer qui a étranglé Laocoon quand il a essayé d’avertir les Troyens de la ruse du Cheval de bois offert par les Grecs.

En février 2011, juste au moment où l’administration Obama prenait des décisions cruciales (et trompeuses) sur la façon de faire face à la crise égyptienne, James Clapper, directeur des renseignements au niveau national, a présenté une étonnante évaluation devant le Congrès (qu’il a reniée par la suite) :
«Le terme “Fraternité musulmane”… est un terme générique pour une variété de mouvements, dans le cas de l’Égypte, c’est un groupe très hétérogène, largement laïque, qui a évité la violence et a dénoncé Al Qaïda comme une perversion de l’islam ..»
Il est difficile de cataloguer les idées fausses impliquées dans cette déclaration étonnamment stupide. Elle traduit un manque de compréhension du comportement religieux triomphaliste et une application superficielle d’une terminologie inappropriée qui laisse l’observateur se demander s’il s’agissait d’un acte délibéré de désinformation ou d’un véritable produit de la collecte et de l’évaluation des renseignements des États-Unis.

Il est aussi difficile de séparer cette évaluation opérationnelle totalement désorientée de la discussion académique qui la sous-tend, largement influencée par le paradigme pénitentiel auquel Saïd exhortait l’Occident. Ici les dupes occidentaux doivent interpréter la non-violence comme un signe de modération musulmane et attribuer la violence musulmane à la provocation occidentale. Nous devons supposer que lorsque les musulmans dénoncent la violence, ils sont avec «nous» et non avec «eux», qu’ils ne partagent pas l’objectif djihadiste d’un califat mondial.
Plutôt que de combattre un ennemi aspirant à la domination mondiale, les islamistes exhortent l’Occident à s’attaquer au sentiment d’impuissance des musulmans en les habilitant.
Les résultats de cette méconnaissance aveugle de la réalité sur le terrain– le pouvoir des mouvements religieux inspirés par l’honneur ; le calcul variable de la violence selon que l’on se sent faible ou fort ; les réponses à la faiblesse perçue et à l’absence de détermination de la part des ennemis signifient que ce que les leaders de la pensée occidentale prenaient pour un printemps démocratique, qu’ils accueillaient avec enthousiasme, était en réalité le printemps de la guerre tribale et apocalyptique. Un djihad d’Oslo à grande échelle. Une guerre générationnelle, cataclysmique, «une Guerre des Trente ans» qui ne fait que commencer.

Où l’Occident est intervenu (Libye, Egypte), il a échoué, et où il n’est pas intervenu (la Syrie), la situation a explosé.
Alors que des millions de réfugiés sont jetés sur les rivages européens par ces bouleversements, les décideurs occidentaux restent captifs de leurs clichés suicidaires («nous ne pouvons simplement pas leur refuser l’entrée») qui témoignent d’une profonde ignorance de la culture arabe et musulmane, de ceux qui les font fuir, et de ceux qui ont le pouvoir, mais pas le désir de s’attaquer à cette destruction de leurs sociétés sous les coups du califat.

Conclusion

A travers la porte dérobée d’une préoccupation pour les «autres», sans réciprocité, les Occidentaux éduqués ont permis à un discours hostile, intimidant basé sur l’honneur et la honte d’occuper une grande partie de leur espace public : c’est l’«islamophobie», et non l’islamisme qui est le problème.
Les Palestiniens continuent de sauver la face et de retrouver leur honneur en salissant Israël qui, par son existence même et son succès, leur fait honte.

Dans le cadre plus large du développement civilisationnel, c’est lamentable. Il a fallu un millénaire d’efforts constants et douloureux pour que la culture occidentale apprenne à sublimer la libido dominandi de l’homme au point de créer une société tolérante à la diversité, qui résout les différends avec un discours d’équité plutôt que de violence et où l’échange est gagnant-gagnant. Les échanges à somme positive sont la norme souhaitée.

Insister, comme le font beaucoup de gauchistes, pour que cette réussite exceptionnelle soit considérée comme le mode par défaut de l’humanité, indépendamment de la mesure dans laquelle l’autre est éloigné de cet objectif précieux et de manière à exempter les ennemis de la démocratie de la responsabilité civique de l’autocritique au prix de redoubler son propre fardeau, fini par saper les libertés que la civilisation occidentale s’est données au cours des siècles.

À moins que les universitaires et les professionnels de l’information ne s’emparent et ne cultivent les champs de connaissance tels que la dynamique de la honte et de l’honneur et le triomphalisme islamiste, les Occidentaux ne pourront pas comprendre les sociétés arabes et islamiques et continueront d’accuser les critiques et non l’objectif légitime des critiques au risque de perdre leurs valeurs démocratiques et leurs intérêts nationaux.

L’incapacité de s’engager dans l’autocritique est la plus grande faiblesse des cultures basées sur l’honneur et la honte, et la capacité de le faire est la plus grande force de ceux qui croient fermement à l’intégrité.

Pourtant, maintenant, paradoxalement, l’incapacité des islamistes est devenue leur force, et notre surempressement à compenser est devenu notre faiblesse.

11 mars 2017 Posted by | Anthropologie, Géopolitique, Valeurs | , , | Laisser un commentaire

« Ce qui fait l’humain »

Dans la continuation des nos études sur la conscience (depuis la tour de babel et son éparpillement), les données scientifiques d’analyse d’ ADN révèlent un certain nombre d’erreurs et de préjugés, voire de mensonges voulus et propagés…
A travers les époques, l’histoire des ancêtres de l’humanité reste visible et observable dans l’analyse de nos gènes. L’ADN se transmet de génération en génération, elle est brassée et recombinée par le processus de sélection naturelle, de l’adaptation aux milieux, …et de l’attirance sexuelle : ce qui nous donne notre personnalité spécifique, notre individualité.
Cependant de larges parts de ces chaines génétiques restent intactes à travers les générations, altérées occasionnellement par des mutations aléatoires (ou impliquées -épigénétique), et qui deviennent ainsi des « marqueurs génétiques » résolument identifiables.
L’ordre, la répartition de ces séquences d’apparitions de marqueurs permet aux généticiens de retracer notre ligne d’évolution temporelle au travers de l’histoire.
Ces marqueurs génétiques  identifient différentes populations au travers des voyages, migrations, déplacements, générations, par leurs mutations distinctives, mais révèlent ainsi la relation commune qui les lient :  « ce qui fait l’humain »
ps : ces études statistiques étudient des cohortes datées d’une vingtaine d’années, ce qui laisse de coté les modifications rapides récemment observées (migration, grand remplacement, …)


Le projet Genographic projet de National Geographic corporation vient nous livrer des résultats d’une étude menée depuis plusieurs années, sur des populations sur les quatre continents.

migrations préhistoriques probables

migrations préhistoriques probables

D’abord, l’étude nous révèle que plusieurs pays, considérés Arabes, ne le sont que peu ou prou. C’est le cas de l’Égypte, que le génome de sa population avec 68%, désigne clairement comme une nation Nord-Africaine, au même titre que la Tunisie, l’Algérie, la Libye ou le Maroc. Au fait, elle n’est arabe qu’à 17% et même un peu juive à 4% ! La Tunisie, quant à elle, choisie comme représentant le Maghreb, est à seulement 4% arabe, à 88% Nord-Africaine et à 5% européenne. Le Liban, comme on peut s’y attendre, est l’un des peuples les plus hétéroclites au monde. Il comporte 14% de génome Juif, 11% du génome Nord-Africain, et seulement 44% de génome arabe!

Autre surprise : le génome nord-africain se retrouve sur quatre continents : Afrique, Europe, Asie, et… en Amérique latine !

Une autre révélation renversante est l’absence totale du génome arabe dans des pays où était admise leur présence, pour des raisons religieuses, comme en Espagne, au Portugal, en France et en Afrique subsaharienne (Sénégal et Nigeria). Donc, non, l’arabo-islamisme n’a rien à voir avec la civilisation française, et s’est d’ailleurs révélé un ennemi/envahisseur constant depuis des millénaires.
C’est d’ailleurs dans ces contrées, où s’était propagé l’islam, que la présence du génome nord-africain est la plus forte. C’est ainsi que les Ibériens (Espagnols et Portugais) ont 9% de part du gène Nord-Africains et tenez-vous bien 0% de gêne arabe. La Sardaigne 11%, le Sénégal avec une grande part de 12% et Yarubans (Nigeria) 3% d’ADN Nord-Africain,

Ceci est la preuve irréfutable, que la propagation de la religion musulmane s’est faite exclusivement par l’intermédiaire des Nord Africains qui s’y sont installés par la suite…
ou comment les esclaves se sont mis à adorer leurs propres chaines…

Une dernière révélation est la présence surprenante de génome Nord-Africain sur le continent américain et notamment celui du Sud. Cela appuie la théorie selon laquelle les Berbères, auraient pu atteindre le continent des Amériques bien avant les colons Européens au 15e siècle, mais également, la présence d’équipages berbères au sein de l’expédition de Christophe Colombe, et des conquistadors partis des Îles Canaris. C’est ainsi que l’on retrouve 5% d’ADN Nord-Africain chez les Argentins, et 6% chez les Colombiens. On retrouve également l’ADN d’Afrique du Nord dans les Bermudes, chez les Mexicains, les Péruviens 3%, Mexicains Américains 4%, au Puerto-Rico 3%, en Grèce 3%, en Iran 4%, en toscan (Italie) et en France (2%), au Kenya et en Éthiopie avec 4%. Cette découverte contredit les adeptes de la vision arabophone qui enseignent à tous les enfants nord-africains qu’ils seraient arabes ( enseignement algérien  80% arabes et à 20% de « khalit », Kabyles, Chaouis et Imuchagh).

24 janvier 2017 Posted by | Anthropologie, Géopolitique | | Laisser un commentaire

Le peuple « le plus instruit au monde » selon une étude américaine

Une étude internationale menée par l’institut américain PEW Research Center a conclu que le peuple juif est le groupe religieux le plus érudit et instruit du monde. Selon les conclusions de ce rapport réalisé auprès des religions et groupes religieux les plus importants dans 151 pays, les juifs ont un niveau d’instruction moyen de 13,4 ans, face aux chrétiens (9,3 ans) suivis par les bouddhistes (7,9) et les musulmans et Hindous (5,6 ans).

moyenne années d'instruction par culture religieuse

moyenne années d’instruction par culture religieuse

Il note aussi que le groupe religieux juif atteint 99% de personnes ayant bénéficié d’une éducation formelle et que les juifs israéliens ont une moyenne de 12 années d’instruction. Ils sont 46% de juifs israéliens à posséder un diplôme universitaire.

Autre donnée intéressante, dans le peuple juif, ce sont les femmes qui ont un degré d’instruction plus élevé que les hommes dans la catégorie des 25-34 ans avec 14 ans en moyenne d’années d’études contre 13,4 chez les hommes.

L’institut PEW fournit l’une des explications à ce phénomène: l’immense majorité des Juifs est concentrée dans des pays riches et développés et jouissent ainsi d’un niveau d’éducation et d’instruction élevés, ce qui rehausse la moyenne par rapport à d’autres groupes religieux.

Mais il existe d’autres facteurs liés bien entendu à l’Histoire et surtout à l’importance considérable accordée depuis toujours au sein du peuple juif à l’étude et à l’instruction. Celle-ci ne s’acquiert pas uniquement par le circuit scolaire : je connais ainsi un nombre incalculable d’idiots peu instruits possédant un titre universitaire et d’autres personnes sans cursus important possédant une culture générale incroyable mais en plus lié à l’intelligence vivace et aiguisée de l’école de la vie.

fabrication de musulman
Lorsque se rompt le cordon entre les classes populaires où germe le génie et les infrastructures du savoir, ces dernières finissent par être occupées par une caste de corrompus et d’incapables ne devant leur réussite qu’au pognon et au trafic d’influence.
Les raison qui font qu’une communauté produise beaucoup d’avancées civilisationelles sont plus profondes, et diverses : de multiples facteurs entrent en ligne de compte.

ci dessous ces études documentées (avec les réserves ci dessous):

  • les conclusions apportées ne présagent aucunement d’un refus ou d’une sous-estimation de droits liés au statut « humain » aux personnes de ces ensembles
  • Les mesures de QI  sont des mesures notoirement insuffisantes concernant l’évaluation des diverses sortes d’intelligence : elles n’en mesurent que certaines et font l’impasse sur d’autres sortes pouvant se révéler fondamentales dans le milieu concerné (intelligence sociale, comportementale, pratique, gestuelle, émotionnelle, spirituelle…)

extrait de QI et intelligence humaine

Quel que soit le pays à travers le monde, la hiérarchie reste rigoureusement identique, avec un ordre dicté par le Q.I moyen racial :

  1. Juifs Ashkénazes (110)
  2. Asiatiques de l’est (105)
  3. Européens (100)
  4. Asiatiques du sud-est (92)
  5. Inuits (91)
  6. Métis caucasiens-africain (81-90)
  7. Amérindiens (86)
  8. Nord africains et sud asiatiques (84-88)
  9. Africains (67-80)
  10. Aborigènes d’Australie (62)

Les différences sont bien sûr plus marquées entre les races dont le Q.I diffère sensiblement et est plus ténue entre les races d’intelligence proche.

Cette hiérarchie se vérifie immanquablement pour :

  1.   L’éducation.
  2.   Les salaires moyens.
  3.   Le taux de crime et délit (le taux augmente par ordre croissant tandis que le Q.I diminue)
  4.   Le statut socio-économique.
  5.   La fécondité (le taux de fécondité augmente par ordre croissant tandis que le Q.I diminue)

Il y a toutefois des exceptions dans ce taux de fécondité, montrant la place de certains facteurs culturels comme le haut taux de fécondité des hispaniques de religion catholique.

  1.   L’arriération mentale (augmente par ordre croissant tandis que le Q.I diminue)
  2.   La réussite scolaire.
  3.   La délinquance juvénile (augmente par ordre croissant tandis que le Q.I diminue)
  4.   Le pourcentage de mères célibataires (augmente par ordre croissant tandis que le Q.I diminue)
  5. Le taux de chomage ((augmente par ordre croissant tandis que le Q.I diminue)
  6. La réussite au SAT (test d’entré de la plupart des universités américaines)
  7. La prévalence de personnes douées.

Ces différences découlent toutes des inégalités intellectuelle entre les grandes races d’homo sapiens, les juifs ashkénazes, les asiatiques et les caucasiens se démarquant par un haut taux d’accomplissements culturels, des salaires élevés, un taux de crimes et délits faible, un statut socio économique élevé, un taux de fécondité faible, une réussite scolaire valable, une délinquance juvénile faible, un taux de mères célibataires peu élevé, un taux de chomage limité, une réussite au SAT élevée et une prévalence importante de personne douées.

A l’inverse, les nord africains, les africains et les aborigènes d’Australie se caractérisent par une aptitude intellectuelle moindre, des salaires moins élevés, un taux de crimes et délits important, un statut socio économique moins élevé, une fécondité supérieure, une réussite scolaire moindre avec de plus importants troubles juvéniles, un pourcentage important de mères célibataires, un taux de chomage élevé, une réussite au SAT faible et une prévalence de personnes douées faible.

Liste des pays, Q.I moyen et fréquence des athées

Les résultats soulèvent quatre points d’intérêt. Tout d’abord, l’hypothèse avec laquelle nous avons commencé cette étude est qu’il existe une corrélation négative entre le Q.I et la croyance religieuse. Deuxièmement, nous avons montré que la relation négative entre l’intelligence et la croyance religieuse est une différence dans Psychometric g. Troisièmement, nous avons étendu cette hypothèse à l’examen de savoir si une corrélation négative entre le Q.I et la croyance religieuse est présente entre les pays. En utilisant les données de 137 pays, nous avons trouvé une corrélation de 0,60 entre le Q.I et l’incrédulité en Dieu.

Toutes les données ci-après sont tirées de « The global bell curve » (2008) Richard Lynn.


ces points illustrent d’un jour troublant la revendication du supposé livre divin s’adressant à « ceux qui savent » et  traitant les « mécréants » d’ignorants!!!

c’est celui qui dit qui l’est
c’est le malade qui traite le mieux-portant de malade

« Et (nul) ne comprendra (ces choses) sinon les hommes instruits »
(sourate XXIX, verset 42).

 

28 décembre 2016 Posted by | Anthropologie | , , , , , | Laisser un commentaire

Magie noire et magie blanche

« Le principe de la magie noire : attendre les miracles, le bonheur, le succès, la rédemption des fautes, etc., de la part d’entités extérieures et supérieures, qui se nourrissent de l’humiliation de ceux qui leur consentent des sacrifices ou leur soumettent des incroyants, des esprits qui se réjouissent de la destruction de soi et des autres, des dieux qui exigent le mépris de soi et des autres, des êtres surnaturels aux pouvoirs illimités et aux désirs arbitraires qui ne sont tenus par aucune loi rationnellement connaissable, mais qui sont censés être influençables par l’étalage des sentiments de leurs ouailles humiliées. Bref, cette magie noire consiste à faire reposer de façon irresponsable son espoir de jouissances sur les caprices d’intervenants extérieurs et supérieurs. Or, des divinités supposées corruptibles par de tels sacrifices ne méritent pas qu’on leur sacrifie quoi que ce soit. Ce sont des êtres abjects contre lesquels tout être humain digne de ce nom ne peut que se révolter. Ceux qui se vautrent aux pieds de telles divinités sont des esclaves, des porcs, des êtres indignes de leur libre arbitre, et qui d’ailleurs s’empressent de l’abandonner. ima_sany2408-det Mais telle n’est pas la seule conception de la magie. Il est une autre magie, la magie blanche. Son principe est travailler pour obtenir et mériter en récompense chaque bienfait dont on jouit. Si tant est que l’on peut comprendre cette attitude en terme de divinités, ces divinités sont soumises à des lois connaissables, et c’est de leur conformité à ces lois et non pas de leurs caprices que l’on obtient d’elles des bienfaits, par le travail. D’une certaine façon, ces divinités ne sont pas des êtres au-dessus des lois de la nature, mais elles sont les lois mêmes de la nature. Elles ne demandent pas d’être adorées, mais comprises et acceptées pour ce qu’elles sont. Elles sont contentées non pas par l’abjection d’adorateurs mais par l’élévation en dignité et en talent de leurs contemplateurs. Elles récompensent non pas l’humiliation timorée d’humains soumis, mais la maîtrise respectueuse d’individus fiers. Elles ne promettent pas à leurs croyants une gratification future par des délices irréels, mais invitent les sages à réévaluer leurs désirs présents au vu de la réalité. Ces divinités sont incorruptibles mais bienveillantes ; elles n’ont pas de complexe de supériorité, et n’exigent pas un étalage flamboyant de sujétion par une succession de sacrifices. Elles nous proposent une relation non hiérarchisée, d’égal à égal, ou plutôt, d’inégal à inégal, où ne compte pas l’apparence d’actes périodiques, mais la profondeur d’une discipline permanente sur soi-même, discipline qui vise non à se diminuer pour se soumettre aux dieux, mais à s’améliorer pour les maîtriser. La prière en magie noire est passivité et destruction, dans une attitude d’humiliation et d’adoration. La prière en magie blanche est travail et création, dans une attitude de détermination et de respect. Le disciple de la magie noire fait le mal en espérant qu’il en sorte un bien par une violation miraculeuse des lois de la nature. Le disciple de la magie blanche fait le bien en consentant un effort calculé pour être un moindre mal selon les lois de la nature. Les prêtres de la magie noire invoquent l’autorité comme source de savoir, affirment les voies de leurs divinités impénétrables à tous sauf à eux. Les prêtres de la magie blanche proposent des conjectures à soumettre à l’examen de la raison et de l’expérience de chacun, et font de la pénétration des divinités l’essence même de leur religion. Les prêtres de la magie noire étendent leur culte en soumettant l’infidèle à leurs croyances, en humiliant et dégradant l’Autre. Les prêtres de la magie blanche étendent leur religion en soumettant leurs croyances aux critiques d’autrui, en se libérant et s’améliorant Soi-même. Les croyants en magie noire sont esclaves de leurs dieux. Les croyants en magie blanche sont maîtres de leurs dieux. Magie noire et magie blanche existent toutes deux dans les religions traditionnelles et institutionnelles. Elles sont deux pôles opposés entre lesquels se situe chacun de nos comportements. La magie noire l’emporte toujours dans les apparences; c’est toujours elle que vous trouverez dominer les institutions établies, se draper dans les beaux atours des rites formalisés, se donner en spectacles éclatants. Mais c’est la magie blanche qui l’emporte toujours en réalité ; c’est toujours elle dont vous verrez qu’elle fait marcher la boutique, elle qui s’adapte sans cesse, elle qui se cache derrière toute création, elle sur laquelle repose la civilisation même. Il est une opposition entre le bien et le mal, mais ce n’est pas celle que proposent les prêtres du culte de la mort ; ce n’est pas un conflit entre des dieux supérieurs, où le bien serait de se soumettre au Dieu d’un prêtre donné plutôt qu’aux autres. C’est au contraire l’opposition entre d’une part une culture de la destruction, de l’humiliation et du spectacle, et d’autre part une culture de la création, de la fierté et du travail. »

sources : Magie noire et magie blanche : JF RIDEAU

6 juillet 2015 Posted by | Anthropologie, Religion, Spiritualités, Valeurs | Un commentaire

Une controverse de Valladolid pour l’islam?

La controverse de Valladolid est un débat qui opposa essentiellement le dominicain Bartolomé de Las Casas et le théologien Juan Ginés de Sepúlveda en deux séances d’un mois chacune (l’une en 1550 et l’autre en 1551) au collège San Gregorio de Valladolid, mais principalement par échanges épistolaires. Ce débat réunissait théologiens, juristes et administrateurs du royaume, afin que, selon le souhait de Charles Quint, il se traite et parle de la manière dont devaient se faire les conquêtes dans le Nouveau Monde, suspendues par lui, pour qu’elles se fassent avec justice et en sécurité de conscience.
La question était de savoir si les Espagnols pouvaient coloniser le Nouveau Monde et dominer les indigènes, les Amérindiens, par droit de conquête, avec la justification morale pouvant permettre de mettre fin à des modes de vie observés dans les civilisations précolombiennes, notamment la pratique institutionnelle du sacrifice humain, ou si les sociétés amérindiennes étaient légitimes malgré de tels éléments et que seul le bon exemple devait être promu via une colonisation – émigration.
Ce débat eut lieu sous le pontificat du pape Jules III.

attrape_reveLe débat
L’humanité des Indiens, l’existence de leur âme, n’ont jamais été l’objet du débat (le pape Paul III l’avait affirmé) puisque sans cela, Sepúlveda n’aurait jamais parlé du devoir de les évangéliser et ne se serait jamais autant étendu sur leur « péché d’idolâtrie ».
Le débat regroupe un collège de théologiens, juristes et administrateurs : sept juges membres du Conseil des Indes, deux inquisiteurs du Conseil Royal Suprême, un administrateur du Conseil des grands ordres chevaleresques, trois théologiens dominicains (émanant de l’école de Salamanque), un théologien franciscain et un évêque. Cependant, il est dominé par les figures de Las Casas et Sepúlveda.
Las Casas comme Juan Ginés de Sepúlveda s’accordent sur le devoir de conversion des Indiens qui incombe aux Espagnols mais diffèrent sur le moyen d’y parvenir : colonisation pacifique et vie exemplaire pour le premier et colonisation institutionnelle où la force est légitimée par le réalisme et la nature même des civilisations précolombiennes, pour le second.
Las Casas est favorable à l’application de la philosophie de saint Thomas d’Aquin selon laquelle1 :
une société est une donnée de la nature ; toutes les sociétés sont d’égale dignité : une société de païens n’est pas moins légitime qu’une société chrétienne. On n’a pas le droit de convertir de force, la propagation de la foi doit se faire de manière évangélique, par l’exemple.
En 1532, Francisco de Vitoria avait explicitement appliqué au Nouveau Monde, les principes de saint Thomas d’Aquin de destination universelle des biens terrestres (ils sont pour tous et le droit de propriété est conditionné par le Bien Commun) et le droit de connaître la Vérité que tout homme possède sui generis : ceux qui vont aux Amériques n’ont donc pas un titre de propriété mais un devoir de mission ; personne n’a le droit d’occupation de ces territoires mais chacun doit jouir de « la liberté de passer par les mers ».

L’ensemble de la thèse Sepúlveda englobe des arguments de raison et de droit naturel avec des arguments théologiques. Juan Ginés de Sepúlveda considère les cas de sacrifices humains, d’anthropophagie, d’inceste royal, pratiqués dans les sociétés précolombiennes et suit des arguments aristotéliciens et humanistes en proposant quatre « justes titres » qui justifient la conquête : pour leur propre bien, les Indiens doivent être mis sous tutelle par les Espagnols puisque

  • lorsqu’ils se gouvernent eux-mêmes, ils violent les règles de la morale naturelle (thèse aristotélicienne de la servitude naturelle).
  • la nécessité d’empêcher, même par la force, le cannibalisme et d’autres conduites antinaturelles que les Indiens pratiquent.
  • l’obligation de sauver les futures victimes des sacrifices humains.
  • l’ordre d’évangéliser que Christ a donné aux apôtres et le Pape aux Rois Catholiques (Pape qui jouit de l’autorité universelle).

Las Casas réplique en démontrant :

  • la rationalité des indigènes au travers de leurs civilisations (l’architecture des Aztèques)
  • l’équivalence dans les coutumes des Indiens de plus grande cruauté que celle qui pouvait se trouver dans les civilisations du Vieux Monde (la civilisation romaine n’en a pas moins organisé les combats de gladiateurs) ou dans le passé de l’Espagne.
  • l’évangélisation et le fait de sauver les victimes des sacrifices humains n’est pas tant un devoir des Espagnols qu’un droit des Indiens.

Les deux partis au débat se proclament vainqueurs.


alors?

Clairement il est évident que le jugement moral sur ces coutumes et rites est repose sur une donnée temporelle : « ne pas juger les us d’antan avec les yeux et la conscience d’aujourd’hui »

retrouver les critères « n-1 » des pré-fondés de la controverse :

  • la « morale naturelle » semble un axiome du raisonnement espagnol : existe-t-il d’autres « morales » immanente? Qui a le pouvoir et le droit de déterminer cette « morale naturelle »? Serait-elle intangible et définitive? – toutes choses qui constituent le dogme d’une religion, incréé et supérieure par essence, et non par évolution…
  • « évangélisation » à une norme religieuse limitée dans le temps et dans l’espace mais que ceux-ci considèrent comme définitive (ordre christique d’évangélisation)
la défaite de la tribu juive des Banu Nadir

la défaite de la tribu juive des Banu Nadir

faut-il une nouvelle controverse de Valladolid pour l’islam?
Celui-ci se révèle par bien des égards égal voire pire que les coutumes des anciennes populations amérindiennes, et il se considère d’une façon naïvement enfantine ( à l’aune de la conscience) comme définitif.
L’islam ne pénètre-t-il pas les âmes en « enfance », remplies par la « peur » ontologique, et voulant se rassurer par le confort grégaire de l’acceptation collective, induite ou imposée, mais toujours empreinte de tromperie?

28 novembre 2013 Posted by | Anthropologie, Histoire, Valeurs | , | Laisser un commentaire

La zebiba, pierre de folie, obstacle au troisième oeil

Dans toute vrai tradition spirituelle (religion, culte, système révérenciel, traditions de type chamanique,…), on se rappelle de l’existence de l’ancienne vision (passive) des mondes intérieurs que présentaient les êtres de la vague de vie en activité dans ces époques antérieures.

Ainsi, le symbole du « troisième œil » a été spécialement développé par les religions orientales (bouddhisme, hindouisme …) mais se retrouve également dans les mythes Gréco-romains (cyclope Polypheme, …), dans la tradition chrétienne (auréole des saints, …), le Zoroastrisme, …

Certains chamanes incas, et aborigènes d’Afrique du sud sont réputés avoir même pratiqué des interventions de trépanation rituelle (encadrée précisément et méthodologiquement) à des fins de libération mentale et d’éclairement de la conscience.

Au moyen-age occidental, on retrouve des réminiscences des ces points dans la pratique de l »excision de la pierre de folie ».

Extraction de la fleur de folie

Cet acte peut soit

  1. être pris au premier niveau (chirurgical), pour libérer la pression intracrânienne du sujet en proie à une infection ou outre mal.
  2. considéré comme une ouverture du « troisième œil » au sens initiatique, alchimique  d’ élévation de conscience

Quoiqu’il en soit, cette opération était considéré comme une étape dans un processus d’initiation, car elle aurait permis la respiration intracrânienne et la vision des mondes intérieurs, au même titre que l’ouverture de la fontanelle du nouveau-né (pendant quelques mois) lui permettrai d’avoir une visualisation passive des esprits des mondes invisibles.
Ce troisième oeil est souvent assimilé au chakra AJNA du front (entre les deux yeux) , symbole de l’ouverture du mental, lucidité, clairvoyance, discernement…

Par contre, seule la tradition islamique insiste sur le « signe de piété, marque de prière » que constituerait une callosité du front appelée « zebiba » (grain de raisin) constituée par le frottement répétitif lors de la génuflexion de la prière. Les clercs islamiques aiment à arborer un tel signe, qui à l’instar des pharisiens, prouverait leur allégeance à la religion inversée. « Si le fidèle prie conformément à l’ordre qui lui en a été donné par le Prophète  et se prosterne sur le sol ou sur une surface dure, il peut en recevoir une marque sur son front. Leurs visages sont marqués par la trace laissée par la prosternation.» (Coran, 48 :29) ».
La zebîba résulte des prosternations quotidiennes : elle prend d’abord la forme d’une hyperpigmentation de l’épiderme, une tache violacée, puis d’un calot de peau, constamment soumis à de nouvelles frictions. D’autres calots résultants de la prière apparaissent par ailleurs aux chevilles et aux genoux, qu’on appelle aussi zebîba-s, mais qui, moins souvent visibles, n’ont pas la faculté d’influer sur la perception d’un homme comme celle du front, et lorsque pour le décrire on dit de quelqu’un qu’il « a une zebîba », c’est qu’elle se situe sur le visage. Le nom zebîba signifie littéralement « raisin sec », sans doute pour cause de sa couleur violacée et de sa petite taille à l’origine.
Dans la sourate XLVIII, « Al-Fath », verset 29, l’interprétation du mot sîmâhum, pareillement marque, empreinte, signe de reconnaissance, résultant des prosternations.

Cette callosité ressemble à, ce qu’au moyen-age, on appelait la pierre de folie (fleur de folie, inclusion minérale), génératrice de maladie mentale par pression et atrophie du cerveau interne (paranoïa, schizophrénie, perte du sens moral…). Ces symptômes particuliers rendent ce type de malade dépendant de systèmes de règles et procédures externes extrêmement forte, enfermantes et détaillées, car ils sont dans l’incapacité d’en élaborer devant une quelconque modification du réel.
De plus cette callosité est un durcissement, une rigidité qui va masquer le « troisième œil », centre sacré d’ouverture de conscience : c’est ainsi, sans doute, que Shaitan marque ses fidèles, en les empêchant de « voir » (devenir clairvoyant).

15 décembre 2011 Posted by | Anthropologie, Religion | , , | 2 commentaires

Déclinaisons de voiles

La burqa :Voile intégral de la tête au pied, souvent bleu, porté principalement en Afghanistan. Une grille en toile au niveau des yeux permet de voir sans être vu.
Le vêtement de protection de l’apiculteur : Il cache le corps entièrement et se termine par une capuche et d’un grillage. Ne peut être confondu avec la burqa car il est blanc et la grille un peu plus grande.

Le hijab : Voile qui recouvre les cheveux, le cou et parfois les épaules, mais laisse le visage découvert.
Le niqab : Foulard posé sur le nez qui couvre non seulement les cheveux, mais aussi une grande partie du visage, laissant les yeux seuls visibles.
Le khimar : Foulard qui couvre la tête, le cou, les épaules, le haut du corps et les bras, en laissant le visage exposé aux regards.

Le tchador : Vêtement traditionnel iranien qui couvre tout le corps. C’est une pièce de tissu coupée en demi-cercle, drapée autour de la tête, qui laisse le visage découvert et ne comporte pas d’ouverture pour les mains. Il est attaché à la taille et maintenu fermé avec les mains ou les dents.
Le sac à patates : Malgré son petit noeud pour le fermer, n’est pas plus seyant pour autant.

Le sefseri : Voile utilisé principalement en Tunisie, il couvre la totalité du corps mais pas le visage.

pour mémoire :

Les 7 voiles : Utilisés pour la danse orientale

25 juillet 2009 Posted by | Anthropologie, Géopolitique, Humour | | Laisser un commentaire