Les dits de la Huppe

echos des sept vallées

Chaque homme est son propre chemin, sa propre lumière, sa propre Vérité.

O toi, qui cherches la Vérité, arme-toi d’une patience inépuisable. Tu auras à parcourir une longue route qu’à ton insu, dans ta présente incarnation, tu as déjà entamé à d’innombrables reprises.

Tu auras à frapper à bien des portes, où habitent des gens que tu supposeras, souvent à tort, en savoir plus que toi.

Tu auras à présenter ta lanterne, au milieu de la nuit sombre chez de multiples penseurs, sages et philosophes qui, presque tous, auront des vues différentes sur la vie et le monde, sur les hommes et les choses.

Tu t’adresseras peut-être de préférence aux grands instructeurs, fondateurs de religions et prophètes, tu constateras qu’eux aussi, bien qu’ils prétendent avoir reçu la Vérité par révélation, et parler presque tous au nom de la Divinité, sont différents dans leurs systèmes et leurs enseignements.

Tu constateras avec douleur et découragement que sur des points d’une importance capitale leurs paroles sont en opposition flagrante. Les uns te diront que les hommes sont régis par un Père miséricordieux, plein d’amour pour les plus petits ; d’autres, que seules des forces impersonnelles, inaccessibles et abstraites tissent la trame de nos existences ; d’autres encore te parleront d’un Dieu irascible et vengeur ; d’autres enfin, te représenteront un Dieu exclusif ; frappant ceux qui ne l’adorent pas.

Avec une amertume profonde tu te demanderas, pourquoi les paroles attribuées aux Messies et devant servir de direction pour I’humanité, n’ont pas été protégées par eux contre la déformation que, souvent, leurs disciples ont faite dans la suite, de façon à en former des dogmes peu compatibles avec l’amour divin ou la raison humaine.

Tu constateras aussi avec stupéfaction le manque d’explications dans la plupart des religions, concernant le comment et le pourquoi des choses essentielles pour la compréhension de la vie.
Tu désespéreras de ne voir jamais sortir la Vérité de son puits, Beauté invisible pour les humains.
C’est surtout sur la question du bien et du mal que tu resteras en méditation ; elle sera insoluble pour toi si tu te places uniquement sur le terrain de la croyance en une puissance supérieure à laquelle tu attribues des qualités humaines.

Tu seras glacé d’effroi quant à la cruauté que les humains manifestent à l’égard de leurs semblables et tu douteras du progrès humain. Tu te demanderas si tant d’injustices collectives et de crimes personnels peuvent s’accomplir impunément. Un doute surgira aussi dans ton esprit quant à l’existence d’un plan divin. Tu constateras des régressions terribles de la civilisation, ainsi que l’intuition de systèmes de violence et de tyrannie faisant fi de tout principe d’humanité, au moment où tu t’attendais à voir le genre humain faire un pas décisif en avant.

Tu trouveras tes frères en humanité divisés d’une manière désastreuse précisément au nom de la Vérité, s’excommuniant les uns les autres au nom de leurs orthodoxies religieuses, sociales et politiques, prétendant tous posséder la seule vérité et l’imposer aux autres.

Les hommes te paraîtront des êtres ignorants, ne connaissant rien de leur haute origine qui est cependant révélée par leur composition mystérieuse et merveilleuse, laquelle seule devrait leur ouvrir les yeux.
Tu les considèreras comme de grands enfants, mais de terrifiants enfants, plus enclins au mal qu’au bien, se moquant dans leur ignorance de ceux qui prétendent en savoir plus qu’eux concernant la réalité du Royaume de l’Esprit, la Majesté de Dieu, présente en nous, et de la Justice divine.

Combien peu servent les leçons du passé pour les générations suivantes ! L’humanité doit sans cesse apprendre les mêmes leçons, passer par les mêmes épreuves, quelque terribles qu’elles soient ! Combien de hautes civilisations n’ont pas été renversées par le fanatisme, la haine et l’ignorance des masses nouvelles ?
Combien les hommes sont aveugles quant à leurs propres défauts les plus graves, ne voyant pas que les maux sous lesquels ils sont courbés, ont été provoqués par eux-mêmes tandis qu’ils en maudissent les autres.
Que l’égoïsme des enfants de l’Homme est considérable, alors que la solidarité et l’interdépendance humaines devraient sauter aux yeux des moins instruits.

Sed non desperandum est ! Bien que tes doutes subsistent en tant de questions, bien que tu constates que les révélations données par les mondes supérieurs sont souvent contradictoires, et bien que tu te demanderas peut-être si tout n’est pas un destin aveugle et si nous avons un véritable libre-arbitre, continue à diriger ton regard vers le Suprême. Le désespoir et le découragement, le doute et le pessimisme conduisent fatalement à la perdition et à la destruction. Tant de signes se présenteront pour toi, qui te donneront la confirmation de ta liberté intérieure.

Si tu ne t’arrêtes pas à mi-chemin, la voix de l’intuition te donnera la lumière, précisément sur la plupart des points qui te semblent actuellement insolubles.

Ta haute destinée te sera révélée par ta voix intérieure; ton sentier sera éclairé par une lumière cachée ; mais ne mets pas alors à nouveau le doute comme un obstacle devant tes pas ; ouvre tes oreilles à la voix lointaine, elle te dira ce que tu as à faire, où tu dois chercher la lumière, sur quoi tu dois méditer. Sois obéissant alors au moindre signe, attentif à la plus petite lueur que tu découvriras, car sinon la voix pourrait cesser de se faire entendre.

Toutefois, après avoir demandé la Vérité chez bien d’autres, tu devras gravir tout seul la montagne sacrée ; personne, si ce n’est ton moi intérieur ne te servira de guide. Mais dans ton ascension solitaire, tu découvriras les superbes horizons qui rempliront ton coeur d’un bonheur débordant et te révèleront subitement des vérités profondes. Tu apprendras à lire dans le grand livre de la Nature, aussi bien que dans cet autre Livre, dont les lettres en nombre infini, scintillent au-dessus de ta tête.

Tu découvriras des vérités inattendues dans les yeux des hommes, dans les ailes du papillon dans les pétales d’une rose ou d’une violette, dans le chant du ruisseau, dans la majesté des cimes couvertes éternellement de neige, dans les nuages qui passent, et tu te demanderas comment il se fait que tu n’as pas connu plus tôt leur langage muet.

Tu seras éternellement avec ton moi supérieur bien que tu doives te sentir un avec tous, car tu comprendras par une révélation intérieure que tous les hommes sont unis dans le Suprême. Tu écouteras le chant mystique de la vie dans le bruissement de la cigale, dans le roucoulement de la colombe, dans le clapotis du ruisseau, dans le rythme de toute chanson humaine. Tu auras à développer la candeur de l’enfant, la simplicité d’un humble travailleur, rapportant cependant tout à l’utilité de tes frères en humanité.

Et tu ne te laisseras pas décourager par les contradictions que tu auras découvertes dans les religions, données comme directives à l’humanité et auxquelles ta pensée se reportera souvent. Interprète la pensée des Grands Instructeurs dans un sens synthétique, dans la compréhension sans cesse plus profonde de la grandeur, de la beauté de la vie, de la présence en nous-mêmes du mystère le plus glorieux révélé par l’Etre Universel. Ajoutes-y la tolérance la plus complète, le respect de toute croyance.

Tu découvriras, malgré leur défaut d’explication, quant à tant de choses illogiques et incompréhensibles, qu’il y a cependant un ordre profond, une harmonie admirable, un sens caché, une justice immanente dans le monde. Tu iras plus volontiers vers la croyance en ce Royaume des Cieux, en ce Père Céleste, révélé par son glorieux Fils, non l’unique, mais l’aîné, le plus parfait de tous nos frères, qui nous a montré le chemin et a réalisé la vie dans sa signification la plus haute, en révélant ainsi la Vérité.

Si tu te plains de la lenteur du progrès, considère que, malgré l’état statique de la Nature, il y a cependant une évolution constante de la vie et de la forme. Si tu te plains de la vilenie des hommes, de leurs vices et de leurs crimes, efforce-toi de réaliser sur toi-même ce que tu attends des autres.

Montre-toi un roi de la création, sublimant les vertus les plus hautes. Veuillez, comme Prométhée, arracher le feu ciel, le feu révélateur de la Lumière des dieux et de la grandeur de l’homme, pouvant atteindre des cimes toujours plus élevées de la pensée. Dans ton élévation, tu comprendras que la Vérité Suprême n’est pas accessible ici-bas mais que, telle qu’elle t’apparaîtra, elle est suffisante pour ton bonheur, ta dignité et ta compréhension de la Vie.

Si la Vérité n’est nulle part d’une façon absolue, elle est cependant potentiellement dans toute représentation sincère des choses. Elle est dans l’expression des sentiments inférieurs de l’homme ordinaire, comme résultat de son peu de développement aussi bien que dans les extases du saint détaché de ce bas monde.

Chaque homme est son propre chemin, sa propre lumière, sa propre Vérité.

Fr. Wittemans

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10 décembre 2008 - Posted by | Pépiements, Valeurs

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