Les dits de la Huppe

echos des sept vallées

Le tempérament et le sufi

Le soufisme et la connaissance mystique font partie de l’antique civilisation perse qui était fondée sur la dévotion et l’amour envers l’existence Absolue de Dieu (Haqq), ainsi que
sur le service aux créatures. Suite à l’apparition de l’islam et à la conversion (forcée) des iraniens à l’islam, le soufisme s’est progressivement plié au formalisme de l’Islam pour en devenir son « mysticisme ».Nasreddin HodjaPendant le premier siècle de l’hégire, le soufisme prit la forme de l’ascétisme, l’éthique humaine, et la chevalerie.
Hasan Basri fut le représentant le plus célèbre de cette école. Durant le deuxième siècle, des sujets tels que l’amour divin et l’unité de l’existence attirèrent l’attention d’un certain nombre de soufis. Au cours du troisième et du quatrième siècle, le soufisme trouva graduellement sa place dans la société islamique à travers de nouvelles pensées et terminologies. Ce fut une époque qui vit l’apparition de grands maîtres soufis.

A chaque époque et pendant des siècles, les maîtres et les personnes célèbres de l’école du soufisme ont présenté divers points de vue  qui dépendaient fortement de leur milieu social et de leur propre connaissance et compréhension du soufisme :

  • Hojviri  « Le soufisme signifie s’habiller d’une peau (suf), symbole de l’ascétisme, afin de nettoyer le cœur de l’attachement du monde et d’orner l’apparence par l’acte et la croyance.»
  • Muhammad ibn Ahmad Moqri : « Le soufisme est la persévérance des états avec Dieu (Haqq).»
  • Nuri : « Le soufisme signifie liberté, chevalerie, abandon de l’exces, et générosité. Il signifie l’abandon du plaisir du Nafs.»
  • Jonayd : « le soufisme est de protéger les instants.»« Le soufisme est tempérament, celui qui améliore ton tempérament améliore ton soufisme.»
  • Abu said Abol Kheyr : « être derviche est un nom qui est réalisé lorsque tout est terminé. A la fin il ne reste rien sauf Dieu.»
  • Ebn Jala : « Le soufisme est une réalité pour laquelle il n’y a ni coutume ni signe distinctifs.»
  • Hasri indique que : « Le soufisme, c’est purifier le cœur de la turbidité de la contradiction.»
  • Bâbâ Tâher : « Le soufisme est la vie sans mort et la mort sans vie, car il s’agit de s’éveiller durant la vie humaine et de mourir à la vie du Nafs.»
  • Muhammad ibn Ali Qassâb : « Le soufisme consiste en un tempérament de qualité noble.»
  • Ravim : « Le soufisme c’est passer d’un tempérament indigne à un tempérament supérieur et bon.
  • Ibn Arabi, fondateur de l’école de l’unité de l’être : « Le soufisme est d’observer intérieurement et extérieurement le comportement indiqué par la loi divine, en d’autres termes avoir un tempérament de nature divine.»
  • Le maître de Hérat, Ansari, a tout résumé en quelques mots : « Le soufisme consiste en deux choses : regarder dans une direction et voir tout du même œil.»
  • Abu Sahl Saluki : « Le tempérament est le rejet de la protestation.»

Les autres maîtres ont dit aussi : « Le savoir permet au soufi de trouver son but et de le connaître. L’action permet d’espérer s’en approcher. La grâce de Dieu (Haqq ) lui permet d’atteindre le but sur lequel il avait fondé son espoir. »

un authentique soufi est un chercheur qui se débarrasse de ses vieilles peaux…

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13 octobre 2016 - Posted by | Religion, Spiritualités |

3 commentaires »

  1. al haqq est la vérité, ce n’est donc ni la grâce de Dieu ni la persévérance des états ni l’existence absolue de Dieu, c’est Dieu
    mais c’est bien, même si la compréhension n’est pas encore tout à fait au rendez-vous, enfin un article qui n’est pas fondamentalement malveillant, quel progrès ! Shalom, shalom !

    Abû’l-Hasan Nûrî a dit :
    « Le soufisme est le renoncement à tous les plaisirs égoïstes. »
    Ce renoncement est de deux sortes : formel et essentiel.
    Si l’on renonce à un plaisir et qu’on trouve un plaisir dans ce renoncement, c’est là un renoncement formel; mais si le plaisir renonce à lui, alors le plaisir est annihilé, et c’est là un cas de contemplation véritable – mushâhada – c’est pourquoi le renoncement au plaisir est l’acte de l’homme (formel donc), mais l’annihilation du plaisir est l’acte de Dieu (essentiel).

    Rumi disait aussi :
    « Si tu n’as pas vu le diable, regarde ton propre moi »
    En effet, notre ego n’est ni plus ni moins ce qui nous tire vers le bas et nous sépare de Dieu. Il est un voile qui nous sépare de Dieu. C’est aussi une protection contre la toute-puissance de Dieu, car tant que nous n’avons pas acquis une force suffisante pour la supporter, la proximité Divine nous pulvériserait. Il s’agit non pas de supprimer l’ego de manière « chirurgicale » mais d’apprendre à le maîtriser car fondamentalement l’ego est une qualité divine.
    Abû’l-Hasan Nûrî a dit aussi :

    « Le soufi est celui qui n’a rien en sa possession et qui n’est lui-même possédé par rien. »
    Ceci désigne l’essence de l’annihilation – fanâ’ – puisque celui dont les qualités sont annihilées ne possède pas ni n’est possédé, étant donné que le terme « possession » ne peut s’appliquer qu’aux choses existantes dans le monde matériel. Il a donc cessé d’existé en tant que tel qu’il « était », pour ne plus laisser exister que l’Existence véritable

    Rumi a dit à ce sujet : « Dieu a fait en sorte que l’illusion semble réelle et que le réel semble illusion. Il a caché la mer et a rendu visible l’écume ; il a caché le vent et manifeste la poussière. Tu vois tournoyer la poussière, mais comment pourrait-elle se soulever toute seule ? Tu vois l’écume, mais pas l’océan. Par conséquent, invoque-le par tes actions, pas avec tes paroles, parce que les actions sont réelles et te donneront le salut dans la vie à venir. » Ainsi l’acte à poser pour se soustraire du monde « réel » – qui reste une illusion – est de le renier, pour ainsi accéder à la vraie vie, celle qui se passe dans le cœur. C’est aussi comme cela que l’on comprend que ce monde réel et pourtant illusoire, est créé par un « autre » cœur, bien réel. C’est un monde sous-tendu par l’amour.

    Ibn al-Jallâ a dit :
    « Le soufisme est une essence sans forme »,
    parce que la forme appartient à l’humanité concernant leur conduite – mu’âmalâ -, tandis que l’essence est propre à Dieu. Puisque le soufisme consiste à s’écarter de ce qui est humain, il est nécessairement dépourvu de forme.

    Dhû’l-Nûn l’égyptien a dit :
    « Le soufi est celui dont le langage, quand il parle, reflète la réalité de son état, c’est-à­-dire qu’il ne dit rien qu’il n’est pas, et quand il est silencieux sa conduite explique son état, et son état proclame qu’il a brisé tous les liens de ce monde. »

    Shiblî a dit :
    « Le soufi est celui qui ne voit dans les deux mondes rien d’autre que Dieu. »

    ‘Alî ibn Bundâr al-Sayrafî de Nîshâpûr a dit :
    « Le soufisme consiste en ce que le soufi ne considère pas son propre extérieur et intérieur, mais regarde tout comme appartenant à Dieu. »

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    Commentaire par SkyLight33 | 13 octobre 2016 | Réponse

    • intéressant…
      mais il faut étendre cette compréhension mystique et lui adjoindre,hélas , la perception géopolitique des menées totalitaires de l’islam, de son emprise étouffante sur les esprits faibles, de son rejet de tout ce qui est autre…
      le soufisme est une voie de sagesse majeure de l’humanité, cependant ce n’est pas la soi-disant « mystique de l’islam » : il lui pre-existe depuis longtemps dans la gnose persane (Zoroastre et cultes babyloniens).
      Celui-ci se l’est abusivement approprié…,ou incorporé (sans dire ses sources comme d’autres nombreux vols intellectuels -andalousie, moyen-age, lectionnaires coraniques…)
      Mais de la jarre brisée peut jaillir une trainée de fleurs… et je révère ceux qui suivent cette voie si elle réussit à leur déployer les ailes…

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      Commentaire par LaHuppe | 13 octobre 2016

    • « Without demolishing religious schools (madrassahs) and minarets and without abandoning the beliefs and ideas of the medieval age, restriction in thoughts and pains in conscience will not end. Without understanding that unbelief is a kind of religion, and that conservative religious belief a kind of disbelief, and without showing tolerance to opposite ideas, one cannot succeed. Those who look for the truth will accomplish the mission. »
      Mevlana Jalal ad-Din RUMI

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      Commentaire par LaHuppe | 15 octobre 2016


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