Les dits de la Huppe

echos des sept vallées

A quel troupeau appartenons-nous?

Avons-nous la possibilité de refuser d’être des idiots utiles?
des membres d’un troupeau de moutruches (chimére de mouton et d’autruche alliant le grégarisme du mouton au refus/inconscience du réel attribué à l’autruche) – pauvres bêtes, sans doute sont ils loin de cette catégorie mentale projetée, mais nous ferons avec…
Comment y arriver?

  • Rechercher le niveau culturel le plus élevé qu’il est possible d’avoir.
  • Cultiver mon intelligence (faire des liens entre tous mes savoirs culturels).
  • Se détacher de ma culture (inculquée par la famille et la société environnante).
  • Être honnête, ce qui veut dire que le surprenant, l’impensable ont autant de valeur que l’évidence.

Après ceci, quelles sont mes valeurs ?
Mes valeurs sont elles conditionnées par les émotions, par la raison ou par la conscience ?

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Islam et Islamisme

« Le mot ‘islamisme’ suggère qu’il existe un islam modéré et un islam non modéré », m’a-t-il dit lors d’une entrevue à Toronto dimanche. « Et je crois que cette distinction n’existe pas. La réalité est plutôt ce qu’a dit le Premier ministre turc [Recep Tayyip] Erdogan : ‘Il n’y a pas d’islam modéré ou immodéré. Il y a l’islam tout court. C’est l’islam du coran’ ».

«On peut certainement faire une distinction entre les gens, a ajouté Mr Wilders. Il y a des musulmans modérés – et ils sont la majorité dans nos sociétés occidentales – et des musulmans non modérés. Mais l’islam lui-même n’a qu’une seule forme. Il n’y a pas de place pour la modération dans l’idéologie totalitaire contenue dans le coran. Si on regarde vraiment ce que dit le coran, on pourrait dire qu’en réalité les musulmans  ‘modérés’ ne sont aucunement musulmans. Le coran dit que si vous refusez l’application d’un seul verset du coran, vous êtes un apostat ».

Alors réformer l’islam?

Arriver à une conception morale ouverte, réellement universaliste, mettant en application les principes d’amour et de tolérance pronées par toutes les (vrais) religions ( Christianisme, Boudhisme, Zen, Bahai, …)?
Est ce que l’islam peut-y-arriver?

On peut avoir des doutes quand on lit les choses suivantes émanant des textes racines, originels, fondamentaux de ce corpus :

Considérer le musulman comme l’égal du juif et du chrétien, la femme comme l’égal de l’homme, en pouvoir et en liberté, la fillette comme une enfant, l’homosexuel comme l’égal de l’hétérosexuel, et le musulman lui-même comme un être libre de pratiquer l’islam selon son entendement et ses capacités, de pouvoir renoncer à sa religion d’origine, d’en choisir une autre, ou tout de renoncer à jamais à l’idée même de Dieu, considérer en somme que la religion n’est pas un héritage obligatoire, mais un choix de chaque individu, on voit bien que l’islamisme n’est pas le seul obstacle…

Car c’est bien dans le Coran que l’on peut lire, c’est l’islam dans sa structure même qui dit :

« Concernant les Juifs

« Malheur à eux à cause de ce que leurs mains ont écrit. Malheur à eux à cause de ce qu’ils ont fait. » (II, 79). (Le Coran comme parole venue directement de Dieu, opposée à la Bible écrite par la main des hommes).

« Mais ceux qui étaient injustes substituèrent une autre parole à la parole qui leur avait été dite » (II, 59). (Les Juifs comme falsificateurs de la Bible).

« Si on leur dit : Suivez ce que Dieu révèle, ils répondent : Nous suivrons plutôt la voie de nos ancêtres. Et si les ancêtres n’avaient rien compris, s’ils avaient perdu la voie juste ? » (II, 170).

« Ils furent frappés par l’humiliation. La colère de dieu les éprouva… parce qu’ils tuaient injustement les prophètes, parce qu’ils étaient désobéissants et transgresseurs » (II, 61).

Concernant les Juifs et les Chrétiens

« C’est Dieu qui a envoyé son messager avec la direction droite et la religion de la vérité, pour qu’il la fasse triompher sur la religion dans sa totalité, malgré l’aversion des associateurs » (IX, 29-35). (Juifs et Chrétiens, cette fois, qui « prennent des seigneurs autres qu’Allah » et qui osent s’en croire « les préférés »).

« après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs ou que vous les trouviez. Capturez-les assiégez les et guettez les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et s’acquittent la zakat, alors laissez -leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux » (IX, 29).

« Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens. Ils sont amis les uns des autres. Ceux qui parmi vous, les prend pour amis est des leurs » (V, 51).

« Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au jour dernier ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite, ceux qui parmi les gens du Livre ne pratiquent pas la vraie religion… Ils répètent ce que les incrédules disaient avant eux. Que Dieu les anéantisse. » (IX, 29-30).

Concernant les non-musulmans

« Ceux qui ne croient pas à nos versets (ou à nos signes), nous les pousserons au feu. Chaque fois que leur peau sera brûlée, nous leur donnerons une autre peau pour qu’ils goûtent le tourment.» ( IV, 56)

« Nous avons préparé pour les coupables un feu dont les flammes les envelopperont. S’ils crient au secours, nous les secourrons avec une eau comme du bronze en fusion pour leur brûler la face.» (XVIII, 29).

Concernant les athées

« Aux incroyants l’affreux tourment (un châtiment douloureux).» ( II, 98)

« Les incroyants, je les tourmenterai terriblement (ou je les punirai d’un châtiment cruel) en cette vie et dans l’autre et ils seront sans recours.» ( III, 49)

« Vous ne les avez pas tués, c’est Allâh qui les a tués.» ( VIII, 17)
Concernant les apostats.

« Quiconque a renié Allah après avoir cru… – sauf celui qui y a été contraint alors que son coeur demeure plein de la sérénité de la foi – mais ceux qui ouvrent délibérément leur coeur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère d’Allah et ils ont un châtiment terrible. » (XVI,106).

« Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur » (IV, 89).

Concernant les femmes

« Les hommes ont autorité sur les femmes en vertu de la préférence que Dieu leur a accordée sur elles et de ce qu’ils dépensent de leurs propres biens… Celles dont vous craignez l’insoumission, admonestez-les, désertez leurs couches, frappez-les. Mais si elles reviennent à l’obéissance, ne leur cherchez pas querelle » (IV, 34).

« Vos épouses sont pour vous un champ de labour; allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et œuvrez pour vous-mêmes à l’avance. » (II, 223)

« Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs soeurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès. » (XXIV, 31)

Les défenseurs de la liberté et de l’élévation de la conscience doivent-ils encore résister ?

Il reste que n’importe quel Musulman pourra toujours légitimement se référer à la Mère du Livre (oum el kitab), pour appeler à la soumission et au meurtre de l’Autre, tant qu’une Autorité centrale reconnue de tous les Musulmans du monde, n’aura pas proposé une conception moins violente de la cohabitation humaine, et de si possible compatible avec la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

L’aggiornamento d’un texte dont le processus de canonisation dura près de 3 siècles, que les Mutazilites disaient « créé », donc historiquement daté, donc interprétable avec le temps, mais que les Hanbalites imposèrent comme « incréé », substance même de Dieu, donc intouchable, et inaccessible à la Raison humaine, cela est-il encore envisageable ? les portes de l’ijtihad sont-elles définitivement closes?

Depuis cette épisode, le monde a changé,  la conquête religieuse est devenue illégitime,  la démocratie républicaine fait de toutes les femmes et de tous les hommes des égaux (quels que soient la couleur de leur peau, leur sexe et leur inclination, leur croyance ou leur incroyance) et les hommes cherchent à entendre la voix de la Raison (même lorsqu’il leur en coûte la vie)…

Et si le livre n’était que la dernière tentative d’Ibliss de retourner/inverser/faire pourrir le vrai message d’amour que chacun tente d’entendre au fond de lui?
Et si ce « faux prophète » n’était que l’envoyé de Satan?

en ce cas, les théologiens, politiciens et intellectuels du monde musulman ont des comptes à rendre à toute l’humanité, et non pas seulement aux affidés, ainsi que  leurs comparses « dhimmisés » occidentaux (hommes politiques, niais boboïsants, intellectuels dogmatiques et corrompus,..) : ils auront inversés toutes les valeurs (comme prophétisé) et emmené une grande part de l’humanité à sa perte.

La Paix ne vaut-elle pas ce courage ?
Comment un dieu se disant miséricordieux et incommensurable aurait-il pu croire et dire de telles abjections?

30 août 2011 Posted by | Pépiements, Valeurs | | Laisser un commentaire

Un monde meilleur

Tout projet de bâtir globalement un « monde meilleur » est pervers en soi et potentiellement génocidaire.

Il appartient à Dieu seul – qu’on y croie ou non – de faire advenir un monde meilleur. Ce n’est pas sans raison que les promoteurs de tels projets se voient « divinisés »: créer une Humanité nouvelle est proprement « divin ». Que faut-il faire alors devant ou au milieu de populations élevées dans de telles idéologies de salut ?
D’abord, ne jamais collaborer avec celles-ci.
Il est du devoir de tout homme digne de ce nom d’aider à en sortir ceux qui sont prisonniers de ces systèmes de salut, lesquels constituent un danger pour ceux qu’ils imprègnent comme pour le reste du monde.

Un système de salut est un corpus idéologique qui éloigne la conscience du sujet de l’analyse critique objective de sa situation, qui l’éloigne du réel, …et par voie de conséquence ouvre la porte à toute manipulation orchestrée par les vrais bénéficiaires, souvent masqués, (hiérarchies cléricales, partis politiques, lobby financiers, maffias diverses, …)
Ceci suppose une efficacité autre que celle de la force aveugle, qui est contre-productive et qui cache souvent une idéologie concurrente. Face à une emprise sur les esprits, les réponses efficaces se situent au plan des représentations mentales et affectives mais prennent leur source dans une dimension rationnelle qu’on appelait autrefois la « science des sciences »: la théologie ou également l’épistémologie. Car on ne peut pas se passer de l’analyse des « idéologies » (ou « religions ») de salut en tant qu’elles sont un détournement des perspectives de salut issues du judéo-christianisme.
Cette analyse implique des approches scientifiques nombreuses, dont, en première place, l’histoire, l’archéologie, l’analyse biologique et végétale, la sémantique, …etc. Il s’agit de décrypter les récits, conceptuels ou mythiques, par lesquels les systèmes de salut se fabriquent des origines fictives pour occulter leurs véritables filiations – qui doivent être mises en lumière. Cela implique de cheminer dans la voie de »l’honnête homme » telle que définie au 18ème siècle
Ceci vaut entre autres pour le marxisme. Qui connaît le cheminement spirituel du jeune Marx, qui entra dans une secte avant d’être gagné aux idéaux socialistes ?

Il ne suffit pas de dire : « plus jamais ça » en pensant à tel génocide ; si la cause déterminante de ces maux n’est pas dépistée et dénoncée, le pire adviendra. Il n’a pas cessé d’advenir.
Plus jamais ça implique de décrypter le réel, strictement le réel : « facts, just facts« 

29 août 2011 Posted by | Pépiements, Politis, Valeurs | | Laisser un commentaire

L’effort de conscience garantit la liberté et la paix du cœur

De la conception de la conscience morale dépend la conception de la moralité et, in fine, de la vocation de l’homme lui-même.
Alors, qu’est-ce que la conscience ?

L’esprit du temps assimile la conscience de l’homme avec la conscience du moi. Il n’y a qu’à parcourir les cours ou les livres de philosophie de terminale pour s’en apercevoir, la conscience est l’expression du « je  » souverain, seule norme manifestant la bonté ou la malice d’un acte moral.
Souvenons-nous du critère d’authenticité de Jean-Paul Sartre. Qu’est-ce que devient alors la conscience? Une certitude subjective à propos de soi-même et de son comportement moral en dehors de toutes normes universelles. Nous retombons dans le relativisme le plus pervers. Mais réduire la conscience à l’expression du moi, c’est enchaîner l’homme à sa subjectivité. Car, quoi qu’on en puisse dire, si l’homme ne s’appuie pas sur des critères objectifs pour diriger sa vie morale, il se soumet peu à peu aux idées dominantes et changeantes de la société. Par exemple, c’est parce que nous avons perdu le sens sacré de la vie humaine dès son commencement que les media et les lobbies ont pu distiller dans les mentalités l’idée que la vie de l’enfant à naître dépendait de la volonté ou du désir des parents, et que la marchandisation de la terre et de toutes ses composantes progresse.

Ainsi, réduire la conscience à une certitude subjective qui n’est rien d’autre qu’une opinion, implique en même temps de renoncer à la vérité objective et au bien objectif dont la recherche n’est pas sans exigences. Cette conception de la conscience comme refuge de la subjectivité dispense l’homme du vrai et du bien et ainsi de ce qu’il y a en lui de plus élevé et de plus essentiel. Ainsi, il faut rappeler que cette conception subjective de la conscience est liée directement avec la crise de la Vérité. En effet, une fois perdue l’idée d’une Vérité que la raison humaine peut connaître,  » la conscience n’est plus considérée dans sa réalité originelle, c’est-à-dire comme un acte de l’intelligence de la personne qui a pour rôle d’appliquer la connaissance universelle du bien dans une situation déterminée et d’exprimer ainsi un jugement sur la juste conduite à choisir ici et maintenant; on a tendance à attribuer à la conscience individuelle le privilège de déterminer les critères du bien et du mal et d’agir en conséquence  » .

Des normes morales universellement connaissables

Au contraire, notre conviction revient à mettre en lumière le caractère rationnel et donc universellement connaissable des normes morales. Et il faut insister particulièrement sur  » le caractère intérieur des exigences éthiques qui ne s’imposent à la volonté comme une obligation qu’en vertu de leur reconnaissance préalable par la raison humaine, puis concrètement par la conscience personnelle  » (2). Le rôle de la raison humaine manifeste ici toute son importance car  » la conscience morale est un jugement de la raison par lequel la personne humaine reconnaît la qualité morale d’un acte concret qu’elle va poser, est en train d’exécuter ou a accompli » .

Mais pourquoi le Catéchisme insiste-t-il sur l’acte « concret » ? Parce que de l’universalité de la loi naturelle à la singularité de l’action, la distance est grande. Et c’est précisément la conscience qui tiendra le rôle de médiatrice entre la loi générale et l’action particulière. En ce sens, elle est l’acte par lequel s’intériorisent et se personnalisent les préceptes universels de la raison droite. Ainsi, la conscience formule l’obligation morale à la lumière de la loi naturelle : c’est l’obligation de faire ce que l’homme, par un acte de conscience, connaît comme un bien qui lui est désigné ici et maintenant. En ce sens, c’est la Vérité qui fonde l’obligation de la conscience et non la pure subjectivité.

De ce fait,  » la conscience n ‘est pas une source autonome et exclusive pour décider ce qui est bon et ce qui est mauvais, au contraire, en elle est profondément inscrit un principe d’obéissance à l’égard de la norme objective qui fonde et conditionne la conformité de ses décisions aux commandements et aux interdits qui sont à la base du comportement humain « .

La conscience juge infaillible?

Le respect des consciences ne signifie pas que la conscience soit l’instance suprême qui déciderait par elle-même du bien et du mal. Rappelons-le, la conscience est mesurée par la loi morale. Elle peut donc errer ou être dans l’ignorance. En cela, elle n’est pas infaillible.

La conscience peut ainsi être fausse en se croyant dans le vrai, comme le manifeste l’exemple de cette jeune bohémienne qui croyait en conscience que le vol était un bien car sa famille le lui avait appris dès son jeune âge. Car la conscience est le lieu de rencontre de différents éléments comme le milieu familial, social, les coutumes, les habitudes, l’inconscient personnel et collectif, les trames venant des vies passées, …. et de ce lieu de rencontre ressort une négociation permanente qui s’incarnera dans le comportement de la personne. Le dit comportement inter-agira à terme sur la conscience et la fera ainsi évoluer au fil des vies.
Le monde se révélera le lieu de rencontre des différents niveaux de conscience entre individus, populations, cultures, voire civilisations…
La conscience peut donc faillir soit dans un acte de jugement, soit selon une orientation habituelle. Elle peut l’être aussi par habituation au mal moral, par ignorance permise ou voulue de telle sorte que l’on finit par admettre comme moralement bon ce que l’on sait être mauvais… et cela selon l’adage bien connu:  » Quand on ne vit pas comme on pense, on finit par penser comme on vit.  » 

En ce cas, le problème se pose de savoir à quel point une conscience erronée peut être norme de la moralité.
 » Une erreur est toujours possible, la conscience peut s’égarer par suite d’une ignorance invincible, sans perdre pour autant sa dignité mais on ne peut pas parler d’ignorance invincible lorsque l’homme se soucie peu de rechercher la Vérité ou lorsque l’habitude de transgression rend la conscience peu à peu aveugle. Pour avoir une conscience droite, l’homme doit rechercher la Vérité. C’est toujours de la Vérité que découle la dignité de la conscience. Et la conscience compromet sa dignité lorsqu’elle est coupablement erronée « .

De ce fait, il faut dire que  » le mal commis à cause d’une ignorance invincible ou d’une erreur de jugement non coupable peut ne pas être imputable à la personne qui le commet ; mais, même dans ce cas, il n’en demeure pas moins un mal, un désordre par rapport à la Vérité sur le bien « .

Il est donc primordial d’éduquer la conscience morale, c’est-à-dire de créer les conditions d’un jugement de conscience habituellement vrai. Et nous touchons là au domaine de la prudence, vertu par laquelle se forme une certaine adéquation entre l’homme et le vrai bien. Ainsi, il ne suffit pas de connaître les normes universelles pour être capable de conduire des actions concrètes, encore faut-il être prudent. C’est pourquoi  » la conscience doit être informée et le jugement moral éclairé. Une conscience bien formée est droite et véridique. Elle formule ses jugements suivant la raison. »
L ‘éducation de la conscience est une tâche de toute la vie. Dès les premières années, elle éveille l’enfant à la connaissance et à la pratique de la loi intérieure reconnue par la conscience morale.
L’éducation de la conscience garantit la liberté et engendre la paix du cœur.

9 août 2011 Posted by | Pépiements, Valeurs | , | Un commentaire

La ponérologie, une science du « mal »

L’ouvrage « Ponérologie Politique » suggère que l’influence des psychopathes et autres déviants n’est pas qu’une simple influence parmi tant d’autres affectant la société, mais que, si les circonstances sont favorables, elle détermine la manière dont nous vivons, ce que nous pensons, et la façon dont nous jugeons ce qui se passe autour de nous.

Quand on comprend la véritable nature de cette influence : qu’elle est sans conscience, sans émotion, égoïste, froide et calculatrice, dénuée de tous standards moraux ou éthiques, on est horrifié, mais en même temps, tout commence à s’éclairer soudainement.
Notre société perd de plus en plus son âme parce que les personnes qui la dirigent et qui donnent l’exemple sont sans âme — ils n’ont littéralement aucune conscience.

Quand vous en venez à comprendre que les rênes du pouvoir politique et économique sont entre les mains de personnes sans conscience qui ne possèdent pas de faculté d’empathie, cela permet de regarder ce que nous appelons le « mal » d’une façon totalement nouvelle. Le mal n’est plus seulement une question morale ; il peut alors être analysé et compris scientifiquement.

Avec M. LOBACZEWSKI, le mot «  Ponérologie » a été purgé de ses connotations religieuses — un contexte au sein duquel il n’a jamais fait de bien à la société dans son ensemble.
Ce mot désigne la science du mal, de la compréhension scientifique de ses origines, et de la façon dont, telle une maladie, il peut « infecter » les individus et les sociétés.
Lorsque les législateurs et les grands patrons du monde des affaires sont des psychopathes, leur façon de penser et de raisonner — leur « moralité » — devient la culture et la « moralité » communes des populations qu’ils gouvernent.
Quand cela se produit, le mental de la population est « infecté » de la même façon qu’un agent pathogène infecte un corps physique. La seule manière de nous protéger contre cette pensée pathologique est de nous « vacciner » contre elle, et cela se fait en apprenant le plus possible de connaissances sur la nature de la psychopathie et sur son influence sur nous.

Fondamentalement, cette « maladie » particulière prospère dans un environnement où son existence même est niée, et où ce déni est planifié et délibéré.

M. LOBACZEWSKI a étudié le fonctionnement de ces personnes non pas d’un point de vue politique, mais psychologique. Ce faisant il est arrivé à déterminer la manière dont des idéologues et des agents disposant de pouvoirs répressifs, malgré leur inhumanité, en arrivent à obtenir l’adhésion de larges populations. Tout le monde n’a-t-il pas un fond pervers / pathologique, des périodes de vie marquées par une existence perverse / pathologique ?

Tout d’abord, il faut souligner que les «  fous » n’ont pas besoin de l’adhésion de larges populations, mais seulement d’une minorité puissante qui puisse à la fois « orienter » la population et la contrôler.

Aux États-Unis — et ailleurs dans le monde — même le peuple le plus oppressé et le plus injustement traité est facilement contrôlé par la peur et la crainte de perdre le confort matériel auquel il a accès : divertissements, sports, jeux, etc. Même l’échec du système éducatif, médical et des garanties sociales, ne pousse pas les gens à réellement remettre la situation en question. Nous avons affaire — pour reprendre les termes d’Aldous HUXLEY — à une dictature scientifique : du pain et des jeux.
En bref, la plupart des Américains (et européens) sont conscients de leur oppression, et l’expriment dans les sondages, mais ceux qui sont au pouvoir ont réussi à les droguer avec une pléthore de distractions — la peur et le plaisir — suffisantes pour les garder sous contrôle.
Il y a la carotte et le bâton. Tant que les gens peuvent continuer à vivre dans l’illusion, ils le font. Quand l’illusion commence à se fissurer, alors le pouvoir actionne le bâton.
Les gens ont peur de faire des vagues par crainte de perdre ce qu’ils ont, de perdre leur tranquillité, de devoir faire des efforts pour résister. Après tout, cela leur prend tout leur temps de maintenir l’illusion, ils doivent trimer quotidiennement pour éviter qu’on leur reprenne leur 4×4, et ils veulent avoir du temps pour le match de football du samedi.

Ils s’imaginent aussi que de toute façon,  le système s’auto-régulera. Le livre de LOBACZEWSKI nous montre pourquoi cette façon de penser est extrêmement naïve. Le système qui est en place est un système pathologique qui est en désaccord profond avec la manière d’être ou la nature de la plupart des gens. Les gens de conscience sont dirigés par des gens sans conscience. Ce fait constitue l’injustice primordiale, et il est la base des autres maux de la société.

Ce système est resté secret pendant de nombreuses années parce qu’il y avait encore des gens de conscience qui se trouvaient à des postes élevés, mais avec le temps, ils ont tous été remplacés ou mis à l’écart d’une manière ou d’une autre, et maintenant la pathologie du système est à découvert, mais personne ne s’en soucie. Si vous regardez l’Histoire de ces cinquante dernières années, vous découvrirez que pratiquement tous les personnages publics qui sont mort tragiquement avaient une conscience, se souciaient du peuple, et avaient suffisamment d’influence pour causer des problèmes aux individus de type pathologique.

C’est cette idée que nous sommes tous plus ou moins pervers ou pathologiques, que nous avons tous une part d’ombre — selon les termes de JUNG — qui sert de support majeur au système pathocratique et permet aux psychopathes de se cacher parmi la population générale. On nous a convaincus que nous n’étions tous que des animaux et que tout le monde était capable de devenir un HITLER, un BUSH ou un MENGELE, si les circonstances s’y prêtaient. Nous y croyons parce que dans notre vie, nous avons tous fait des choses dont nous avons honte, pour lesquelles nous avons des remords. Nous connaissons ces pensées qui nous viennent dans des moments d’intense émotion, des pensées dont nous ne voudrions pas que les autres les connaissent ou les entendent. Nous sentons que nous avons cette part d’ombre en nous, une part de nous-mêmes dont nous ne sommes pas fiers. Parce que nous ressentons ce sentiment de honte et de remords concernant cet aspect de nous-même, nous projetons sur les autres cette capacité. Faire une telle projection revient à commettre l’erreur fatale.

Cela soulève deux questions. Premièrement, il existe une différence énorme entre quelqu’un qui, par exemple, dans le feu d’une dispute avec son partenaire, perd son self-control et abuse physiquement ou psychologiquement de cette personne, et quelqu’un qui accomplit la même chose froidement, avec calcul et préméditation. Il s’agit dans les deux cas de mauvaises actions. Je n’essaie pas de minimiser les abus commis dans un moment d’émotion. Mais cette même personne, celle qui perd le contrôle momentanément, serait incapable de calculer et de planifier froidement cet acte. En son for intérieur, quelque chose reculerait face à cette idée. Chez le psychopathe, cette voix de la conscience n’existe pas. Les psychopathes sont capables de comploter le génocide d’un peuple ; les personnes de conscience n’en sont pas capables. Une personne peut être tuée dans le feu d’une dispute. Plusieurs milliers peuvent mourir en raison d’un froid calcul.

Une manière de comprendre cela est de considérer les études qui montrent que chez les psychopathes, non seulement les taux de crimes violents sont plus élevés, mais aussi que les types de crimes violents qu’ils commettent différent de ceux qui sont commis par les non-psychopathes. Une étude a montré que deux tiers des victimes de psychopathes étaient des hommes étrangers à la famille –  tandis que deux tiers des victimes de non-psychopathes étaient des membres de la famille (féminines ou connaissances féminines — des crimes passionnels). Les gens normaux peuvent commettre des actes de violence quand ils sont en état d’extrême bouleversement émotionnel, mais les psychopathes choisissent avec sang-froid leurs victimes dans un but de vengeance ou de punition, ou pour atteindre quelques objectifs. C’est à dire que la violence psychopathique est instrumentale, un moyen d’arriver à ses fins — elle est prédatrice.
deuxièmement, dans une société dominée par « les valeurs pathologiques », si on peut utiliser cette expression, l’existence d’un petit groupe de gens sans conscience promouvant une culture de la cupidité et de l’égoïsme crée un environnement au sein duquel ce qui est pathologique devient la norme.
Dans cet environnement, les gens de conscience qui sont faibles et influençables endossent les caractéristiques du type pathologique afin de survivre et de réussir. Ils voient que leurs dirigeants mentent et trichent, et ils en déduisent que s’ils veulent avancer, alors ils peuvent eux aussi mentir et tricher.

Une société fondée sur la compétition — le capitalisme, par exemple — est une société où la psychopathie est adaptative et à des chances de s’accroître. La psychopathie est une stratégie de vie adaptative qui réussit extrêmement bien dans nos sociétés occidentales, et qui a donc augmenté au sein de la population. En outre, conséquence d’une société adaptative à la psychopathie, de nombreux individus qui NE sont PAS des psychopathes génétiques se sont adaptés de façon similaire, devenant des psychopathes « dans les faits », ou « sociopathes secondaires ». Autrement dit, dans un monde de psychopathes, ceux qui ne sont pas des psychopathes génétiques sont induits à se comporter comme des psychopathes, simplement pour survivre. Quand les règles sont établies de manière à rendre une société « adaptative » à la psychopathie, elle fait de chacun un psychopathe potentiel.

Si cette influence pathologique était retirée de la société, en mettant les psychopathes en quarantaine, en éduquant les gens de conscience aux symptômes de la pathologie, à ce qu’il faut considérer et à la façon dont gérer la manipulation, en changeant les systèmes créés par les psychopathes — si, au moyen de telles méthodes, nous étions capables de supprimer cette influence ponérogénique, alors l’autre pôle, celui de la conscience, serait le plus influent des deux, et les gens tendraient vers l’altruisme et la vérité plutôt que vers l’égoïsme et les mensonges. Si nous étions capables de supprimer l’influence pathologique, nous découvririons peut-être que nos conceptions de la « nature humaine » sont erronées et mal évaluées, parce que nous acceptons en tant qu’« humains » ceux qui sont génétiquement sans conscience. Supprimez-les, eux et leurs actions, de l’ensemble des données, supprimez leur influence de la société dans son ensemble, et les qualités supérieures de la nature humaine douée de conscience pourraient trouver des moyens d’expression que nous n’aurions jamais imaginés possibles.

Les traits de la psychopathie

Comment peut-on discerner les psychopathes des gens sains ? Pouvez-vous nous faire le portrait du véritable psychopathe ? Pouvez-vous nous donner des exemples permettant de faire le lien avec quelque chose de plus général ? Quelles sont les facultés qui leur font défaut ?
Le portrait le plus simple, le plus clair et le plus vrai du psychopathe est donné dans les titres de trois riches ouvrages sur le sujet dont l’un s’intitule Without Conscience.
Un psychopathe, c’est exactement cela : une personne sans conscience. La chose la plus importante à retenir est qu’il se dissimule sous un masque de normalité qui est souvent si convaincant que même les experts sont trompés et, en conséquence, ces psychopathes deviennent « les Serpents en costume cravate » qui contrôlent notre monde.
La culture populaire voit les psychopathes comme des personnages tels Hannibal LECTER, héros du « Silence des agneaux », c’est à dire des tueurs en série. Cependant, bien qu’un certain nombre de psychopathes soient des criminels et aient eu affaire à la justice et que certains soient en fait des tueurs en série, un grand nombre d’entre eux n’ont jamais d’ennui avec la justice. Ce sont les plus intelligents, et aussi les plus dangereux parce qu’ils ont trouvé des moyens d’utiliser le système à leur avantage.

Un grand nombre de traits caractérisent les psychopathes : l’un des plus évidents est l’absence totale de conscience. Tout sens de remords ou d’empathie envers les autres est absent chez eux. Ils peuvent être extrêmement charmants et sont experts pour charmer et hypnotiser leur proie par la parole. Ils sont également irresponsables. Rien n’est jamais leur faute ; quelqu’un d’autre ou le monde en général est toujours à blâmer pour tous leurs « problèmes » ou leurs erreurs.

Les psychopathes utilisent la pitié pour manipuler les autres. Ils vous convainquent de leur donner encore une chance, et de ne parler à personne de ce qu’ils ont fait. Ainsi, un autre trait — l’un des plus importants — est leur capacité à contrôler le flux d’information.
Ils sont également incapables d’éprouver des émotions profondes. En fait, quand Robert HARE — un psychologue canadien qui passa sa carrière à étudier la psychopathie — fit passer des scanners cérébraux à des psychopathes tout en leur présentant deux séries de mots : une série de mots neutres sans association émotionnelle, et une série composée de mots chargés émotionnellement, alors que différentes zones du cerveau s’activèrent dans le groupe test des non-psychopathes, dans celui des psychopathes, les deux séries furent traitées par la même zone du cerveau, celle qui traite le langage. Ils n’eurent pas de réaction émotionnelle instantanée.
Toute notre vie émotionnelle est un mystère pour eux, et en même temps, elle leur fournit un outil formidable pour nous manipuler. Pensez à ces moments où nous sommes profondément affectés par nos émotions, et à quel point notre capacité à réfléchir s’en trouve affaiblie.
Maintenant, imaginez que vous êtes capable de feindre une telle émotion, tout en restant calme et calculateur, tandis que la personne avec laquelle vous échangez est véritablement prise dans un tourbillon émotionnel. Vous pourriez avoir recours aux larmes ou aux cris pour obtenir ce que vous voulez, tandis que votre victime serait poussée au désespoir par les émotions qu’elle vivrait.

Il semble aussi qu’ils n’aient pas de réelle conception du passé ou du futur, vivant entièrement pour leurs besoins et désirs immédiats. En raison de la stérilité de leur vie intérieure, ils recherchent souvent de nouveaux frissons, depuis le sentiment de puissance ressenti en manipulant les autres jusqu’à l’engagement dans des activités illégales pour la simple poussée d’adrénaline qu’elles procurent.

Un autre trait du psychopathe est ce que LOBACZEWSKI définit comme leur « connaissance psychologique spéciale » des gens normaux. Ils nous ont étudiés. Ils nous connaissent mieux que nous-ne nous connaissons nous-mêmes. Ils sont experts dans l’art de toucher nos points sensibles, d’utiliser nos émotions contre nous. Mais en plus, ils semblent même avoir une sorte de pouvoir hypnotique sur nous. Quand nous commençons à être pris dans la toile d’un psychopathe, nos facultés de réflexion se détériorent, se troublent. On dirait qu’ils nous jettent un sort.

Ce n’est que plus tard, une fois que nous ne sommes plus en leur présence, fascinés par eux, que la clarté de pensée réapparaît, et nous restons là à nous demander comment nous avons pu être incapables de réagir ou de nous opposer à leurs actes. De nombreux livres écrits en anglais sur la psychopathie mentionnent les psychopathes en tant que groupe qui partage un ensemble de traits communs.
Mais LOBACZEWSKI est allé plus loin en donnant une taxonomie des différents types de psychopathes et autres types pathologiques, et en montrant la façon dont leurs déviances oeuvrent de concert pour former un système pathologique. Il a révélé certains travaux réalisés par des psychologues en Europe, travaux qui avaient été perdus au cours de la période communiste.
LOBACZEWSKI mentionne le fait qu’en Allemagne nazie et en Russie stalinienne, les sciences psychologiques furent cooptées pour soutenir les régimes totalitaires, et que cela fut accompli par des psychopathes au pouvoir qui entreprirent ensuite de détruire toute possibilité de diffuser largement des informations précises sur la condition psychopathique.
Il fait remarquer que tout régime constitué principalement de déviants pathologiques ne peut permettre à la psychologie de se développer et de s’épanouir librement, parce que le régime lui-même serait alors diagnostiqué comme pathologique, ce qui révélerait «  l’homme derrière le rideau ».
En se fondant sur des observations de première main du phénomène en question, LOBACZEWSKI déclare que la répression du savoir est entreprise de façon typiquement psychopathique : à couvert et derrière un « masque de santé mentale ». Pour être capable de contrôler les sciences psychologiques, on doit savoir ou être capable de sentir ce qui se passe et quels domaines de la psychopathologie sont les plus dangereux. Un régime politique pathologique localise les individus psychopathes œuvrant dans ce domaine (habituellement de très médiocres scientifiques), facilite leurs études universitaires et leurs diplômes ainsi que l’obtention de postes-clés avec un pouvoir d’encadrement des organisations scientifiques et culturelles. Ils sont alors en position d’écraser les personnes plus douées — étant motivés aussi bien par leur propre intérêt que par cette jalousie typique qui caractérise l’attitude du psychopathe envers les gens normaux. Ce sont eux qui surveillent les articles scientifiques pour leur « propre idéologie » et qui font tout pour s’assurer qu’un bon spécialiste se verra refuser la documentation scientifique dont il aura besoin.

Selon Robert HARE, CLECKLEY, LOBACZWESKI et beaucoup d’autres experts en psychopathie, un diagnostic de psychopathie ne peut se baser sur des symptômes comportementaux visibles à l’exclusion des symptômes interpersonnels et affectifs, parce qu’une telle procédure transforme en psychopathes de nombreuses personnes qui sont simplement blessées par la vie ou la société, et permet aux vrais psychopathes qui arborent un « masque de santé mentale » bien construit d’échapper au dépistage. D’après une documentation de plus en plus conséquente, beaucoup (ou la plupart) des psychopathes grandissent dans des familles aisées et stables, et deviennent des criminels en col blanc qui, à cause de leur argent et de leur position, ne subissent jamais la révélation publique de leurs comportements destructeurs privés, et échappent constamment au système judiciaire.

Venons en maintenant au diagnostic et/ou au dépistage en particulier : il existe un certain nombre de théories sur l’étiologie de la psychopathie : par exemple la psychopathie en tant que stratégie adaptative ou variante de la personnalité normale, ou encore dysfonctionnement du cerveau, trouble de l’attachement ou expression d’une pathologie dans la petite enfance, trouble d’apprentissage, etc. Très peu de preuves empiriques soutiennent l’idée que le vrai psychopathe est le résultat d’une enfance maltraitée, par contre de nombreuses preuves empiriques soutiennent une cause génétique. Le modèle neurobiologique nous donne l’espoir de détecter même le psychopathe le plus retors.
Cela est confirmé par des études récentes d’imagerie cérébrale qui montrent que les psychopathes abusant de substances toxiques ont moins d’activité cérébrale durant la réalisation d’une tâche de décision lexicale que les non-psychopathes abusant des mêmes substances.

HARE et d’autres ont aussi découvert que les anomalies ERP des psychopathes ne s’arrêtaient pas au langage affectif mais incluaient aussi le langage abstrait. Une autre découverte curieuse notée dans deux études distinctes fut une onde négative exceptionnellement grande qui balayait les zones frontales du cerveau. Une interprétation possible est que cela reflète une profonde anomalie de traitement cognitif et affectif.

D’autres études récentes donnent des résultats et des conclusions similaires : à savoir que les psychopathes ont de grandes difficultés à traiter les éléments affectifs (émotionnels) à la fois verbaux et non-verbaux, qu’ils ont tendance à confondre la signification émotionnelle des événements, et le plus important, que ces déficits apparaissent dans les scanners du cerveau. Les psychopathes ont une distribution inter-hémisphérique inhabituelle des ressources de traitement, des difficultés à apprécier le sens subtil et les nuances du langage — comme les proverbes, les métaphores, etc. — ont une faible capacité de discrimination olfactive, vraisemblablement en raison d’un dysfonctionnement orbito-frontal, et pourraient être affectés par ce qui ressemble à une forme subclinique de trouble de la pensée caractérisée par un manque de cohésion et de cohérence dans le langage. Aucun autre modèle de psychopathie ne peut expliquer toutes ces anomalies cognitives et affectives, qui peuvent être détectées par des scanners du cerveau.
Comme LOBACZEWSKI le fait remarquer, si un psychopathe se considère lui-même comme normal, ce qui bien sûr est considérablement plus facile s’il est en position d’autorité, alors il considérera une personne normale comme différente, et donc anormale.
Les actions et réactions d’une personne normale, ses idées et critères moraux, étonnent le psychopathe, qui les voit comme anormaux. Quelqu’un de normal étonnera le psychopathe par sa naïveté, il considérera cette personne comme partisane de théories incompréhensibles sur l’amour, l’honneur et la conscience ; il ne sera pas loin de la traiter de « cinglé ». Cela explique pourquoi les gouvernements pathologiques ont toujours considéré les dissidents comme étant « mentalement anormaux ».

Le système judiciaire n’est pas fait pour gérer ce problème, car, évidemment, ce système est souvent la création d’individus pathologiques — ou du moins, ce sont eux qui l’administrent. Une législation bien pensée exigerait d’examiner scientifiquement les individus qui prétendent de façon trop insistante ou spécieuse que quelqu’un d’autre est psychologiquement anormal.
D’autre part, tout système social (ou tout dirigeant) pathologique au sein duquel la psychiatrie est utilisée pour des raisons politiques présente des problèmes supplémentaires. Toute personne se rebellant contre un système gouvernemental qui le choque par son étrangeté et son immoralité, peut facilement être désigné par les représentants dudit gouvernement comme un individu « mentalement anormal », quelqu’un qui a un « trouble de la personnalité » et qui devrait subir un traitement psychiatrique ; et les représentants de ce gouvernement ont de nombreux moyens à leur disposition pour prendre le contrôle de la procédure d’examen. Ils peuvent faire appel à un psychiatre scientifiquement et moralement dégénéré pour accomplir cette tâche.

Comme la plupart des chercheurs, il opère une distinction initiale entre les déviances héréditaires et les déviances acquises, c’est-à-dire entre ceux qui sont nés pathologiques et ceux qui deviennent pathologiques à cause de blessures des tissus cérébraux ou de traumatismes dans leur enfance. Une blessure du tissu cérébral peut laisser des cicatrices qui changent ensuite la capacité de l’individu à percevoir et à ressentir. Ces zones du cerveau destinées à gérer ces fonctions ne peuvent le faire, et donc les données sont déviées vers d’autres zones normalement destinées à d’autres tâches.

Lobaczewski nomme caractéropathes les individus dont le caractère se développe de manière déformée à cause de blessures ou de traumatismes. Il donne ensuite la liste des différentes formes de caractéropathies :

  • le caractéropathe paranoïde (il cite LENINE comme exemple) ;
  • la caractéropathie frontale, une déviance due à des blessures dans les zones frontales du cortex cérébral (STALINE est un exemple de ce type) ;
  • la caractéropathie induite par des substances (médicaments et drogues), causée par l’usage de produits qui endommagent le système nerveux central.
  • les caractéropathies induites par les agents pathogènes (les maladies) (il suggère la possibilité que Franklin D. ROOSEVELT ait souffert de ce trouble), ainsi que certains personnages épileptiques (CESAR et NAPOLÉON, MAHOMET).

Les troubles héréditaires sont : la schizoïdie ou psychopathie schizoïdique, la psychopathie essentielle, la psychopathie asthénique, la psychopathie anankastique, hystérique et skirtoïde, et les individus qu’il qualifie de «  chacals », c’est-à-dire ceux qui finissent comme tueurs à gages ou mercenaires. LOBACZEWSKI conjecture que ce dernier type est un mélange des autres types. Pour donner une idée, je vais juste évoquer deux types.

  1. La psychopathie schizoïde est une déviance qui engendre des personnes hypersensibles et méfiantes qui ne tiennent aucun compte des sentiments des autres. Elles sont attirées par les idées grandiloquentes, mais leur nature psychologique appauvrie limite gravement leurs perceptions et transforment leurs soi-disant « bonnes intentions » en influences favorisant le mal. Leur idée de la nature humaine finit par pervertir leurs tentatives. Comme le dit LOBACZEWSKI, l’expression typique de leur attitude envers l’humanité se retrouve dans ce qu’il appelle la « déclaration schizoïdique » : « La nature humaine est si mauvaise que dans la société humaine, l’ordre ne peut être maintenu que par un pouvoir fort créé par des individus hautement qualifiés au nom d’une idée supérieure ». Combien de mouvements contemporains, du fascisme au communisme en passant par le néo-conservatisme et des systèmes géopolitiques tels l’islam, sont fondés sur cette idée ! On pourrait facilement imaginer que cette déclaration vient de Leo STRAUSS, par exemple.
  2. Les psychopathes essentiels sont ceux qui se rapprochent le plus de l’idée de la psychopathie examinée par CLECKLEY, HARE, BALBIAK et d’autres. LOBACZEWSKI fait cette remarque effrayante : « Ils apprennent à se reconnaître dans une foule dès l’enfance, et ils développent la conscience de l’existence d’autres individus similaires à eux. Ils prennent également conscience de leur différence par rapport au monde des personnes qui les entourent. Ils nous voient avec un certain recul, comme une variété para spécifique ». Pensez aux implications de cette déclaration : Ils sont, dans une certaine mesure, conscients d’appartenir à un groupe, et ce, même depuis l’enfance ! Reconnaissant leur différence fondamentale par rapport au reste de l’humanité, leur allégeance serait envers ceux de leur espèce, c’est-à-dire les autres psychopathes.

LOBACZEWSKI fait remarquer que, dans toute société, les individus psychopathiques créent souvent un réseau actif de collusions communes, séparé dans une certaine mesure de la communauté des gens « normaux ». Ils sont conscients d’être différents. Leur monde est éternellement divisé selon le mode « eux et nous » ; leur monde avec ses propres lois et coutumes, et l’autre « monde étranger » des gens « normaux » qu’ils considèrent comme rempli d’idées et de coutumes présomptueuses sur la vérité, l’honneur et la décence, à la lumière desquels ils se savent moralement condamnés.

Leur propre sens déformé de l’honneur les pousse à tromper et à injurier les non-psychopathes et leurs valeurs. En contradiction avec les idéaux des gens normaux, les psychopathes ressentent comme un comportement normal le fait de rompre les promesses et les accords. Non seulement ils convoitent les biens et le pouvoir et les revendiquent comme un droit, simplement parce qu’ils (les psychopathes) existent et qu’ils peuvent se les approprier, mais ils prennent aussi un plaisir particulier à spolier autrui et usurper leurs biens ; ce qu’ils peuvent plagier, escroquer et extorquer sont des fruits bien plus savoureux que ceux qu’ils peuvent récolter par un travail honnête. Ils réalisent aussi très tôt à quel point leurs personnalités peuvent avoir des conséquences traumatisantes sur les personnalités des non-psychopathes, et apprennent comment tirer avantage de cette source de terreur afin d’atteindre leurs objectifs.

À présent imaginez à quel point les êtres humains qui sont totalement ignorants du sujet pourraient être abusés et manipulés par ces individus s’ils étaient au pouvoir dans différents pays, feignant d’être loyaux envers les populations locales tout en insistant sur les différences physiques évidentes et facilement discernables entre groupes (telles que la race, la couleur de peau, la religion, etc.). Les humains psychologiquement normaux seraient dressés les uns contre les autres sur la base de différences insignifiantes tandis que les déviants au pouvoir, dont la différence fondamentale par rapport au reste d’entre nous est l’absence de conscience, l’incapacité à éprouver des sentiments pour un autre être humain, récolteraient les bénéfices et tireraient les ficelles.

Une clé pour notre monde actuel

Je pense que cela décrit de façon assez juste la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui.

A. LOBACZEWSKI nous offre une analyse de la manière dont les différents types de psychopathes travaillent de concert pour former un système au sein duquel les personnes cliniquement pathologiques détiennent les clés du pouvoir et dirigent les gens psychologiquement normaux.

Au début du livre, LOBACZEWSKI décrit ses expériences à l’université, où il rencontra le phénomène pour la première fois. Il se rendit à la bibliothèque pour emprunter quelques livres traitant de la psychopathie et découvrit avec étonnement qu’on les avait tous retirés ! Ce fait démontre qu’ils sont conscients de leur différence, au moins certains d’entre eux, et dans le cas de la Pologne sous le communisme, ces individus conscients de leur différence étaient suffisamment haut placés et avaient suffisamment de pouvoir pour faire retirer les livres de la bibliothèque universitaire.

Comment un tel comportement peut-il être compatible avec un système de croyance qui nous dit que nous avons tous une étincelle divine en nous, ou que tout le monde a une conscience ?
Notre système de morale ne nous donne aucun moyen de traiter cette maladie. Elle doit être comprise pour ce qu’elle est. Ces personnes ne peuvent être «  soignées »

Un des facteurs principaux à prendre en compte dans la façon dont une société peut être accaparée par un groupe de déviants pathologiques est que la seule limitation est celle de la participation d’individus prédisposés au sein de cette société. Pour les déviants les plus actifs, LOBACZEWSKI donne le chiffre approximatif de 6% en moyenne sur une population donnée. Bien sûr, ce chiffre varie selon les pays, en fonction de nombreuses variables. La société occidentale offre un large choix d’individus prédisposés.

Le psychopathe essentiel est au centre de la toile. Les autres psychopathies et caractéropathies décrites par LOBACZEWSKI et d’autres forment le second niveau du Système de Contrôle Pathologique, et il est important de noter qu’ils sont bien plus nombreux que les psychopathes essentiels. Ainsi, ce groupe représente-t-il environ 6% d’une population donnée.

Le niveau suivant d’un tel système est composé d’individus qui sont nés normaux, mais qui sont déjà déformés par une exposition à long terme à des éléments psychopathiques via les influences familiales ou sociales, ou qui, par quelque faiblesse psychique, ont choisi de satisfaire aux exigences de la psychopathie pour leurs propres buts égocentriques. En termes de chiffres, selon LOBACZEWSKI, ce groupe représente environ 12% d’une population donnée dans des conditions normales ; il est difficile, comme le fait remarquer LOBACZEWSKI, de tracer une frontière précise entre ces derniers types et les déviants génétiques sans l’apport d’une science authentique et non-psychopathique. À l’heure actuelle, les distinctions ne peuvent être que descriptives.

Il se trouve donc que 18% d’une population donnée oeuvrent activement à la création et à la domination d’une pathocratie (ou font des tentatives qui vont dans ce sens). Le groupe de 6% constitue la noblesse pathocratique, et le groupe de 12% forme la nouvelle bourgeoisie, dont la situation économique est des plus avantageuses.

Une fois établi, le système psychopathique élitiste ronge tout l’organisme social, gâchant les compétences et pouvoirs de celui-ci. Une fois qu’une pathocratie a été établie, elle suit un certain chemin et possède certains pouvoirs «  attractifs ». Dans une pathocratie, le système socio-économique émane de la structure sociale créée par le système du pouvoir politique, qui est un produit de la vision du monde élitiste propre aux déviants pathologiques. Ainsi, on peut dire que la pathocratie ressemble à un processus de maladie macrosociale créé par des agents pathogènes humains, et elle peut en venir à affecter une nation entière à un degré équivalent à un cancer qui diffuse ses métastases. La maladie macrosociale de la pathocratie suit exactement le même modèle que le cancer qui évolue dans un organisme en suivant un processus pathodynamique caractéristique.

Il est impossible de comprendre un tel phénomène pathologique en utilisant les méthodes des gens « normaux » qui ne prennent pas en compte les processus de pensée déviants des agents pathogènes humains. On pourrait certainement dire que le monde entier est gouverné par une « pathocratie cachée » (ou cryptopathocratie) depuis très longtemps. De nombreux chercheurs suggèrent qu’il y a toujours eu un « gouvernement secret » opérationnel même si le gouvernement « officiel » n’est techniquement pas une pathocratie. On peut suggérer que les psychopathes sont techniquement TOUJOURS en coulisse, même au cours des cycles historiques qui ne sont PAS des pathocraties (c’est à dire les « bonnes périodes » que LOBACZEWSKI décrit comme la fondation d’un cycle hystéroïde qui ouvre la porte à une pathocratie à découvert).

Si nous utilisons le terme pathocratie à la place de « loi du gouvernement secret », alors toute l’Histoire devient une « pathocratie » et le mot perd son sens, il est donc important de noter que le terme « pathocratie » est le phénomène spécifique représentant une conséquence de l’hédonisme des bonnes périodes, et qu’elle est caractérisée par (100) cent% de psychopathes essentiels exerçant ouvertement des fonctions de commandement, comme c’est arrivé en Allemagne nazie, en Russie communiste et en Europe de l’Est, et dans la quasi totalité des pays musulmans. Et, dois-je ajouter, comme cela se produit actuellement.

On ne peut réellement qualifier les questions auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui, qui ont trait aux « politiques », en utilisant les termes usuels des idéologies politiques, car, comme nous l’avons souligné plus haut, les déviants pathologiques opèrent sous un masque, en utilisant la tromperie et autres tactiques de manipulation psychologiques qu’ils pratiquent avec une grande ingéniosité.
Si nous pensons ou croyons qu’un groupe politique portant tel ou tel nom est hétérogène eu égard à sa vraie nature, nous ne serons pas capables d’identifier les causes et propriétés de la maladie. N’importe quelle idéologie sera utilisée pour dissimuler les caractéristiques pathologiques aux experts comme aux gens ordinaires.

Ainsi, tenter de se référer à ceci ou cela comme étant de « gauche » ou de « droite » ou « socialiste », « démocratique », « communiste », « démocrate » ou « républicain », etc., ne nous aidera jamais à comprendre l’autoreproduction pathologique et ses influences externes expansionnistes.
Aucun mouvement ne réussira jamais s’il ne tient pas compte de la psychopathie et de la ponérologie !

5 août 2011 Posted by | Référence | , | 2 commentaires

L’observateur et l’observé

La physique de pointe nous révèle l’imbrication inextricable de l’observateur et des faits observés : on ne peut déterminer de façon précise qu’un seul des paramètres de la molécule, vitesse ou emplacement.

Observer modifie les propriétés de la particule observée. Observer modifie le réel.

Dans notre vie et notre comportement de tous les jours, soyons surs que c’est la même chose : le fait d’observer/juger/apprécier un fait, un individu,un objet, une situation … ne modifie-t-il pas l’objet observé?
Juger quelqu’un nous empêche-t-il d’aimer, de voir avec empathie, d’évaluer de l’intérieur?
un exercice : exercer vous à vous mettre à la place d’autrui, surtout de ceux qui vous font peur, que vous n’aimez pas…

Juger et/ou observer ?

Les textes religieux, politiques, conceptuels, …tous ces corpus dogmatiques, intangibles, présupposés, contraire à une observation fine, constante, renouvelée,  même s’ils ont contribué à une parcelle d’éveil à un moment de l’histoire (personnelle ou collective), finissent inéluctablement par devenir des « prisons mentales » , des prisons que nous chérissons.
« pis, on finissait par leur faire aimer leurs propres chaines »

Observer un paradigme en activité dans le mode peut finir par le faire évoluer : les avancées de l’analyse sémantique, archéologiques, historiques, biologiques, …. pour l’étude des cultures sémitiques (juive, chrétienne, musulmane, …) ou autres peut les faire évoluer si celles-ci ne sont pas trop nécrosées, vitrifiées dans les ritournelles mentales de ses adeptes. La chrétienté a fortement évoluée sur ce point dans les trois derniers siècles, le judaïsme intègre par essence une dimension autocritique qui lui a permis de se renouveler et de s’adapter au monde (exemple de l’accord du Sanhedrin de 1805), le boudhisme tibétain, zen, … s’est également adapté au « mental » différent des ses nouveaux adeptes occidentaux. Seul l’islam de par la différence essentielle de ses intentions sous-jacentes (conquête de la totalité de l’humanité, appropriation du monde vu comme un objectif de razzia, …) n’a pu/voulu évolué d’avec le monde réel  (ijtihad clos), et n’a, par conséquence, pu généré que des schismes tendant à le renouveler de l’extérieur, puisque la voie intérieure semblait barrée (bah’ai, sikhisme, …)

Ces prisons mentales sont des ensemble d’idées calcifiées, immobilisées, … ce ne sont pourtant que des IDEES, rien que des idées, et rien n’est plus facile que de faire disparaitre une idée : il suffit de ne plus y croire…

Ainsi les vieilles divinités que leurs adeptes ne vénèrent plus finissent par disparaître de la mémoire des individus et des peuples. Ainsi Manat et lah (et autres) ont disparues de la mémoire des peuples sémitiques et arabiques, pour être remplacées par allah… qui en reprend de nombreux rites et obligations… juste une autre prison mentale….
quand on ne croit plus à une idée elle n’existe plus, elle n’a plus aucun poids, plus aucun effet sur la réalité…
Mais au fond, n’avons nous pas plaisir à donner libre cours en nous à ces idées, ne satisfont-elles pas une inconsciente acceptation?
Un jour l’on se dit : « mais comment ai-je pu croire à cela ? » …
Un jour un peuple se dit :  » comment avons -nous pu avoir ces règles juridiques, politiques, … ?Jjusqu’au jour où l’on devient conscient de son propre conditionnement, personnel ou collectif

Jusqu’au jour où l’on saute en dehors de la boite, de notre boite auto-référente
Jusqu’au jour où l’on prend conscience du présupposé inconscient jusqu’à lors qui nous enchaînai…

On n’a besoin de rien, de rien d’autre que d’amis, d’éclaireurs, d’éveilleurs pour nous AIDER A COMPRENDRE -(prendre avec, saisir réellement).

et alors : « Comment avons nous pu croire cela???? »
L’observateur a changé l’observé. L’observateur est devenu l’observé.

D’après le concept de dissonance cognitive, élaboré par Festinger, en présence de cognitions incompatibles entre elles, l’individu met en œuvre des stratégies inconscientes visant à restaurer un équilibre cognitif. Une de ces stratégies pour réduire la dissonance cognitive consiste à modifier ses croyances, attitudes et connaissances pour les accorder avec la nouvelle cognition. C’est ce qu’on appelle le «processus de rationalisation».
Et ainsi sans fin, l’adepte, l’individu soumis à sa propre biochimie interne (qui le manipule inconsciemment) reconstruit un faux réel qui lui convient…
C’est à la source qu’il faudrait chercher, si l’on veut se libérer!

2 août 2011 Posted by | Pépiements, Référence | , , | Laisser un commentaire

La tyrannie de dieu, stade ultime de l’asservissement

La vision religieuse est une vision globalisante,… totalitaire du monde ( des humains). En effet, une fois posé le postulat de la création divine, rien du réel ne peut être compris sans la référence au dieu-créateur mais également rien du réel ne peut échapper à la volonté dudit démiurge.
Tous les raisonnements, arguties qui en découlent, … partent de l’intérieur de cette boite mentale et ne peuvent en sortir : le système de définition du réel est posé et ses axiomes assénés. Il y a donc incapacité de l’observateur de sortir de cette boite : il est lui même « le chat de Schrodinger » hésitant aléatoirement entre des états laïque/croyant/incroyant.

Aucune religion, sauf à nier le postulat de la création divine et donc à se… saborder, ne peut faire ou même tolérer que l’on fasse une distinction entre réel et divin, matière et esprit (divin), humain et divin, profane et sacré, politique et religieux, pouvoir temporel et pouvoir religieux… car accepter une telle distinction c’est considérer qu’une partie, plus ou moins importante, du réel échappe à dieu (ou aux dieux) et qu’ainsi, en raison même de son autonomie, elle ne participe pas de la création divine et ne relève donc pas, in fine, de la volonté et donc de l’autorité divine.

C’est pourquoi, toutes les sectes religieuses / religions ne se contentent pas d’édicter des règles cultuelles mais ont prétention, au nom de (leur) dieu (de leur axiome qu’ils veulent imposer à autrui et au réel), à régir tous les faits et gestes, l’habillement, l’alimentation, la sexualité… du troupeau et, au-delà, la conscience même des ouailles.

Le postulat de la création divine interdit toute liberté de quelque créature que ce soit. Liberté et divinité semblent en apparence antinomiques. L’ordre divin c’est le primat de la créature sur l’humain, de la fidélité sur la liberté, du troupeau soumis, indifférencié sur des individus, libres, égaux et fraternels…

La représentation musulmane, reprenant l’argument du jurisconsulte théorisé par les chiites irakiens, considère qu’une loi publique et laïque contraire à une loi religieuse est… une mauvaise loi, puisqu’humaine, donc déliée de leur vision du réel. Il convient donc de modifier ou d’abolir la première pour que la seconde puisse être pleinement appliquée. En la matière, il ne s’agit pas seulement d’un « détail », en l’occurrence celui de la photographie d’identité des femmes, mais bien de la totalité de la société, laquelle, avant d’être française, est musulmane, c’est-à-dire soumise à dieu, puisque dieu est le créateur de… toutes choses.

Encore un parfait exemple du système autoréférent dont les fidèles ne peuvent sortir; l’auto référence psychologique et sociologique est à la base de nombreuses pathologies mentales.

L’éclairement spirituel est justement de casser ces liens d’autoréférence, ces adhésions (au sens médical) d’avec une réalité illusoire, partielle, transitoire, finalement incommensurable. Ainsi le « chemin spirituel » n’est-il pas un retrait de l’emprise de nos ritournelles mentales intérieures pour n’observer le réel, que le réel de façon fluide et détachée.

Ainsi actuellement, les revendications d’une société de conformité religieuse, de soumission à la volonté divine se multiplient : aménagement des horaires ou de l’organisation des équipements sportifs publics mais aussi des hôpitaux pour que les femmes y soient désormais à l’abri de la « concupiscence » des hommes, école coranique au sein même de l’École publique, reconnaissance de la légalité des fêtes religieuses musulmanes comme des juridictions musulmanes, introduction de l’Arabe (la langue de… dieu) dans le cursus scolaire au même titre que le Français (langue des… mécréante-s ?), application de la loi coranique (voire de la charia ?) en matière de divorce et d’héritage…
Tout cela montre clairement une régression de l’inconscient collectif. Alors aggravation de la fièvre avant la guérison, ou signes avant-coureurs de déliquescence totale?

Certains verront ou voient déjà dans ces revendications de simples atteintes à la laïcité. D’autres, un projet – un complot ? – intégriste tendant à… désintégrer l’unité de la République. Dans l’un et l’autre cas, le procès est/sera celui de l’Islam et de l’Islam seulement ou, plus exactement, dans la langue de bois, de l’Islam fondamentaliste, intégriste et non d’un certain autre Islam (le « vrai » ?!?) qui, lui, serait modéré, tolérant et…. républicain, démocrate, légaliste…

 S’engager sur une telle voie, ce n’est voir que la partie visible de l’iceberg.

En effet, loin du tohu-bohu de ces revendications, le vatican et, plus généralement, toutes les autres sectes/religions, qu’elles soient établies ou seulement en voie d’établissement, comptent les coups et, plus ou moins discrètement, avancent leurs propres pions sur l’échiquier pour faire avancer leur… propre projet totalitaire.

C’est ainsi que, drapé de la légalité républicaine, de nombreux responsables judéo/catholiques laissent entendre que les revendications musulmanes sont… légitimes et qu’il convient donc de voir comment on peut concilier loi profane et loi religieuse, autrement dit… divine, pour permettra à chaque croyant(e) de pratiquer et vivre sa foi en conformité avec les commandements divins.

En France comme ailleurs, la poussée musulmane que l’on éclaire médiatiquement n’est qu’un symptôme, parmi d’autres, d’un mouvement de fond, général, celui du totalitarisme religieux qui, quel que soit sa particularité (catholique, protestante, juive, bouddhique, brahmanique, raelienne, scientologique…), cherche à instaurer le royaume de dieu non plus dans l’au-delà mais bien ici-bas, c’est-à-dire sur la société humaine, sur tous les individus.
La/les religions tentent d’établir la tyrannie de dieu, la théocratie.

Entre les religions les différences ne sont que de forme. Pas de fond. Il n’y a pas de bonnes et de mauvaises religions. Il y en a des pires et des « moins pires ».
Le choix n’est pas entre la peste et le choléra mais entre la maladie et la santé. L’humain ou le divin. La liberté, l’égalité et la fraternité ou l’esclavage, le troupeau. L’imposture religieuse est… universelle quelles que soient ses déclinaisons folkloriques et, notamment, cultuelles. Elle participe d’une même vision totalitaire du monde. Imaginer (croire !) le contraire n’est pas seulement une erreur, une faute mais un… crime. Un crime contre l’humanité : il est l’instauration de l’ordre divin (évidemment déterminé par des intermédiaires stipendiés et intéressés qui se chargent de « faire descendre » la volonté divine). au prix de l’anéantissement de l’humain, c’est à dire de cette tension vers la conscience.

Se focaliser sur les seules ingérences musulmanes serait donc fermer les yeux sur celles conduites, avec plus de discrétion et, sinon d’intelligence, du moins de ruse, par les autres sectes. L’islam ne doit pas être ce repoussoir, qui accaparerait uniquement notre vigilance pour l’endormir à l’égard des assauts menés par d’autres, même si c’est clairement la plus prédatrice. Aujourd’hui comme hier, le combat humaniste, le combat de lumière est le même : lutter contre l’imposture religieuse en général, lutter contre toutes les religions de telle sorte que, les dieux déchus du piédestal de la soumission du troupeau, l’humanité puisse enfin naître à elle-même.

L’avènement de l’humain ne se fera que par l’anéantissement de l’imposture religieuse.
La spiritualité devra éradiquer l’enfermement ancien.

20 avril 2011 Posted by | Référence, Religion | , , , | Laisser un commentaire

La « Personne » : un concept racine

La personne est un concept qui est bien plus large que l’individu. : c’est un révélateur du niveau éthique d’une culture.
Sa compréhension reflète, comme d’habitude, les sous-jacents inconscients de la civilisation/culture/langue qui l’utilise…

« Le mot personne provient probablement de l’étrusque Phersu et du latin Persona; déjà le mot grec prosopon désignait le masque que portaient les comédiens au théâtre, et aussi pour l’étrusque et le latin. Ces masques donnaient l’apparence, incarnaient chaque « personnage ». source wikipedia

Le mot « personne » évoque l’idée d’une présence ou d’une absence « humaine », et surtout d’un échange réciproque avec l’autre, tandis qu’individu est utilisé pour désigner l’un, en tant qu’indivisible, d’une espèce.

La personne implique la représentation de masque, de rôle dans la conscience de celui qui interagit avec elle : sans observateur, il n’y a pas de personne… Cela illustre que la compréhension du concept va de pair avec l’élévation morale, éthique de la langue/culture qui l’utilise. Une culture pour qui la personne n’est qu’une unité est à l’antichambre de la barbarie totalitaire.

Un mot est un concept sémantique qui sous tend un symbole/image dans l’inconscient des locuteurs : si ce mot n’existe pas (ou peu) , c’est qu’il n’a pas d’importance dans la vie du groupe considéré. Les esquimaux ont une vingtaine de termes pour désigner les différentes qualités de neige (en français, une seule, car nous en avons peu d’usage).

Dans la culture/sémantique Arabo-bédouine

Le mot « personne » n’existe pas dans le vocabulaire arabe, langue qui sert de référence aux musulmans du monde entier, dite langue divine au dessus de toutes les autres (d’après les dires de ses sectateurs), car, selon la croyance islamique, c’est elle que Dieu aurait utilisée pour dicter le coran à mahomet. S’il n’y a pas ce mot, il n’y a donc pas de concept équivalent :  Il y a certes des individus, des gens, mais ceux-ci n’ont pas la dignité ontologique de personnes…

Confrontés à cette lacune, les chrétiens du Proche-Orient, arabisés lors des conquêtes islamiques, à partir du VIIème siècle, ont conservé le mot araméen (la langue que parlait Jésus) « ouqnoum », pour désigner le concept de « personne ». Cette négation de la personne trouve son expression dans certaines pratiques comme l’interdiction de reproduire le visage humain au moyen d’images, de photos, de sculptures, comme cela se constate dans certains milieux intégristes. Mais la forme la plus terrible de cette négation est sans doute le port du voile intégral (niqab ou burqa) par certaines femmes. Comment peut-on cacher le visage, reflet de l’âme, expression de la personnalité et vecteur de la convivialité sociale ? Cacher le visage induit à dénier la qualité de personne, à refuser la communication avec autrui, qui serait l’impur : c’est le stade ultime car inconscient du racisme…
Le propre d’un totalitarisme est de changer l’histoire, d’invertir les valeurs et le sens des mots et , au final de projeter sur autrui ses propres manques et filtres réducteurs. Voila comment la noirceur et l’ignorance en arrivent à diaboliser la tentative du porteur de lumière (dans son effort de discernement)

  • Le propre mot de « discernement » a été dévié/récupéré; en arabe « ijtihad » (effort de discernement/ouverture/remise en cause).
  • Le mot « nouveauté » (innovation) en arabe est « bida » qui signifie erreur : ci-dessous extrait d’explication de « lettré ».

« Comment une personne qui tombe dans l’innovation ou la hizbiyyah (adopte les points de vue d’un groupe égaré) se repent-elle ?
Réponse :
Il reconnaît les actes ou les innovations dans lesquels il est tombé. Il doit aussi clarifier la fausseté de son action, comme allah, le Béni et Glorifié a dit  :
« Sauf ceux qui se sont repentis, corrigés et déclarés » (sourate Al-Baqara : 160)
Donc il doit mentionner l’innovation dans laquelle il est tombé, clarifier sa fausseté, proclamer son regret, annoncer son refus de cette action avec son intention ferme de ne jamais y retourner.
Ceux-ci sont les conditions (de son) repentir : un vrai sentiment de remords, un abandon (de l’innovation) et une résolution ferme de ne jamais retourner à son innovation.
Et sil a nui aux gens, qu’Allah vous bénisse, et que son innovation s’est répandue parmi eux, alors il doit ouvertement clarifier sa fausseté et propager les preuves qui prouvent la nullité de cette chose. « 

L’homme réalise uniquement sa dignité grâce à son appartenance à l’Oumma (la communauté des « vrais croyants ») qui prévaut sur lui. L’étymologie du mot arabe Oumma est intéressante de ce point de vue : sa racine est « oum » qui veut dire mère ou matrice. L’Oumma enferme le musulman dans un système englobant qui le protège et le rassure, certes, mais où il n’est pas vraiment libre et responsable. Le musulman est fier de cette appartenance car Dieu, dans le coran, présente l’Oumma comme « la meilleure communauté suscitée parmi les hommes » (3, 110). Au passage, il convient de noter le sentiment de supériorité qui résulte d’une telle affirmation, si bien que, dans le comportement avec le monde non-musulman, il n’y a en principe pas de place à l’examen de conscience ou à l’auto-critique, et induit un sentiment de supériorité/arrogance extrême.

Cette arrogance native (inscrite dans le texte même du coran) a conduit les « lettrés » à refuser l’imprimerie au quinzième siècle, ce qui a été la cause première de la déliquescence ultérieure de l’islam.

Tout dogme, par essence incohérent d’avec le réel, tend à la propre destruction de ses adeptes…

Nombre de pays musulmans n’ont pas signé la Charte Universelle des Droits de l’Homme suite à cette divergence fondamentale.

La liberté de conscience est une notion tout à fait absente de l’Islam. Bien plus, les peines les plus sévères (mort) peuvent toujours être appliquées à l’encontre des musulmans qui quittent l’Islam. A défaut de mort physique c’est au minimum une mort sociale avec rejet immédiat de et par la communauté du fauteur et de sa famille proche. Cela se constate également chez nous.

Le but implicite de ce dogme est un monde de robots « soumis », autoreproducteurs, chacun gardien de la régulation de l’autre : un monde de « chaouch »
Voulez-vous cela pour vos enfants en Europe, alors que celle-ci a mis plus d’un millénaire à à élever le niveau éthique de la culture collective?

15 avril 2011 Posted by | Pépiements | , , , | Laisser un commentaire

Crise de conscience… personnelle et collective

« La crise, ce n’est ni du côté de la politique ou des gouvernements, qu’ils soient totalitaires ou soi-disant démocratiques, ni chez les scientifiques, ni dans les religions qu’elle se trouve, mais au sein même de notre conscience, c’est-à-dire dans nos esprits et nos cœurs, dans notre comportement, dans nos relations. Et cette crise ne peut être pleinement comprise, et sans doute pleinement affrontée, si nous ne comprenons pas la nature et la structure même de la conscience. »   Krishnamurti

20 février 2011 Posted by | Pépiements, Spiritualités | | Laisser un commentaire

des textes sacrés…?

Les textes dits « sacrés » sont la plupart du temps soit des compilations de sagesses orales existantes, soit des réécritures à visées géopolitiques, … toujours écrits par des hommes, toujours brandis par des hommes pour assujettir les consciences.
Ils ont cependant une grande utilité culturelle et éthique pour le développement de conscience de l’humanité. Il est illusoire et contre-productif de se battre à leur sujet (historicité, réalité, exactitude, authenticité…), ce qui s’apparente à un débat sur le sexe des anges… sans intérêt factuel.
L’essentiel est d’en extraire les valeurs essentielles spécifiques… de les sentir/comprendre en son cœur…et de les vivre.

Un texte « sacré » est lié à son insertion dans le monde, sa localisation terrestre, ses liens d’avec les traits particuliers de sa civilisation d’origine

Il existe à mon sens deux grandes strates de messages philosophico-religieux :

  • ceux émis par les traditions anciennes , ouvertes sur la symbiose avec notre milieu de vie, et la terre, perçue comme entité sacrée (animisme, chamanisme, par nombreux aspects religions polythéistes avérées…) : cf indiens, Tao, cultes dits souvent païens…
  • et ceux qui propagent des instructions subliminales poussant à l’exploitation des ressources, des richesses de la terre…à la croissance folle et perpétuelle …course sans fin d’esprits paranoïaques et assoiffés… toutes choses poussées par les religions monothéistes qui se rejoignent ainsi dans la volonté d’asservissement de GAIA,  la terre, leur propre Royaume!!!

La sagesse repose dans l’équilibre, la voie du milieu, la simplicité, la frugalité… et toutes ces religions en sont l’antithèse au bout d’un certain temps d’utilisation par les groupements d’hommes…

n’est il pas trop tard?

L’espece humaine va s’éteindre

Les lapins et les aborigènes

22 juin 2010 Posted by | Gaia, Religion, Valeurs | | Laisser un commentaire

Manifeste pour Gaïa

extrait d’un article de Patrice Van Eerseel

Mais quand donc la catastrophe écologique a-t-elle commencé et pourquoi ? Spontanément, nous aurions tendance à tourner nos index accusateurs en direction de l’industrie et de la révolution qu’elle a générée dans les sociétés humaines, à partir du XVIII° siècle. Mais le problème remonte peut-être beaucoup plus loin… Et la solution aussi !

Avez vous lu ce livre signé Mikhail Gorbachev : Mon Manifeste pour la Terre ?(éd. du Relié) Alors déchu de son trône depuis douze ans, l’ex-tsar éclairé, détesté par les siens, y raconte d’abord comment ses yeux d’enfant de paysan s’étaient ouverts, effarés, sur la réalité terrifiante du communisme russe, et comment, à mesure qu’il grimpa dans la hiérarchie de la Nomenklatura, lui furent révélés des secrets de plus en plus épouvantables sur ce que la dictature avait imposé non seulement aux hommes, aux femmes et aux enfants, mais à la nature, aux arbres, aux animaux, dont il parle avec une émotion apparemment non feinte à propos du drame des “ liquidateurs ” qui se sacrifièrent sous Tchernobyl. Toute une partie de la Sibérie devenue radioactive, tout comme les glaces de la Mer de Kasov ; la Mer d’Aral quasiment asséchée ; des rivières polluées pour des siècles… Tout cela est connu. Toute comme la Perestroïka, la Glasnost, la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, innovations totalement inattendues sur le coup et qui, effarante boulimie amnésique de l’histoire, appartiennent déjà au passé. Yeltsin déboulonna Gorbachev, avant de sombrer dans la vodka, remplacé par Poutine, et la Russie s’est retrouvée écartelée entre son atavisme tyrannique et un gigantesque Las Vegas – le KGB servant de cadre idéal à une nouvelle mafia politico-financière.

D’une certaine façon, nous, à l’Ouest, nous nous disons que voilà bien une triste histoire de l’Est ! Seulement, Gorbachev continue à parler. Et ce qu’il dit nous concerne de plus en plus à mesure que son histoire se déroule. L’horreur n’est pas seulement communiste. Ni russe. Ni sous-développée. Ce carnaval morbide est profondément et irrémédiablement humain – et notamment humain néotlithique – industriel mais aussi, et d’abord, agricole. C’est alors que Gorbachev cite Vladimir Ivanovitch Vernadsky, dont les visions l’inspirent, où il voit parfaitement s’inscrire notre tragédie… Reprenons un instant le schéma de ce géologue visionnaire du début du XX° siècle :
• D’une lithosphère (cette boule de pierre qu’est la terre, amas de poussières incroyablement variées issues de très grosses et vieilles étoiles), a émané, il y a environ quatre milliards d’années…
• … une biosphère (la “ vie ”, c’est-à-dire l’ADN, force colossale, capable de modeler l’écorce terrestre et l’atmosphère à sa guise), dont a fini par émerger, il y a deux ou trois millions d’années, une sous-couche particulière…
• … l’humanité et sa technosphère (ensemble de toutes les techniques, depuis la hache de pierre jusqu’aux réacteurs nucléaires à fusion). Or, à partir de la maîtrise du feu, il y a cinq cent mille ans, cette technosphère s’est mise à agresser la biosphère, qui était pourtant sa matrice, son nid, son placenta. D’abord à l’agresser si peu, que cela ne s’est quasiment pas senti. Les choses ont commencé à se préciser il y a dix mille ans, quand l’agriculture fut inventée. Ensuite, pendant trois à quatre mille ans, avec l’émergence des États et l’intensification de l’agriculture, de l’urbanisation, du commerce, de toutes sortes de constructions poussant à la déforestation, bref, avec la civilisation, la corrosion humaine s’est intensifiée – le Croissant Fertile et l’Afrique du Nord, par exemple, devinrent des déserts, alors qu’ils étaient verts -, avant de s’affirmer franchement antibiotique et biophobe pendant les deux cents ans qui correspondent à l’âge de la Révolution industrielle. Enfin, l’infection est devenue fulgurante depuis cinquante ans. Vous connaissez évidemment tous ces graphiques affolants, avec leurs courbes en asymptote vers l’infini à partir d’une date de plus en plus rapprochée, toutes ces “ fins du monde ” que vrais prospectivistes et faux prophètes disent connaître. Un seul chiffre les résume tous : en trois cents ans, la technosphère aura dévoré tout le charbon, tout le pétrole et tout le gaz que la biosphère a mis trois cent millions d’années à accumuler. À l’échelle géologique, c’est l’équivalent d’un éclair. Un seul espoir, explique Gorbachev, après le matérialiste Vladimir Vernadsky et le mystique Teilhard de Chardin : qu’émerge une nouvelle sous-couche…
• … qu’on appellerait noosphère, ou “ sphère de conscience ”, et qui saurait enfin rendre la technosphère (c’est-à-dire l’ensemble de nos techniques et de nos comportements) biophile et non plus biophobe, biocompatible et non plus antibiotique.
Voilà donc la seule question désormais : est-il en notre pouvoir d’œuvrer à l’avènement de cette noosphère, c’est-à-dire à l’émergence d’une logique technologique si radicalement neuve que, jusqu’ici, aucun humain n’a vraiment su l’imaginer, ni a fortiori la réaliser ? Terrible et très desséchante question posée par l’ex-secrétaire général du parti communiste d’URSS devenu écologiste.

Gorbachev raconte comment lui-même a peu à peu basculé dans l’idéal écologique et comment il s’est mis à parcourir les routes pour convaincre les “responsables” de la planète de l’urgence terrible de la question. Au niveau étatique supérieur où il se situait, certains pourraient imaginer qu’il fut au moins compris. Las, pas du tout ! Les plus éclairés des maîtres du monde lui dirent qu’ils savaient fort bien que le système mondial aurait tout intérêt à évoluer vers la “biophilie” – ou si l’on préfère la “biocompatibilité”. Mais ils furent tous obligés de lui avouer que le “système” lui-même refusait obstinément de changer et demeurait antibiotique. Car la maffia qui pourrait bien transformer la Russie en bidonville cosmique règne, en fait, dans la plupart de nos têtes. Hormis d’infimes minorité, se demande Gorbachev, qui est prêt à volontairement changer de style et de niveau de vie, pour que notre société cesse de ravager la Terre Mère ? L’ex-despote éclairé tente alors de nous faire prendre la mesure de l’angoisse qui s’est saisie de lui quand, ayant “dissout l’URSS” (comme il dit !), qui était censée constituer LA grande ennemie du progrès technologique mondial, il comprit que, malgré tout le cynisme dont il avait dû lui-même faire preuve pour grimper jusqu’au Kremlin, il était demeuré un homme étonnamment naïf. Ayant accompli sa tâche de nettoyage herculéen, s’était-il réellement imaginé que le capitalisme mondial allait devenir pacifique, qu’on allait assister à une grande réconciliation des peuples, détruire toutes les armes existantes, et enfin se mettre à bâtir la fameuse noosphère que Vladimir Vernadsky et Teilhard de Chardin avaient entrevue dans leurs rêves ? C’est en tout cas ce qu’il dit. Et son appel a lugubrement résonné dans le vide. Il s’est retrouvé comme un enfant en culottes courtes, face à l’immense fleuve d’égoïsme que charrie notre esprit humain. Poussé au désespoir (et bien qu’engagé à fond dans le militantisme, à la tête d’une ONG baptisée Green Cross), Gorbachev dit n’avoir finalement rien trouvé de mieux, comme remède au désespoir, que l’humour noir.
Voici deux petites histoires qu’il raconte dans son livre… La première est celle du nénuphar empoisonné dont la surface doublait toutes les nuits. On savait bien que si ce lotus parvenait un jour à recouvrir tout le lac, ce serait la mort généralisée, et les sages s’alarmaient : “Le temps presse ! le temps presse !” Mais les dirigeants politiques et économiques rassuraient les masses : “Ne craignez rien ! Pas de panique ! Regardez, voyons : la moitié du lac est encore totalement libre !” Faites le calcul : c’était la veille du dernier matin.
L’autre histoire est celle d’une planète bien-portante qui rencontre une planète très malade : « Qu’est-ce qui t’arrive, ma pauvre ? demande-t-elle.
– Bah, lui dit l’autre, m’en parle pas, j’ai attrapé l’humanité.
– Oh, ça ! répond la première, c’est rien rassure-toi, ma chérie, j’ai déjà eu cette infection, moi aussi. Figure-toi que cette maladie se mange elle-même ! »
Mais trêve de plaisanterie, pour ceux qui en auraient encore douté, six ans après la parution du livre de Gorbachev, les dernières nouvelles de la triple crise planétaire, écologique, économique et sociale, viennent abruptement démontrer à quel point la vision de Vladimir Vernadsky tapait dans le mille, il y a un siècle déjà. On a beaucoup dit qu’Internet était en quelque sorte le début du cerveau de la noosphère. Mais ça ne change rien pour le moment à la biophobie de nos productions. Par contre, avec le biomimétisme, il se pourrait que naisse une approche technologique radicalement nouvelle, biocompatible et probiotique, qui pourrait représenter une authentique amorce de noosphère concrète. Schématiquement, la démarche consiste, chaque fois que l’on se trouve face à un problème, à se demander si la nature n’a pas déjà rencontré le même problème avant nous et, le cas échéant, comment elle l’a résolu – et quelles solutions elle a résolument évitées, et pourquoi. Comme le dit Janine Benyus, la naturaliste américaine qui a inventé le concept de « biomimicry » (imitation du vivant) : « Le service Recherche & Développement de la biosphère a près de quatre milliards d’années d’ancienneté, alors que la plupart des nôtres n’ont pas cinquante ans – au mieux trois siècles, pour nos très très anciennes industries. »

Autrement dit, un commencement de début d’embryon de sagesse consisterait à cesser de jouer les fiers-à-bras et à humblement observer, analyser et imiter la nature. Évidemment, nos ancêtres ont pratiqué le biomimétisme sans le nommer, pendant des millénaires. La grande nouveauté est que, pour la première fois dans l’histoire, nos activités lourdes, industrielles, commerciales ou agricoles, vont devoir s’y mettre. Et cela induira forcément un changement fondamental dans l’évolution humaine. Collective et individuelle.

11 mars 2009 Posted by | Gaia | , , | Laisser un commentaire